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samedi 3 février 2018

Tour de France 1958 : Départ aujourd'hui ?

Non, je ne délire pas, le TOUR 1958 est vraiment parti aujourd'hui de Bruxelles. En effet, Laurent, un cycliste parisien qui fête aujourd'hui ses 60 printemps (et oui, malgré la météo... maussade.), a décidé de partir sur les routes du Tour de France de son année de naissance (Cela doit rappeler quelque chose aux vieux lecteurs de ce blog.).
Je ne pouvais pas manquer de le saluer ici, de l'encourager , de lui souhaiter un heureux anniversaire et une bonne route !
Je suis allé chercher le parcours de ce Tour de France dans un vieux Miroir Sprint.
 Un joli parcours, un vrai Tour de France, quoi !
J'espère que l'ami Laurent a parcouru l'étape belge aujourd'hui en la dégustant comme il convient. 
Il aura ensuite quelques beaux rendez-vous : en particulier le circuit de l'Aulne à Chateaulin puis la montée du Ventoux  contre la montre et bien entendu la mythique étape de la Chartreuse entre Briançon et Aix les Bains.
 Je n'en dis pas plus et vous invite à suivre le déroulement de ce Tour 1958, non pas comme Pellos nous le recommande dans le MIROIR SPRINT, mais sur le blog de Laurent :

dimanche 8 janvier 2017

Hommage à Ferdi Kubler par Pellos.

Ferdi Kubler est mort le 29 décembre 2016. Il ne battra pas les records de l'heure de Robert Marchand. A quelques années près cela aurait été possible. Pensez donc, il était né en 1919, comme Fausto Coppi. Il avait gagné le Tour de France en 1950, tandis que le Campionissimo le gagnait en 1949 et 1952.
Ferdi Kubler feuilletant Miroir Sprint après une dure étape du Tour de France 1954.
Pour lui rendre hommage, je suis allé fouiller dans ma vieille collection de Miroir Sprint et j'en ai sorti quelques dessins de Pellos.

En 1949, dans le numéro du 6 juillet, Pellos intitule un dessin "Opposition" et c'est pour lui l'occasion de croquer Kubler dans la catégorie des Grands nez.
Ils sont plusieurs dans ce cas et le caricaturiste étale ici une belle galerie de portrait.
En plus des grands dessins pleine page, Pellos a l'habitude de dessiner de petits bandeaux pour raconter le déroulement des étapes. Pour cette étape contre la montre Les Sables - La Rochelle, il nous montre Kubler en chasseur, toujours avec ce pif qui en fait une sorte d'oiseau de proie.
Au début du Tour 1950, Pellos illustre en 20 dessins des expressions du cyclisme.

Kubler saute un adversaire, sur la ligne bien sûr.
Plus sérieusement (vraiment ?), Pellos se demande après l'abandon des Italiens dans ce Tour 1950 qui va décrocher le gros lot. Ferdi Kubler semble le mieux placé !
Ce fut Ferdi Kubler qui remporta le jackpot et qui laisse son nom au palmarès de ce Tour de France.
A la suite du Tour de Suisse 1951, Pellos illustre la rivalité entre les deux grands champions suisses : Ferdi Kubler et Hugo Koblet, le "Fou pédalant" et le "Pédaleur de charme". 
A cette époque les rivalités entre des champions de même nationalité étaient monnaie courante : la plus célèbre étant celle opposant Bartali à Coppi, mais en France, le duel Bobet - Robic n'était pas mal non plus avant d'atteindre le summum avec la rivalité Anquetil - Poulidor.
En 1951, si Kubler remporta le Tour de Suisse, Koblet fut le deuxième Suisse à inscrire son nom au palmarès du Tour de France.
Au début de l'année 1954, le coureur italien Magni, le Lion des Flandres, est sponsorisé par une marque extra-sportive, pour la première fois dans l'histoire du cyclisme.
Pellos pressent que le phénomène va prendre de l'ampleur et s'en prend encore au... pif de Kubler !

Au Tour de France 1954, pas d'équipe italienne au départ. Est-ce à cause des ces marques extra-sportives qui arrivent quand le Tour de France se court par équipes nationales et régionales ? Toujours est-il que l'équipe suisse a le vent en poupe. 
Même le 14 juillet a un petit air... genevois.
Pourtant, c'est un Français, Louison Bobet qui gagna cette année-là son deuxième Tour de France.
Même si ce ne fut pas de tout repos !
Et Ferdi Kubler se raconta dans le grand journal  sportif "en exclusivité".
En 1957, Pellos réunit les 6 grands champions de l'Après-guerre dans ce beau dessin. Anquetil, Gaul et Bahamontès, entre autres, prennent le relais de leur glorieux aînés. 
Kubler et Koblet, Bartali et Coppi, Bobet et Robic ont écrit parmi les plus belles pages de l'histoire du vélo. Longtemps, longtemps, ils continueront encore à hanter les mémoires !
Arrivée du Tour de France 1954
  Adieu Monsieur KUBLER...

dimanche 1 janvier 2017

Nouvelle année

Que les lecteurs de ce blog passent une heureuse année 2017 !
Les entraineurs - Photo "La vie au Grand air" - 25 août 1901 

 Paris - Brest - Paris 1901 : "Chacun des coureurs était suivi d'une ou plusieurs voitures automobiles portant ses managers, soigneurs, entraineurs et machines de rechange. Cette photographie représente la voiture suivant Lesna. Les chiffres inscrits sur le carter de la machine suspendue à l'arrière, indiquent la multiplication de cette bicyclette : 8m20."

samedi 28 mai 2016

ASCENSION dans les Vosges

Le week-end de l'Ascension, c'était il y a trois semaines déjà, et je n'ai pas encore évoqué sur ce blog le séjour que nous avons fait dans les Vosges durant ces trois journées ensoleillées. Sylvie et Gérard nous accueillaient à Cornimont et nous avons fait suivre les vélos, bien sûr.
 Ce fut l'occasion pour Laurence de tester son vélo de randonnée  dans des conditions "montagnardes". Le petit plateau de 24 dents tourne bien, le  test fut donc positif : Laurence est presque prête à affronter les cols pyrénéens l'été prochain !
Le jeudi 5 mai nous avions décidé d'aller monter le Ballon d'Alsace situé à une trentaine de kilomètres.
Pour nous mettre en appétit, nous avons d'abord gravi le col du Page (Altitude 956 m - Cornimont se trouvant à 510 m). 
Ce fut une belle mise en jambe. 
Après une longue montée en pente douce de Cornimont jusque après Ventron, 
...la petite route à droite est tout à coup plus pentue qui serpente parmi les pins des Vosges jusqu'au col.
La route qui nous permet de descendre sur Bussang est très jolie et me permet de me souvenir de mon Tour de France 1959.
Mon Tour de France 1959 - Dimanche 5 juillet 1959
En effet, lors de la première étape, qui me menait de Mulhouse à Nancy,  j'avais franchi ici le premier col de mon long périple.

Cette photo prise en 1959 ressemble d'ailleurs à celle que je présente ci-dessus.
 A Bussang, nous passons devant le Théâtre du Peuple qui a la particularité que la scène ouvre sur la forêt.

Sur cette carte postale ancienne, on comprend mieux la disposition des lieux.
Depuis plus de 120 ans, ce lieu, que certains prétendent magique, enchante les amateurs de théâtre.
Pour la petite histoire, il est à noter que Frédéric Pottecher, grand chroniqueur judiciaire dont la voix est encore dans la mémoire de tous les gens de ma génération, était natif de Bussang et était un neveu de Maurice Pottecher.

Après avoir suivi la vallée de la Moselle durant quelques kilomètres, nous arrivons au pied de l'ascension vers le ballon d'Alsace.
Et c'est un autre souvenir qu'il me faut évoquer ici. En 2007, j'avais participé à une belle épreuve cyclosportive qui ne connut hélas qu'une seule édition. Le principe était pourtant intéressant : faire revivre des étapes du Tour de France qui sont restés dans la mémoire collective comme des étapes de légende.
 En 2007, Amaury Sport Organisation nous proposait de suivre le parcours de l'étape Strasbourg - Belfort qui avait été courue par les coureurs du Tour de France en 1967.
Miroir Sprint N° 1101 A du 10 juillet 1967

En 1967, cette étape fut mémorable car elle vit Poulidor perdre le Tour de France.
Ce fut donc encore un rendez-vous manqué pour notre Poupou national !

Le Tour se courant à nouveau par équipes nationales vit par la suite Raymond Poulidor se mettre au service de son équipier du mois de juillet Roger Pingeon (qui courait normalement pour les cycles Peugeot quand Poulidor défendait les couleurs des cycles Mercier). Le nom de Pingeon reste à jamais inscrit au palmarès du Tour de France. Quant à Poulidor, tout le monde sait ce qu'il en est : la gloire sans maillot jaune...

Pour ce qui concerne l'édition 2007 de cette étape de Légende j'en garde le souvenir d'un merveilleux week-end de vélo.
Laurence aussi d'ailleurs qui m'accompagna en voiture et qui découvrit les belles routes de l'Alsace par une journée estivale.
 Même si mon classement ne fut pas terrible,mais l'occasion était trop belle de découvrir cette magnifique région. Je me souviens de l'accueil extraordinaire de tous les bénévoles, en particulier à Strasbourg, et du public qui nous encouragea tout au long de la route.
Hélas, cette étape de Légende ne fut jamais reconduite. La faute sans doute au petit nombre de participants : nous ne fumes que 1517 "coureurs" classés à l'arrivée. Trop peu sans doute pour "rentabiliser" une telle organisation quand une "étape du Tour" accueille aujourd'hui plus de 10 000 participants.
Ayant participé à 8 "Etapes du Tour", je crois pouvoir dire que cette "Etape de légende" reste comme la plus belle. 
 Mais nous voici donc, Laurence et moi à la sortie de Saint Maurice sur Moselle pour commencer la montée vers le Ballon d'Alsace.

Ainsi que le montre ce profil, cette grimpette n'est pas d'une difficulté surhumaine. 
Une pente maximale à 8%, une montée régulière sans changement de pente trop brusque : l'idéal pour le début de saison montagnard de deux Seine-et-marnais !
Et la Seine-et-marnaise sait grimper doucement mais sûrement.
Une jeune cycliste a quand même failli mettre à terre ma cyclotte préférée lors d'un dépassement hasardeux au début de la montée. Elle allait très vite la gamine.

Gageons que nous reverrons souvent ce panneau l'été prochain.
Le petit plateau de 24 dents fait merveille...
Même pas fatiguée ! Et pourtant...
 C'est déjà le sommet !
Nous y découvrons une plaque en souvenir des deux premières ascensions du ballon d'Alsace par le Tour de France, en hommage à René Pottier, le même dont j'ai pu voir la maison natale à Moret sur Loing la semaine passée.
René Pottier est considéré comme le premier grand grimpeur du Tour de France. 
 Voici ce qu'écrit le journaliste Victor Breyer de cette première ascension :


"Les quatre ou cinq premiers kilomètres se passent sans incidents. Puis, c'est soudain Cornet qui démarre furieuse­ment et, à notre surprise indicible, c'est Trousselier qui cède le premier. Plus que quatre ! Mais ses forces trahissent Georget, qui se relève à son tour. Plus que trois ! Et un peu plus loin, Cornet a la satisfaction de voir Aucouturier décollé à son tour. Mais la grosse surprise est réservée pour la fin car, tout d'un coup, Pottier, dans une détente de tout son être, passe Cornet. Un duel féroce s'engage entre les deux survivants. Haletants, ruisselants de sueur, tous deux pédalent de tout leur corps. Cornet perd deux longueurs, puis recolle, et décolle encore, et ça y est. La victoire reste à Pottier, qui s'en va maintenant tout seul, l'œil sur le sol, pour ne se relever que tout en haut, au moment où les grands sapins lui mon­trent que le plateau précurseur de la longue descente sur le versant opposé du Ballon est atteint."
Le journal La Vie au Grand air du 21 juillet 1905, nous donne également un aperçu du cyclisme sur route de cette époque et une photo de Pottier. Dire que le Tour de France 1904 avait failli être le deuxième et... dernier de l'histoire à cause de clous semés sur la route et autres tricheries et irrégularités.

En 1905, Pottier abandonna donc quelques jours après son exploit dans le Ballon. Le vainqueur de ce troisième tour de France fut Louis Troussselier.
En 1906, il en fut tout autrement, René Pottier domina la course de toute sa classe. 
Et il triompha facilement du Ballon d'Alsace encore une fois. En fouillant mes archives, j'ai trouvé quelques clichés de cette montée du Ballon 1906.

A l'approche du Ballon d'Alsace, un petit peloton se présente avant la grande lessive.
Car René Pottier est très fort, IMBATTABLE !
Bien sûr certains furent vaincus par l'adversité comme Hyppolyte Aucouturier, second du Tour 1905.
Wattelier et Beaugendre dans le ballon d'Alsace.
D'autres durent fournir de gros efforts pour arriver au sommet.
Tour d'honneur des vainqueurs du Tour 1906
René Pottier, avec sa drôle de coiffure sur la photo, remporta donc le Tour de France 1906 devant Geoges Passerieu. 
Très à l'aise également sur piste, Pottier gagna encore en septembre 1906 le Bol d'or cycliste, parcourant plus de 925 kilomètres en 24 heures derrière tandem au vélodrome Buffalo. Puis, au mois de janvier 1907, il se suicida, ne laissant aucun message, son frère évoqua un chagrin d'amour.
Le journal "La Vie au Grand Air" consacra un article dans son numéro N° 437 du 2 février 1907 au décès du "roi de la route qui vient de disparaitre si tragiquement (et qui) fut un prodige de volonté et d'endurance. Il restera le type du héros des courses dures."
 Mais revenons au temps plus joyeux de notre randonnée du 5 mai 2016.
 Le temps est aussi beau qu'en septembre 2007.

Même si aujourd'hui, il y a moins de vélos...
Sommet du Ballon d'Alsace - 27 septembre 2007
 ...que voici 9 ans (déjà... 9 ans.).
La descente est bien rapide car il nous a fallu faire demi-tour au sommet, nos amis nous attendant pour le dîner.

Une jolie voie verte nous rapproche de Cornimont.
Mais auparavant nous devons franchir un nouveau col, col qui était au programme de l'Etape de Légende 2007, mais dans l'autre sens.
Une bien belle journée de vélo et en plus, nous avons pris le temps de savourer les jolis paysages vosgiens.
Chalet des Vosges.
Alignement d'arbres
Laurence dans les arbres
Pin des Vosges

Sur la route

















A suivre...