1959

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mercredi 27 juillet 2011

Mon Paris-Brest-Paris Audax 2011 (6) : De Saint Brieuc à Mortagne au Perche

Ce mercredi 13 juillet, le départ de Saint Brieuc est prévu pour 5h00. La route de nuit sera un peu plus courte qu'hier.
Au lever du jour, c'est la première pause-pipi de la journée sous la direction de deux de nos capitaines de route... C'est un des inconvénients de ces randonnées Audax : Y'a intérêt à avoir envie de faire pipi en même temps que les autres, sinon il faut se retenir... ou s'arrêter seul et être obligé à un bon effort pour réintégrer le peloton.
Vers 8 heures, nous nous arrêtons à la cafétaria d'un supermarché de Dinan pour le petit déjeuner. Ce sera le moins bon ! En effet, cette riche enseigne n'a prévu qu'un morceau de pain et un croissant par cyclo mais comme la consigne passe mal, les derniers ne seront pas bien servis... Et je dois confesser que je fais partie de ceux qui ont avalé 2 croissants : Mea culpa. Mais M. Supermarché aurait pu prévoir du rab, non ?
Je prends mon petit déj' avec l'ami Edouard qui fut un de mes équipiers durant la Flèche Vélocio. Nous avons passé une partie de ce début de matinée à discuter ensemble sur le vélo. C'est un des avantages du PBP Audax sur le PBP randonneurs : il y a toujours quelqu'un avec qui parler !
Il me rappelle qu'il fut le plus jeune participant au Paris-Brest-Paris Audax en 1971 ! 40 ans après, il est de retour : remarquable, non ? A cette époque, le PBP Audax empruntait la Nationale 12 que le parcours de 2011 retrouve sur certains tronçons de la D712 en Bretagne (le long de la nouvelle N12 à 4 voies.)
Lors de cette discussion, il m'a également raconté une anecdote qui ressemble à une brève de comptoir de Jean-Marie Gourio (Au vu de cette photo, se serait-il recyclé dans la fabrication des cartons de bière ?)










Lors d'un Brevet de randonneurs Mondiaux, Edouard et un ami s'arrêtèrent dans un petit bistrot d'un village de l'ouest de la France pour se rafraîchir et pour faire tamponner leur carte de route...
Au bar se tenaient deux types, du genre : "On commence la journée au café et on la finit au bistrot..."
Bien entendu, ils engagèrent la conversation, pour une fois qu'il se passait quelque chose dans ce foutu village !
" Vous venez de loin ?
- De la région parisienne...
- En vélo ?
- Bien sûr.
- Ca fait une trotte ça !
- 300 kilomètres environ...
- Vous avez fait 300 kilomètres de vélo, et vous êtes partis quand ?
- Ce matin.
- Ce matin !!!!! Et vous allez loin ?
- Nous  retournons en région parisienne.
- Vous allez dormir où ?
- Nous n'allons pas dormir.
- La vache ! Et vous faites ça pour le plaisir ?
- Vous rigolez ?
- Vous êtes payés ?
- Et pour quoi vous croyez qu'on fait tamponner nos cartes ?
- Et vous êtes payés combien ?
- 1€23 du kilomètre !
Les deux clients du bar réfléchirent quelques secondes, le temps de calculer, difficilement, combien d'argent l'ami Edouard avait déjà gagné.
- Alors vous avez déjà gagné plus de 300€ !
- Non pour les gagner, il faut finir le parcours dans les délais. Si on abandonne, c'est 0€ et si on ne finit pas dans les délais, c'est 0€ aussi ! Il ne fait pas de sentiment, notre patron.
- Ah ! Le salaud ! Et comment on fait pour participer ?
- Il faut s'inscrire là, dit Edouard en montrant sa carte de route...
L'un des deux compères, méfiant, demanda alors :
- Mais pourquoi 1€23 du kilomètre ?
- Avant le patron nous donnait 1€25, mais c'est la crise
- Ah ! le salopard !"
Peut-être y-a-t-il dans un petit village de France deux copains qui se sont mis au vélo pour gagner... 1€23 du kilomètre. Dépêchez-vous les gars, c'est la crise, les tarifs risquent encore de baisser...
En quittant Dinan, je me suis arrêté pour photographier le viaduc.
En effet, je me souvenais de cette photo du Tour 1949 que remporta Fausto Coppi.
Et il nous faut continuer notre retour un peu monotone vers Paris. Pourtant un rien me distrait, comme le nom de ce village,
... le système de ravitaillement de ce cyclo,
...le papy cycliste qui nous regarde passer,
...le cyclo corse (non, même pas vrai, le maillot est corse mais pas le cyclo) avec qui je discute un bon bout de temps,
...ou la petite vitesse à laquelle nous gravissons les côtes !
Vers 11h00, nous sommes à Saint James, nous n'avons pas fait le détour vers le Mont Saint Michel aujourd'hui.
 Et je profite de notre retour sur les longues lignes droites de la Basse Normandie pour faire une revue de notre peloton !
 La route est belle...
 Dominique est bien appliqué...
 Jean-Philipp précède le président de son club des Audax lavallois...
 Une des trois cyclotes de notre peloton roule tranquillement...
 La circulation commence à être importante !
Pascal a toujours le sourire...
Et les vaches ont toujours peur de notre groupe de cyclos ! MEUHHHH !!!
On the road again !


Avant d'arriver à Domfront pour le déjeuner, nouvelle pause-pipi...




































Et Sylvain me promet qu'au prochain PBP, il enlève le bas...


















Ici aussi le Tour est passé !

Enfin, c'est l'heure du repas que nous prenons à nouveau à l'hôtel de France de Domfront. Le président de l'UAF s'installe à notre table. Je me souviens d'une époque où les resposables des Audax avaient une table réservée... Un bon point pour Bruno et son équipe !
 Edouard est là aussi, il aime autant la soupe que lors de la Flèche Vélocio !
 Nos compères rémois, du club de Bezannes, mangent  avec appétit. Le vélo couché, ça creuse ?
L'après-midi, la circulation est importante et le capitaine de route décide de scinder le groupe en deux pelotons : sage décision ! Nous arrivons à Sées avec un peu de retard.
Juste le temps d'avaler un demi sur le zinc du Lion d'or et il nous faut mener une petite poursuite derrière le gros de la troupe qui ne nous a pas attendu. Cela dégourdit un peu les jambes...
Le terme de cette étape approche, encore quelques petites montées. 
Et au sommet de l'une d'elles, je me fais interpeller par un cyclo de l'UAF qui me demande de ranger mon appareil photo. C'est vrai que je suis un peu le Lucky Luke de la photo sur mon vélo. Or, dans tout bon Lucky Luke, il faut que Rantanplan intervienne ! Et il est là, près de moi Rantanplan, car, comme je proteste, il stoppe net notre petite altercation d'un définitif :
" De toute façon, toi, t'en a rien à f... des Audax !"
Un peu interloqué, je l'avoue, je me demande un instant ce qui lui permet d'affirmer cela quand je réalise que je porte un cuissard siglé ACP ! Je pensais que la hache de guerre était définitivement enterrée entre l'UAF et l'ACP : ce n'est pas le cas pour tout le monde, semble-t-il...
Et en plus, j'ai raté la photo que je voulais prendre à ce moment-là !
Heureusement, à Mortagne, je peux me doucher avant de prendre le repas. Nous nous couchons tôt car le réveil sonne à 2h00 demain matin...

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