1959

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vendredi 10 mai 2013

Voyage en train...La ligne la Ferté sous Jouarre - Montmirail

Mardi 7 mai, j'ai décidé de prendre le train... De manière fictive, bien sûr. En effet, après avoir suivi voici quelques mois la ligne de chemin de fer allant de Villiers Saint Georges à Esternay, puis celle menant de Château Thierry à Verdelot, j'ai pris la route de La Ferté sous Jouarre pour suivre la vallée du Petit Morin jusqu'à Montmirail où circulait, de 1889 à 1947, le "Tacot briard". 
Il me fallait d'abord me rendre à La Ferté sous Jouarre et emprunter pendant quelques centaines de mètres...
...la toute nouvelle, la toute belle, piste cyclable (et piétonne) qui mène de...
...Romeny à Jouarre. Elle est presque aussi large que la route (sur la droite). On aimerait en voir d'autres, des installations comme celle-ci. Mais est-ce indispensable ici, en plein campagne ? Allons, ne gâchons pas notre plaisir, c'est un régal de rouler là-dessus.



J'ai pris aussi le temps de m'offrir un coq de...ferme. Celui-ci est même accompagné d'un...








...petit cheval.






Et puis, je suis arrivé à la Ferté sous Jouarre.
Direction la gare...
...qui n'a pas beaucoup changé.
Il me faut tout d'abord consulter les horaires : environ deux heures pour parcourir les 45 kilomètres séparant les deux villes, c'est... honnête. Normalement, c'est le temps que je devrais mettre à vélo, sauf aujourd'hui, à cause des arrêts-photos : dur métier !
Et me voilà parti ! Premier arrêt avant de franchir la Marne.
La rue Thiers est devenue la rue Jean Jaurès mais je suis bien au bon endroit.
Juste avant de franchir la Marne par le pont...
 ...qui a été remplacé depuis.
En effet, il fut détruit en septembre 1914 pour retarder l'avance allemande.
A partir de maintenant, je vais suivre le cours du Petit Morin qui se jette dans la Marne ici, ...
...à La Ferté sous Jouarre.
Mais déjà, après 3 ou 4 kilomètres, premier arrêt dans la banlieue de la Ferté, à Condetz.
Le train devait suivre le cours de la rivière...
...pour s'arrêter ici ? En tout cas c'est le seul bâtiment qui m'a paru ressembler à une gare...
Et la ligne continuait sans doute par là-bas.
Pour ma part, il me faut rebrousser chemin, à mon grand regret car j'aurais bien aimé suivre ce chemin pour voir à quel endroit la ligne franchissait le Petit Morin pour revenir sur la rive droite de la rivière.
Car je la retrouve de ce côté de la rivière, au hameau de Mourette,...
...en face du restaurant...
Qui existe toujours !
Et puis, avant d'arriver à Courcelles, la ligne franchit à nouveau le Petit Morin.
On voit les vestiges du pont où devaient passer la ligne de chemin de fer et la route (?).
A Courcelles, le train s'arrêtait pour la troisième fois.
Sur la gauche, le pignon de l'école, fermée aujourd'hui, n'a pas changé.
Et notre petit train poursuivait son bonhomme de chemin le long de la verte vallée.
Au Gouffre, le train faisait une halte près de l'usine qui fabriquait des billets de banque.
Pas la peine d'y tenter un casse, aujourd'hui, c'est une usine d'optique (si elle fonctionne toujours ?).
L'escalier lui existe toujours...
Par contre, aux fenêtres de l'usine, plus personne.
A l'embranchement de la route de Rebais, les cantonniers étaient au travail (Serait-ce un rouleau compresseur à côté du train ?).
Aujourd'hui, il n'y a plus de ligne de chemin de fer sur la route.
Peu après le village de Courcelles la Roue, le tracé du chemin de fer devait quitter la route pour contourner Saint Cyr sur Morin par les coteaux sud.
En effet, la gare de Saint Cyr se trouve dans la côte, sur la route de Doue.
Aujourd'hui, c'est une coquette maison d'habitation.
A peine la gare de Saint Cyr quittée, notre petit train passait derrière cette propriété.
Superbe bâtisse qui existe toujours !
L'itinéraire de contournement du village restera mystérieux pour moi !
En tout cas, les voyageurs descendant à cette gare n'avaient que quelques centaines de mètres à parcourir pour trouver le gîte et le couvert à l'hôtel-restaurant Guibert. Etablissement réputé jusque dans les années 1980. Je me souviens y avoir dîné deux ou trois fois, non pas du traditionnel pâté de chat (il n'y en avait plus...). Par contre, j'ai souvenir d'un turbot absolument somptueux, je m'en lèche encore les babines. L'ancienne salle de bal servait à l'époque de lieu d'exposition pour les artistes locaux, j'y croisai d'ailleurs Etienne Bellan qui exposait en ces murs de meulières.
Collectionneurs d'outils des champs et des ateliers, les frères Guibert ont cédé leur établissement au département, il est devenu le musée des Pays de Seine et Marne.
Mais revenons à notre petit train. Je parlais de mystère car nous l'avions laissé sur la rive gauche du Petit Morin et ici, à la sortie de Saint Ouen sur Morin, nous le retrouvons (comme semble le montrer ces rails ?) sur la rive droite : j'ai loupé un pont !
Mais il change à nouveau de rive pour arriver...
... à la halte de saint Ouen.
Aujourd'hui, grâce à l'association Nature et patrimoine du Petit Morin, un travail de mémoire remarquable a été réalisé.
Une maquette grandeur nature de la locomotive qui circulait sur ces voies est présentée sous un auvent.
N'est-elle pas belle ?
Modèle datant de l'année d'ouverture de la ligne.
La bête humaine (petite, petite...) ! On s'y croirait !
Un quai de chargement a même été conservé ici, chose rare.
De plus, en écho à ce travail, un panneau  du "circuit de la bataille du Petit Morin", réalisé par le syndicat d'initiative cantonal de Rebais, vient compléter mon information.
Bonne explication, non ? La Ferté sous Jouarre est la capitale mondiale de la pierre meulière !
La bataille du Petit Morin fut, bien entendu, un des éléments de la bataille de la Marne de septembre 1914.
Je choisis maintenant de remonter sur les coteaux de la vallée pour admirer ce panorama sur Orly sur Morin. Le petit train devait rouler quelque part derrière la ferme au premier plan sur des rails qui, depuis longtemps, ont disparu.
La gare d'Orly, j'y arrive par cette route.
Cette gare reste sans doute la mieux conservée de ce réseau. Des équipements sportifs ont été réalisés autour.
La ligne devait suivre le cours de la rivière au plus près...
...et continuer ainsi sur la rive gauche. Pour ma part, n'étant pas équipé pour le cyclo-cross, je continuerai par la route sur l'autre rive.
Je retrouverai la ligne, quelques kilomètres plus loin après que j'aie à nouveau franchi le Petit Morin.
J'arrive alors à la gare de Boitron-La Trétoire au hameau de Coton plus précisément.
Et c'est près de cette gare, qui a peu changé, que je réparerai une crevaison de ma roue avant. Si j'avais pris le train, cela ne me serait pas arrivé !
Nouvelle montée, et nouvelle descente vers la rivière pour retrouver la ligne.
Elle passe ici au dessus du village de la Forge. La ligne surplombait le Petit Morin et des soldats cachés derrière le ballast de la voie réussirent à retarder l'avancée allemande à cet endroit (Merci à ce nouveau panneau "Bataille du Petit Morin", il va falloir que je me procure le parcours de ce circuit...)
 A Sablonnières, les voyageurs pouvaient prendre une correspondance pour Rebais, Saint Siméon, voire Nangis ou Bray sur Seine ! Mais ce sera l'objet d'un prochain reportage, n'en doutons pas.
Comme beaucoup de nos anciennes petites gares, celle-ci est devenue une banale maison d'habitation.
Et je continue à rouler dans cette verte vallée : "Tchou ! Tchou !" (Pour moi un train, un petit train, ça doit faire Tchou ! Tchou !)
A Bellot, une plaque de cocher m'indique la direction de la Halte de chemin de fer.
Tiens, la N° 17 est sur les rails...
La gare, agrandie, est presque méconnaissable.
Mais je pense être sur la benne voie !
Et je pourrais, moi aussi, saluer le petit train qui occupe mon après-midi cycliste...
A Villeneuve sur Bellot, il y a plus de monde qu'aujourd'hui.
Mais le bâtiment est toujours debout !
Prochain arrêt Verdelot !
La gare est toujours présente ici aussi. Et l'on pouvait y changer de train...
...pour prendre le chemin de Viels Maisons et Château Thierry.
La vallée devient maintenant un peu moins peuplée et les arrêts seront moins nombreux. Il n'en reste que deux avant Montmirail.
A Montdauphin tout d'abord. je crois même que la plaque de cocher indique "Montdauphin - 1 km"
Car, si à Montdauphin, il ne reste plus de trace d'activité ferroviaire, je pense que la halte se trouvait dans la vallée, en contrebas du village au carrefour de la route de Vendières.
Nous avons quitté la Seine et Marne et le petit train fait un dernier arrêt dans l'Aisne, à la Celle sous Montmirail (Décidément, après Courcelles la Roue, la Celle, c'est bien un itinéraire cycliste...) avant de gagner la Marne. Malheureusement, la gare est quasiment méconnaissable aujourd'hui et je n'ai trouvé aucun document d'époque. Pourtant, je me souviens avoir vu au pignon de cette maison la plaque émaillée bleue, avant qu'un garage ne fut construit.
Mais il me faut maintenant grimper à Montmirail pour finir cette promenade ferroviaire.
Je ne sais pas comment notre petit train faisait pour arriver ici. Mais la ligne se terminait dans l'une des trois gares de Montmirail ! L'une pour la ligne Epernay Montmirail, la deuxième pour la ligne Mézy sur Marne-Esternay et la nôtre...
Que cela semblait coquet à l'époque !
Aujourd'hui, si ce n'est pas encore l'abandon...
...cela pourrait venir.
A moins que cette initiative de l'association TFBCO ne vienne sauver la gare grâce à un projet de train touristique qui verrait circuler...
... un autorail Picasso de Mézy sur Marne à Montmirail. Mais on n'en est pas encore là. Une souscription est lancée. (A voir sur le site Tourisme Ferroviaire de la Brie Champenoise à l'Omois : www.tfbco.fr/ !)
En plus du rachat de la gare, quelques travaux sur la ligne, entre Artonges et Montmirail en particulier, sont encore nécessaires. 
Mais des entreprises locales ont aussi besoin du rail. N'est-il pas dommage de voir arriver du matériel ferroviaire vers ces ateliers par la... route ?
Ceci aidera peut-être le petit train touristique à voir le jour ?
En tout cas, il reste encore des rails contrairement à la ligne que je viens de suivre !
Il me faut maintenant rentrer mais pas sur ce beau vélo jaune, hommage au passage du Tour de France en 2010 lors de l'étape Epernay - Montargis.
Pour réaliser ce petit reportage, j'ai utilisé le livre "Les chemins de fer en Seine-et-Marne", D. Delattre, Editions Delattre. Beaucoup de cartes postales sont en vente sur le site Delcampe. J'ai eu à fréquenter le site de TFBCO et ce fut très agréable de lire les documents exposés en gare de Saint Ouen sur Morin par l'association "Nature et patrimoine du Petit Morin" ainsi que les panneaux consacrés à la Bataille du Petit Morin de l'office de tourisme du canton de Rebais. Merci à eux.

12 commentaires:

  1. Voilà un reportage qui me laisse pantoise : quelle observation pour chercher l'angle de vue correspondant aux cartes postales d'époque. Et quel régal tu as dû prendre à planifier ce circuit !

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  2. Beau reportage dans lequel tu ne dérailles jamais... j'aime beaucoup ton idée de comparer les paysages modernes à de vieilles photos des mêmes coins.... Mais c'est souvent bien déprimant de voir à quel point la vie a disparu de tous ces endroits qui recélaient une réelle agitation!

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  3. Bonjour,
    Très sympathique cette façon de nous faire découvrir des endroits de France de cette façon. Merci

    Sylvie

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  4. Bravo pour ce reportage! Nous partageons le goût pour l'archéologie ferroviaire (et peut-être aussi l'actualité ferroviaire)et le moyen de transport pour la pratiquer: un scooter écologique à moteur transversal bicylindre qui fonctionne au biocarburant.

    Jean-Marc

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  5. Très beau parcours! La ligne de Montmirails - Artonges est aujourd hui restaurée et prête à la réouverture!

    Aurélie

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    1. Et aujourd'hui, je suis parti à la découverte de cette ligne Montmirail-Mézy qui est en effet entièrement rénovée. Vivement que je puisse monter avec mon vélo dans l'autorail !

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    2. On en attend déjà les photos et commentaires avec impatience!!!
      Bonne route.

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  6. michel 22 novembre 2014

    J'ai 72 ans mais je me souviens très bien de ce train en gare de la ferté. Son quai était parallèle
    aux voies de Paris près un très grand hangar actuellement parking. Le vendredi soir il faisait
    correspondance au train venant de Paris Il y avait foule pour prendre ce petit train et je me
    souvient parfaitement des énormes veluptes de fumée noire de sa locomotive.

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  7. Tout ça me fait mal au coeur. J'ai 84 ans et me souviens de tous ces petits trains qui sillonnaient les campagnes. On se passait de voitures. J'allais chez ma grand-mère en prenant le tortillard entre Soissons et Le Plessier Huleu puis 2km à pied !
    Mes grags-parents, paternels et maternels étaient chefs de gare à Montmirail au CBR et au CFD

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  8. Je crois que mon commentaire n'est pas passé.
    Je fais partie du TFBCO.
    Je suis attachée aux gares de Montmirail car mes grands-parents paternels et maternels tenaient les gares du CBR et du CFD

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  9. Impossible de mettre un commentaire

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