1959

1959

mercredi 23 juin 2010

Monsieur Bordeaux Paris !

Tour de France 1968 : Un Belge en jaune à la veille de l'arrivée à Paris !
Herman Van Springel, vainqueur de deux étapes, à Forest en Belgique et Seo de Urgel en Espagne, a en effet repris le maillot jaune à Sallanches après l'avoir déjà porté au début de ce Tour.

Hélas pour lui, le dernier jour, entre Melun et Paris, sur un parcours contre la montre de 55 km, il cèda son beau maillot à Jan Janssen, premier vainqueur hollandais du Tour... Herman ne restera pas dans les mémoires comme le premier vainqueur belge du Tour de l'après-guerre.
Ensuite le Cannibale Eddy Merckx est arrivé et plus question pour Van Springel d'espérer gagner le Tour de France.
Alors il s'est rabattu sur Bordeaux Paris ( et d'autres courses ) qu'il remporta à 7 reprises ! ( Peut-être l'eut-il gagné plus souvent si le Derby de la route n'avait pas été annulé en 1971 et 1972 ).
Après bernard Gauthier qui vainquit à 4 reprises dans les années 1950, Herman Van Springel est devenu MONSIEUR BORDEAUX PARIS ! 
1970
Après une deuxième place en 1967, Herman Van Springel gagna en 1970, parcourant les 620 km séparant Bordeaux de Paris en 16h 19mn et 22s, avec plus de 5 minutes d'avance sur Lucien Aimar, vainqueur du Tour de France en 1966.

1974
Van Springel était le plus fort réalisant une moyenne supérieure à 40km/h, le 2ème Régis Delépine terminant à plus de 15 minutes. Mais pendant 32km, le Belge fut entraîné sur un mauvais parcours en région parisienne (Erreur dûe aux officiels qui encadraient la course : Ah, la, la ! les mauvais fléchages!). Réclamation fut posée et Van Springel fut déclassé ! Puis quelques jours plus tard, Van Springel et Delépine furent déclarés premiers ex-aequo...

1975
J'ai eu du mal à trouver une photo de cette édition de B-P qui se déroula le 1er juin et voici le petit article qui l'accompagne dans le n° 204 du Miroir du Cyclisme.
BORDEAUX-PARIS: ils n'étaient que 10
Dix coureurs seulement pour la Doyenne délaissée par les meilleurs malgré les promesses du début de saison. C'est sans problème que le belge Herman Van Springel a renouvelé sa victoire de l'an dernier. La dernière peut-être : Bordeaux-Paris aura-t-il lieu en 1976 ?
En 1976, Van Springel termina 2ème derrière Godefroot, encore un Belge...

1977
"Après avoir été "la course qui tue" Bordeaux paris est devenue la course qui meurt." Ainsi commence le compte-rendu du N° 233 de juin 1977 du Miroir du Cyclisme.
Les motos "Kawasaki" ont remplacé les vieux Dernys et Burdins mais cela n'attire malgré tout pas plus de coureurs (Ils ne seront que 9 à l'arrivée !).
Pourtant le duel Godefroot- Van Springel a encore lieu, il tourna à l'avantage d'Herman qui devança son concurrent de 3mn 25 s.
Dans le Livre d'OR de l'année 1977, René Fallet qui a suivi la course, livre ses impressions, sur le Derby de la route et sur le "doping".

LE BORDEAUX - PARIS NOUVEAU EST ARRIVE
II y a des véhicules, des femmes et même des vélos d'occasion. Je suis un suiveur d'occasion. Par la vertu de quelques amitiés cyclistes nouées lors de cérémonies apéritives où se dé¬cernent des trophées ou se présentent les équipes de la saison, je suis invité, ou m'invite à suivre, selon mon emploi du temps et mes goûts, quelques courses. Bref, je pense donc que je suis, comme disait Pascal qui eût mieux fait d'inventer le vélo que la brouette, ce qui eût singuliè¬rement allongé la liste des pal¬marès.
Les grands D'HIER
En mai, donc, j'ai fait ce qu'il m'a plu. J'ai suivi Bordeaux-Paris de bout en bout. Je ne voulais pas manquer cette épreuve d'ex¬ception, ce chef d'oeuvre au¬jourd'hui en péril. Car, aussi aberrant que cela paraisse, cette course fantastique, extraordi¬naire dans tous les sens du mot, y compris le propre, est menacé de disparition tout comme les balei¬nes. Savoir si elle aura seulement lieu l'an prochain , faute de com¬battants ? Car c'est là que le bât blesse tous les amateurs de vélo : Bordeaux-Parts est de¬venu trop grand pour les soi-disants « grands » coureurs. A l'in¬verse des grands d'hier, les Simpson, Bobet, Kubler, Anquetil, etc, etc. ceux d'aujourd'hui fuient comme la peste ce monu¬ment et le condamnent peut-être à mort, ce qui est le plus grave et totalement à leur déshonneur Un jour — et pourquoi pas ? — ils trouveront Paris-Roubaix ou le Tour trop fatigants et ne courront plus que des critériums. Devant des banquettes vides, j'espère. Et ce sera la fin de ce sport de légende. Jamais on n'a assisté à pareille tentative de meurtre de la poule aux œufs d'or. Je ne sais ni ne vois comment les organisa¬teurs peuvent contraindre les as¬sociés, directeurs sportifs et coureurs à participer au plus haut échelon à Bordeaux-Paris — peut-être en leur interdisant le départ d'épreuves plus « publi¬citaires »? — mais si aucune solution n'est trouvée pour sau¬ver cette course je ne donne pas cher de la peau du cyclisme. Sa disparition sera suivie par beau¬coup d'autres. Je vous le prédis. Car s'il y a désaffection de la part de nos petits « grands » il n'y en a pas du tout de la part du public, et c'est le principal, en fin de compte. J'ai vu des spectateurs sur le bord de la route, à deux, trois, quatre heures du matin. Ils ne voyaient pas Merckx ? Tant pis pour Merckx. Ils applaudis¬saient tous ceux qui se battaient pour que vivent le Derby el la Gloire de la route. Les douze vrais coursiers qui, dans la nuit et le brouillard, ont rallié Poitiers à trente sept de moyenne et en ont ensuite bavé jusqu'à la Cipale dans la roue des Kawasaki et dans celle, à la fois mythique et présente, des frères Pélissier. Il n'y a pas de « course d'un autre âge », il n'y a que de sottes gens.
Faudra-t-il aussi escamoter les Alpes et raboter les Pyrénées, obstacles pareillement d'un « autre âge »? Je vous salue, Hézard, Danguillaume, Tabak, etc, et vous remercie au nom du vélo d'avoir« participé ». Quant à moi, je reviendrai sur Bordeaux-Paris. « S'il a lieu », me glisse une voix plus sinistre que le miaulement du boyau qui se dé¬gonfle et, en l'occurence, il n'est pas le seul
Le « STIMUL » en question
II va de soi que dans les voitures, les suiveurs ont parlé doping. Aujourd'hui, tout le monde a sa petite idée là dessus. Avant, ce n'était que l'affaire des intéres¬sés, ce qui n'a pas empêché, que je sache, le vélo de vivre ses plus belles heures, avec ou sans po¬tions magiques. A présent, on vit dans le sensationnel jusqu'au pédalier, Thévenet gagne-t-il une course ? Il n'a droit qu'à cinq li¬gnes en bas de page dans cer¬tains journaux. Thévenet est-il « positif » ? Pour le coup, il monte en grade et les mêmes gazettes à scandale lui consa¬crent tout de go trois colonnes à la une ! C'est là qu'est le véritable scandale, à mon avis. J'ai écrit un roman qui a pour titre « Y a-t-il un docteur dans la salle ? » Je me dis qu'actuellement il y a un peu trop de docteurs sur la route.
Ce que je vais déclarer va faire bondir quelques bons apôtres. Cette opinion ne m’est d’ailleurs pas du tout personnelle, c'est pourquoi je la publie. Elle est partagée par des suiveurs infini¬ment moins occasionnels que moi-même. Nous sommes quel¬ques uns à penser que les am¬phétamines, par exemple, étaient un moindre mal. La fréquenta¬tion, la vue d'anciens champions ne fait que nous confirmer dans notre sentiment. Il y a eu des cas tragiques, nous le savons, mais ils étaient d'exception. Les substances « à la mode » sont à la fois plus sophistiquées, pour échapper aux contrôles, et plus nocives. Les corticoïdes ont rayé plus de gars du peloton que ce qu'on s'envoyait avant les inter¬dits. Je n'ai pas à vous citer de noms. Pensez aux cracks qui ont subitement disparu de la scène et vous aurez trouvé. Qu'on nous entende bien : nous ne récla¬mons pas le retour à toute liberté, à toute licence. Il nous parait sim¬plement que les travaux forcés sont peut-être préférables à la peine de mort. En fait, on aimerait de plus en plus que l'on fiche un peu la paix au sport en général et au cyclisme en particulier Bref, que l'on s'intéresse davantage aux amours de Sheila ou de Claude François qu'au « pipi » de Maertens. II commence à y avoir du bras d'honneur dans l'air. Tout ce qui précède n'engageant que son auteur, j'ai voulu pous¬ser un peu plus loin la raisonne¬ment, pour rire un brin. De pas¬sage en Belgique chez mon ami Roro, belge bon teint et péda-leur-de-loisir comme moi , je lui ai dit :- On va faire une petite sortie. Et tu ne sais pas ce qu'on va faire ? On va prendre du Stimul pour voir ce que ça donne ! Nous nous sommes donc pro¬curé — sans trop de peine -l'objet de toutes les chroniques de ces derniers temps et crac, nous avons « salé la soupe » et « mis le chauffage ». Nous avons gobé un Stimul et sommes partis pour quarante bornes. Forces nous a été de constater que nous nous étions « chargés » pour rien. La drogue diabolique ne nous a pas fait gagner un kilomè¬tre sur nos vingt de moyenne ha¬bituels Idem le lendemain.
Un « STIMUL » négatif
Peut-être fallait-il vider le tube à la régolade ? Nous ne sommes pas allés jusque l'a, mais nous étions, quoique négatifs sur la route, tout ce qu'il y a de positifs aux yeux des prétendues lois qui régissent ce qui est Aussi, ne l'oublions pas, un Métier. Nous nous en amusons encore, de notre tenta¬tive de sortir de nos gonds. On ne le refera plus. On préfère le Beaujolais.
Il parait que le docteur De Bakker. le déceleur de notre Stimul, n'aime pas les coureurs cyclistes. C'est son droit.
Moi, j'aime les coureurs et j'aime le vélo. Le vélo qui en a vu bien d'autres que des De Bakker Et qui court aussi vite qu'il l’em…. qu'il I’em… qu'il l’embrasse. Voyons !
René FALLET


1978

Malgré la présence de Zoetemelk, Herman van Springel devient le Number one, remportant son 5ème Bordeaux-Paris, dépassant Bernard Gauthier.

1980
Victime d'une chute lors de l'édition de 1979, Van Springel pris sa revanche en 1980 roulant à plus de 46 km/h de moyenne... A noter une participation "correcte" : ils étaient 20 coureurs au départ !

1981
La dernière d'Herman !
 MONSIEUR BORDEAUX PARIS !
En 1988, Bordeaux Paris devenait Open. Plus de 1000 concurrents participaient à l'épreuve. Il n'y avait plus d'entraîneurs et le Français Jean-François Rault remportait cette dernière édition avec des pros au départ, parcourant les 608km en 18h 55mn. Bordeaux Paris cessaient d'être une course pour devenir une randonnée.
Vivement samedi...

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