1959

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dimanche 4 décembre 2016

Voyage 2016 : Vers les Pyrénées (Treizième étape)

Vendredi 12 août 2016
Aujourd'hui, commence notre retour vers la Seine et Marne. Contrairement à l'itinéraire initial que j'avais prévu et qui devait nous faire passer à l'est de Toulouse puis à Albi avant de prendre le train pour l'Aveyron, nous décidons de rentrer par le même chemin qu'à l'aller, en aménageant quelques détours au gré de nos envies. Nous connaissons le relief et si nous pouvons éviter quelques parcours... piégeux, nous le ferons avec plaisir. Nous ne sommes pas maso, quand même...
Et il nous faut tout d'abord quitter ce merveilleux (et je pèse mes mots !) hôtel Primerose d'Argelès Gazost, c'est vraiment un endroit idéal pour les cyclistes !
 Nous commençons cette étape en empruntant à nouveau la Voie verte des gaves qui va nous mener, tranquillement, à Lourdes.
 Sur la clôture d'une ancienne maison de garde-barrière, quantité de panonceaux sont affichés.
Celui-ci nous convient parfaitement.
Un pêcheur à la mouche ne semble pas plus pressé que nous.
Mais bientôt, il nous faut retrouver l'agitation de la route Nationale qui doit nous mener à Tarbes. Une quinzaine de kilomètres désagréables et nous retrouverons  le bonheur de pédaler.
Quand je vois ce panneau en arrivant à Tarbes, je pense au spectacle de Christian Laborde, "Vélociférations - Je me souviens du TOUR".


 Il a été édité dans un joli coffret (CD & livre) par les éditions du "Pas d'Oiseau" dont j'ai déjà parlé ici.

Christian Laborde (Auteur du fameux "L'os de Dionysos") évoque ces villages dans le premier texte :
 Ne somme-nous pas nombreux à avoir des souvenirs comme ça... La bouteille de vin au goulot étoilé. Et puis les capsules multicolores qui servaient à décorer les roues de nos vélos "Motobécane", "Peugeot" ou "Louison Bobet".

Je viens de trouver cette photo sur le forum Tonton Vélo, mais pas de capsules sur la roue, dommage.
 Pour revenir à notre voyage estival, Laborde, après avoir parlé de Raymond Poulidor, Paul Duboc, Charly Gaul (L'ange qui aimait la pluie), la ménagerie (à savoir les surnoms animaliers des coureurs du Tour), évoque les quatre grands cols pyrénéens : Peyresourde, Aspin, Tourmalet et Aubisque, auxquels il ajoute le "cinquième mousquetaire" Soulor.
Alors je me permets un petit retour en arrière vers nos deux étapes précédentes.
 "Ah le Soulor, le cirque du Litor, une des portions les plus belles des routes de France...

... On emprunte des tunnels, on tombe nez à nez avec le brouillard et, dans le brouillard, il y a toujours une ou deux vaches..."

En ce qui nous concerne, il n'y avait pas de brouillard, mais au Soulor, deux ânes effrontés.
Tour de France 1949
"L'Aubisque, c'est le col de l'Aube, et tout est clair dans le col d'Aubisque en 1949 : il y a Fausto Coppi et à côté de lui Gino Bartali. En route, deux Italie..."

Miroir Sprint du 13 juillet 1949.

 "...Et dans l'Aubisque, c'est Fausto Coppi qui va s'occuper de Gino Bartali. Le soleil cogne comme un dératé, et tous les deux ont glissé sous leur casquette une feuille de chou pour se protéger de l'insolation. Au-dessus de Gourette, sur la route en corniche, Gino saisit son bidon, le porte à ses lèvres : il est vide. Aussitôt Coppi, son rival, lui tend le sien : "Tiens, il en reste." 
Tout est clair. 
La chevalerie, c'est la clarté humaine dans la clarté de l'Aubisque." 

But et Club N° 190 du 13 juillet 1949
Les deux champions italiens se sont aussi partagés une bouteille d'eau durant cette étape, offerte probablement par un spectateur.
En 1949, après être passé en tête d'Aubisque, Coppi attendit ses rivaux mais dut malgré tout descendre plus vite que nous deux, petits cyclotouristes...

Dans ces Vélociférations, Christian Laborde évoque bien entendu également le Tourmalet...

 "...Y'a deux mots là-dedans : "Tour" qui est la forme courte de Tour de France, et "malet" adjectif gascon signifiant maudit. Le Tourmalet est le territoire de la malédiction, de la malchance, celle que les coureurs nomment "la sorcière aux dents vertes"...
La sorcière aux dents vertes est accompagnée par l'homme au marteau dans ce dessin que réalisa Pellos pour le Miroir Sprint en 1949.
"...C'est elle, la sorcière aux dents vertes, qui brise les fourches dans le Tourmalet !
C'est elle, la sorcière aux dents vertes,  qui provoque les crevaisons dans le Tourmalet !
C'est elle, la sorcière aux dents vertes, qui vous laisse en carafe sur le bord de la route, dans le Tourmalet !
Contre l'avalanche dans le Tourmalet, il y a les pare-avalanches. 
Contre la sorcière aux dents vertes, dans le Tourmalet, il n'y a rien."
 Bien entendu, Laborde quand il parle de fourche brisée fait référence à Eugène Christophe qui dut réparer lui-même sa fourche à la forge de sainte Marie de Campan.

J'ai retrouvé dans un Miroir du cyclisme de 1974 cette photo d'Eugène Christophe, grimpant en cyclotouriste vers le Tourmalet alors qu'il avait déjà un âge avancé. Cela devait se passer dans les années 60, Christophe étant décédé en 1970.

Je recommande donc vivement la lecture et l'écoute des "Vélociférations" de Christian Laborde ainsi d'ailleurs que le livre que Jacques Seray a consacré à Eugène Christophe aux éditions "De plaines en vallées".

Mais les Pyrénées sont derrière nous désormais. Empruntant une plus grande route qu'à l'aller, nous arrivons même à éviter les méchantes bosses du type Fréchou- Fréchet pour rejoindre le lac de l'Arrêt Daré.
Le temps y est magnifique aujourd'hui et nous profitons pleinement de cette pause pour avaler une délicieuse salade composée dans le même petit snack qu'à l'aller.
La bière aussi est bonne !

S'il fait très chaud, nous ne souffrons pas trop de la canicule : la route est plate, nous n'allons pas très vite et nous nous arrêtons souvent pour remplir les bidons. Et en plus mon dérailleur... déraille toujours mais j'en ai moins besoin aujourd'hui.

Pour éviter la nationale 21 et les tape-cul aux environs de Miélan, nous faisons le détour par le pays du Cochon !
La petite ville de Trie sur Baïse (ne pas oublier les trémas... quoique, au pays du cochon ?) est endormie sous le soleil et nous faisons une petite pause sous les arcades de la mairie.
 
Ensuite, la route est belle jusqu'à Mirande ! Nous regrettons presque de ne pas avoir pris cet itinéraire à l'aller mais entre Mirande et Tarbes, je n'avais trouvé que le camping de Miélan, alors...
 Parce que cette nuit, nous allons la passer au camping municipal de Mirande après nous être désaltérés dans un bistrot du centre ville où se déroulera la fête foraine le week-end suivant. Donc, pas d'auto-tamponneuses pour nous aujourd'hui.
 Nous passerons encore une nuit au bord de l'eau. Seul un gros rat viendra troubler la quiétude de ce havre de paix mais le chien de nos voisins le chassera illico presto ! Et la bête ne se manifestera plus. Des ragondins qui s'ébrouent sur la rive opposée inquiètent aussi Laurence mais finalement ne sommes-nous pas chez ces petites bêtes ? N'est-pas nous les intrus ?
Finalement la nuit fut bonne et douce...
 

lundi 28 novembre 2016

Voyage 2016 : Vers les Pyrénées (Douzième étape)

Jeudi 11 août 2016
Aujourd'hui, nous avons prévu d'aller faire une petite promenade vers le col du Tourmalet.
Nous avons passé une douce nuit à l'hôtel (ça fait du bien quand même un bon lit après tant de nuits sous la tente...) et quel agréable hôtel... Le repas d'hier soir était délicieux et le personnel fort sympathique.
Avant de prendre la route, nous avons pris le temps d'engloutir un superbe petit déjeuner.
 Et puis nous avons pris le chemin de la gare pour emprunter la Voie verte vers Pierrefitte Nestalas.
C'est toujours aussi agréable, mais cela ne va pas durer...
En effet, ensuite il faut prendre la route et si le début n'est pas trop embouteillé, les touristes automobiles ne tardent pas à encombrer la chaussée !
Et ce tronçon est fort désagréable jusqu'à Luz Saint Sauveur. Après l'embouteillage pyrénéen d'hier nous voici dans un embouteillage de type parisien, l'horreur. Mon dieu, irons-nous en cette horrible compagnie jusqu'au col du Tourmalet ?
Heureusement, les "touristomobilistes" partent vers le Cirque de Gavarnie à droite là-bas alors que nous partons à gauche : OUF ! 
Le Tourmalet est ouvert : tant mieux.
 La montée s'annonce rude, c'est ma troisième montée quand Laurence va la découvrir. Elle va rajouter un col au-dessus des 2000 mètres à sa collection.
 L'eau coule et nous montons.
 Nous trouvons un petit endroit sympa pour pique-niquer, nous avons besoin de force pour continuer.
Les vélos se reposent aussi et mon dérailleur continue à bien dérailler, nous avons décidément bien fait de nous arrêter à Lourdes !
Allons-nous retrouver un embouteillage pyrénéen ?
La montée est tranquille, la route est belle. Silence et quelques photos de la montagne.
 

 
La fin est difficile.
Mais voici Laurence à 2115 mètres.

 Youpi, nous voici sur le "toit" de notre randonnée.
On peut même gagner encore un mètre ou deux : 2117 mètres ?
En 1936, Antonin Magne franchissait le même col que nous (en arrivant de l'autre versant ?) au milieu de la foule. On peut remarquer que Tonin a déchaussé un cale-pieds car il va retourner sa roue arrière pour changer de braquet, et oui, ce n'est qu'en 1937 qu'Henri Desgranges, le patron du Tour de France, autorisa l'utilisation du dérailleur. Le mien, ça va toujours, merci...
 
Sylvère Maes, futur vainqueur du Tour, qui se désaltère, Vervaecke et Yvon Marie passe presque tranquillement devant la petite auberge du Tourmalet. Ils semblent aussi "faciles" que nous, ces trois-là.
Nous allons pour notre part prendre un petit goûter à l'actuelle auberge du Tourmalet.

Bien sûr, de vieilles machines et des photos de mes vieilles revues préférées y sont exposées. 
Laurence remarque ce joli maillot rose exposé également au mur : elle l'a bien mérité, non ?
Après avoir salué Jacques Goddet, le deuxième patron du Tour, nous retournons vers la vallée.
 Elle est déjà là, Lolo ? Moi, je fais des photos, cela fait plaisir de les revoir au mois de novembre !
 
 

Encore une descente tranquille, non mais...

Je prends même le temps d'aller acheter mon Canard enchainé à Barrèges.
Barrèges et ses thermes, je m'en souviens lors de ma première montée vers le Tourmalet, c'était lors de l'ETAPE DU TOUR EN 1998, et ce fut un choc.
Dans la vallée, la circulation est moins dense que le matin, et puis nous reprenons la voie verte pour terminer tranquillement cette belle étape.
Près de la Voie verte, un cycliste nous salue. Et nous regagnons notre hôtel.
Notre linge est sec, nous allons rouler dans des habits propres et secs dans les jours qui viennent.
Et ce soir pas de seringue ni d'EPO...
Non, rien de tout ça... Un bon potage ! dans une belle soupière. C'est vraiment une belle adresse cet hôtel Primerose.