1959

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mardi 16 août 2011

Voyage à travers la Bretagne : Deuxième étape, Loyat - Bazouges la Pérouse (92km)

Samedi matin, le réveil est humide...
...et un peu douloureux en ce qui me concerne. Heureusement Laurence est efficace ! Après le montage de la tente la veille, elle s'occupe à merveille du démontage et du rangement du matériel sous un petit crachin breton ! Mais c'est sous une vraie pluie bien drue que nous quittons le camping pour le village de Loyat où nous allons prendre notre petit déjeuner.
La patronne du bar-épicerie du village nous conseille d'aller plutôt le prendre dans le bar-boulangerie...
Sans doute pour le déjeuner, nous aurait-elle conseillé le bar-boucherie ! Une spécialité bretonne ?
Et c'est sous la pluie que nous quittons ce petit village de l'est du Morbihan pour emprunter les 13 kilomètres de voie verte qui doivent nous mener à Mauron.
Sous la pluie, encore !
Une forte pluie, qui nous oblige à nous abriter quelques instants sous un pont !
C'est la seule pente signalée sur les 52 km de cet itinéraire : avis aux amateurs de pentes douces !
Et bientôt, nous retrouvons les joies de la circulation partagée pour entrer en Ille et Villaine.
 Pour le repas de midi, nous arrivons à Saint Méen le Grand où allons emprunter pour une quarantaine de kilomètres l'itinéraire du Paris-Brest-Paris Randonneurs.
Mais Saint Méen est surtout le village natal de Louison Bobet.

Hélas, nous trouvons porte close, le musée n'ouvrant qu'à partir de 14 heures.
















Nous retrouvons néanmoins la maison natale de Bobet qui était à l'époque une boulangerie avant d'accueillir cette auto-école.












Et c'est à Saint Méen que nous nous offrons nos premières galettes et crêpes bretonnes. Délicieuses !
Après cette halte bien méritée à St Méen nous prenons le chemin de Tinténiac qui est une ville étape sur la route du PBP Randonneurs.
Je me souviens qu'en 2007, à l'aller comme au retour, j'étais passé sur ces routes sous la pluie. Aujourd'hui, c'est un peu mieux.
Nous montons vers l'émetteur télé par une côte qui me paraît bien plus facile qu'il y a 4 ans quand dans la nuit sous une pluie battante je me demandais : "Pourquoi donc ? " 
Voici le récit de cette étape tel que je le publiais sur mon blog "Mon Tour de France 1959" le 23 octobre 2009.
Loudéac – Tinténiac (85 km)La nuit arrive quand je pars de Loudéac et je roule tranquillement vers Illifaut où m’attend le contrôle secret du retour. Et là, dès la sortie du village, il se met à pleuvoir, le vent se met à souffler très fort, un vent du nord très désagréable.
Alors la galère commence sur les routes d’Ille et Vilaine ! Comme mardi la pluie me détrempe la peau et les os mais en plus, c’est la nuit noire !
Je reste seul, évitant de rouler en groupe, mais il y en a si peu de groupes… car je ne peux garder mes lunettes et je n’y vois guère.
Ici, pour raconter la fin de cette étape, il me faut insérer un texte que j’ai publié sur mon blog le 17 janvier 2009 :
« La nuit du mercredi 22 au jeudi 23 août, entre Illifaut et Tinténiac, dans la Bretagne bretonne, la nuit noire de chez noir, vers minuit, une heure du matin. Il pleuvait des "cornes", des grosses "cornes" bien grasses ... La pluie, et la solitude, tout seul sur la route.

Tu t'attends à voir un panneau défraîchi dans la lueur de ta petite lampe qui est vraiment étanche, la preuve par la pluie, un panneau vieux, cassé, tout pourri: "Fin du monde..." Et tout à coup, au loin une lumière rouge, dans le ciel, là-haut. Et tu te dis : "Merde..." Tu te souviens qu' il faut en plus grimper près de ce relais de télévision, près du village de Bécherel (le village du livre, je crois). Mais tu n'as pas intérêt à sortir un livre à c'te heure...) Alors tu pédales. Des ombres diluviennes te dépasses. Tu vois les petites lueurs rouges de leurs feux arrière qui s'éloignent... vite, trop vite. Et puis une rengaine arrive à ta bouche:

"Pourquoi donc ? Parce que donc... Pourquoi donc ? parce que donc ..."

Et tu la répètes, tu la murmures d'abord, puis tu la chantes doucement, de plus en plus fort...

"Pourquoi donc ? Parce que donc..."

Et tu chantes à tue-tête...

"Pourquoi donc ? Parce que donc..."

Et tu hurles... Tu vocifères... Tu tempêtes...

Et tu passes à côté de cette saloperie de petite lumière qui te nargue dans le ciel... et tu cries à plein poumons

"Pourquoi donc ? Parce que donc..."

Tu traverses le village et là, comme tu es encore un peu lucide, mouillé mais lucide, tu baisses un peu le ton...

"Pourquoi donc? Parce que donc..."

Des fois qu'ils auraient envie de t'enfermer pour les avoir réveillés, tous les dormeurs de Bécherel, vous savez le village du livre et ... de la pluie qui tombent sur les pauvres randonneurs cyclistes. Elle ne fait pas des claquettes cette pluie, elle te mouille, elle te mouille, elle te mouille!

Et la descente arrive... et tu as froid maintenant, alors tu gueules à nouveau:

"Pourquoi donc ? Parce que donc..."
Une fois, dix fois, vingt fois.

Enfin, tu arrives à Tinténiac... Partout des cyclistes hagards et mouillés. Transis de froid... Si tu avais une voiture suiveuse, un camping-car d'accompagnement, tu sais que tu rentrerais à la maison...
Alors, dans le collège réquisitionné pour ton bien-être, tu sors des sacoches de ton vélo LOOK, jaune et violet, des petits sacs plastiques où tu trouves des habits de rechange, secs. Et tu vas te laver, te sécher, parce que tu as aussi une serviette dans un autre petit sac en plastique. Et tu te changes. Et tu manges une bonne soupe bien chaude. Et tu te trouves un endroit bien calme... sous un escalier où tu te couches, dans ton duvet, sec aussi, le dortoir est complet. Et tu dors une heure ou un peu plus. Mais ton vélo, le LOOK, jaune et violet, avec ses sacoches, son sac de guidon et sa sonnette, il est resté dehors, sous la flotte, ton vélo, et dans ton demi-sommeil, tu crois l'entendre te murmurer à l'oreille:

"Pourquoi donc ? "

Tout doucement, parce que, quand même, il ne veut pas te déranger. Ce n'est pas dans ses habitudes...
Quand tu repars, il ne pleut plus. C'est toujours la nuit noire et tu regardes ton vélo et tu lui dis:
"Parce que donc..." C'est beau un vélo, la nuit...... »

Bécherel, le village du livre, donc, où je repasse, 4 ans après et  nous ne nous arrêtons pas non plus, la pluie menace, encore et toujours.
A Tinténiac, où il semble que même l'enseignement catholique ait à faire face à des fermetures de classes (Tout fout le camp, même en Bretagne !), nous prenons le temps d'un petit arrêt. Juste le temps pour la gentille jeune fille de l'Office de tourisme de nous trouver une chambre d'hôtes pour la nuit à Bazouges la Pérouse, petite ville à une quarantaine de kilomètres au nord de Tinténiac. Ainsi demain matin, nous ne serons qu'à une vingtaine de km du Mont Saint Michel.
Pour cette dernière partie de cette deuxième étape, la pluie nous rattrape (une pluie bien drue encore une fois !) et nous arrivons à notre étape bien mouillés ! Heureusement, mon poncho "bleu-blanc-rouge" et mes garde-boue me protègent bien, Lolo est un peu plus trempée que moi...
Et c'est avec un infini plaisir que nous prenons possession de cette belle chambre dans une ancienne ferme.
Nous découvrons au gîte de Taillepieds une nouvelle bonne adresse ! Le repas est excellent (huîtres et moules sont au menu...), les propriétaires sont fort gentils et un Belge truculent alimente la conversation : ce fut vraiment une bonne soirée.

1 commentaire:

  1. Il en faut du courage et de la persévérance pour parcourir toutes ces routes sous la pluie !
    le temps n'est pas au top en effet cette année !

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