1959

1959

samedi 17 mai 2014

Les images Miroir Sprint

Deuxième week-end sans vélo : lumbago ! Alors, je me replonge dans mes archives pour un petit voyage au temps où le vélo vivait son âge d'or, les années 50 et 60.

Que celui, ou celle, qui n'a pas collectionné des images dans son enfance me jette son premier album Panini à la figure... Et cela continue aujourd'hui avec les images "Monster High" ou "Pokémon" qui circulent dans toutes les bonnes cours de récréation.
Autre temps, autres cartes !
Pour ma part, je me souviens avoir collectionné les cartes des joueurs de foot du championnat de Première Division (on ne disait pas encore Ligue 1) dans les années 1970 (Mais que sont devenus les 2 albums complets que j'avais réussi à compléter entièrement après des échanges âprement négociés avec les copains de l'époque ?)
Je me souviens avoir aussi avoir collectionné les images que l'on trouvait dans le chocolat Poulain, dans le chocolat de la Coop aussi... Ici, il n'était pas question de sport mais plutôt de géographie, de sciences (Il me semble que l'un de ces albums était intitulé "Notre Univers") ou d'animaux.
J'ai réussi à conserver, le Sprint 72, je l'ai déjà évoqué sur ce blog.
Mais c'est d'une histoire plus ancienne dont je viens parler aujourd'hui : les images que la revue Miroir sprint éditait dans les années 1950 et 60. Images de footballeurs, de rugbymen et, bien sûr de cyclistes. 
Il y en eut plusieurs séries, en noir et blanc ou en couleur. Sur toutes les bourses aux vélos, brocantes de vieux papiers, sur tous les sites d'enchères, il est possible d'en trouver, souvent à des prix prohibitifs...
Une amie m'en a offert quelques-unes à la suite d'un déménagement mais je ne m'en étais jamais plus intéressé que cela, jusqu'à ce que je découvre ce livre.
Un beau livre à offrir ou à s'offrir !
Edité par l'éditeur toulousain Le pas d'oiseau -il faut absolument aller consulter le site de cet éditeur qui publie quelques petits trésors pour les cyclistes et les autres- ce livre compile les cartes concernant 183 coureurs cyclistes des années 50 et 60. Y figurentune petite bio de chaque cycliste, son palmarès et une rubrique "avant/après" qui nous en dit plus sur la vie de chacun d'eux.
En plus, les cartes reproduites, issues pour la plupart de la collection de l'auteur Charles Guénard, sont presque toutes dédicacées !
Je me permets de reproduire ci-dessous les articles consacrés aux deux "forçats de la route", héros de mon message du 12 mai : René Privat et Claude Colette.
On peut constater la qualité du travail de l'éditeur.
On peut constater aussi que nos deux nouveaux forçats de la route n'étaient des charlots ni des traîne-savates du peloton !

Pour finir, voici ma modeste collection, don de notre amie Christine qui me les offrit après avoir débarrassé la maison de ses parents à Decazeville. Merci à elle et à son papa qui avait conservé dans un tiroir ces vieilles cartes.
Pour compléter cette série de cartes, je suis allé rechercher des photos de Miroir sprint ou Miroir des Sports montrant ces champions en action. Vais-je réussir à en trouver pour chacun ?
Pour le premier d'entre eux, fastoche ! Vainqueur du Tour 1956, j'ai l'embarras du choix.
J'ai choisi cette Une du Miroir sprint du 25 juillet 1956. Walkowiak, à l'attaque, est en train de gagner le Tour 1956 dans la Croix de Fer : elle n'est pas belle, cette photo ? A une certaine époque et dans certains milieux, il était de bon ton de parler d'un "Tour à la Walkowiak", pour parler d'un Tour gagné par un outsider, un peu par surprise. Cette photo montre, je crois, que l'on n'est pas vainqueur par surprise, il faut aller la chercher la victoire !


Gilbert Bauvin fut le rival malheureux de Walkowiak durant ce Tour 1956 puisqu'il termina deuxième.
Une autre Une du Miroir Sprint,donc. Bauvin a encore l'espoir de vaincre. Jamais on ne parla d'un Tour à la Bauvin, hélas pour lui...


Pour Adrienssens, je me souviens de cette Une du Miroir Sprint du Tour 1960.
Le Belge faisait partie de l'échappée scandaleuse (?) vers Lorient où Rivière remporta la dernière victoire de sa carrière, je crois.


Michel Rousseau est un des plus grands sprinteurs français. 
N'est-elle pas belle cette Une du Miroir des sports de janvier 1959 ? Deux champions du monde français au Vel d'hiv (qui fut détruit à la fin de cette année 1959) : Roger Rivière, champion du monde de poursuite et Michel Rousseau, champion du monde de vitesse.


Un Anglais pour continuer, ils n'étaient pas nombreux à l'époque... Je crois me souvenir à son propos d'une petite anecdote durant le Tour de France 1959.
Photo Miroir des Sports N° 755 du lundi 20 juillet 1959
On remarquera la 403 Peugeot  qui suit l'échappé.
Vingtième étape de ce Tour 1959 : Annecy-Chalon/Saône (202 km), courue le jeudi 16 juillet 1959.
Brian Robinson gagne l'étape au terme d'une longue échappée solitaire.
Photo Miroir des Sports N° 755 du lundi 20 juillet 1959
Ici, c'est la 304 Peugeot  du directeur sportif qui encourage Robinson.
Il arrive à Chalon avec plus de vingt minutes d'avance sur le peloton. Mais le drame se joue à l'arrière :
Et oui, Biquet n'a pas réussi à suivre ledit peloton...
Il passe une partie de la journée devant le camion-balai, et pas question pour lui de s'arrêter au bistrot ! Il veut terminer l'étape dans les délais pour pouvoir profiter de l'ovation que le public parisien ne manquera pas de lui réserver au Parc des Princes pour son dernier Tour de France. Né le 10 juin 1921, Robic est le doyen de ce peloton.
Hélas, il arriva hors délai à Chalon, l'avance de Robinson sur le peloton le condamnant irrémédiablement.
 "Je suis éliminé par un éliminé !" déclara Robic à l'arrivée. En effet, lors de l'arrivée à Clermont Ferrand quelques jours plus tôt, Robinson aurait lui-même du être éliminé. Il fut repêché par le jury des commissaires qui fut moins clément pour le vainqueur du Tour 1947. Le commissaire n'était pas bon enfant !
L'histoire de Robic et du Tour de France s'arrêta donc à Chalon/Saône...
En faisant cette recherche de photos dans mes vieilles revues, j'ai relevé ce petit écho "Par le trou de la serrure" (Miroir des Sports N° 755 du lundi 20 juillet 1959) :

"Jean Robic est le seul coureur du Tour qui ait découpé ses maillots sur le côté afin d'y glisser plus aisément des journaux qui le protégeraient du froid. Cela lui a coûté 2500 francs d'amende à chaque fois."

Sacré Biquet ! Il aurait pu courir avec les frères Pélissier...
Pour mémoire, on peut revoir le diaporama que j'avais réalisé il y a quelques années :
Jean ROBIC : Le Petit qui n'avait pas peur des Grands.


Pour Jean Anastasi, retour aussi sur le Tour 1959 où il fut bien malheureux.
Lors de la quatrième étape, Jean Anastasi fut contraint à l'abandon après une méchante chute. Robic aussi avait chuté, mais il put repartir lui...


Louis (dit Lily) Bergaud, la Puce du Cantal, était un grimpeur de petit gabarit. Il participa à 7 Tours de France, se classant 9ème, son meilleur classement en 1958. Il y gagna 2 étapes, une en 1958, l'autre en 1960.
En 1958, justement, au départ de la 13ème étape, petit clin d'oeil de l'homme de la montagne devant cette affiche de cinéma à Dax.
Cette étape est montagneuse et dans le Soulor une échappée se dessine, comprenant notamment notre Cantalou.
Dans l'Aubisque, ils ne sont plus que deux coureurs derrière l'Aigle de Tolède.
A Pau, la victoire se joue au sprint entre Bergaud et Damen. Qui a gagné ?
C'est le grimpeur d'Aurillac ! Ce qui lui vaut de déguster, devant les photographes, le traditionnel quart Perrier du vainqueur.


Nello Lauredi, Italien naturalisé Français, remporta 4 étapes du Tour de France, une chaque année en 1950, 1951, 1952, 1953.
En 1952, après avoir remporté la troisième étape Rouen-Roubaix, il endossait le maillot jaune.
Le lendemain, il le conservait à l'arrivée à Namur, pour une petite seconde à la grande peine des Belges qui avaient déjà offert la paletot jaune à l'un des leurs, Van der Stock, qui dut le rendre au Français !
Durant le Tour 1950, Lauredi fut ainsi croqué par Pellos.


Le palmarès d'André le Dissez, tel qu'il apparaît sur cette carte Miroir Sprint, omet sa plus grande victoire. En effet, ce Breton d'origine (encore un !) remporta la 14ème étape du Tour de France 1959.
Le numéro 284 A de Miroir sprint fait la part belle à Bahamontès qui vient de remporter la 15ème étape du Tour 59, la montée du Puy de Dôme contre la montre.
La victoire de Le Dissez dans l'étape Aurillac- Clermont Ferrand (une superbe étape, je peux en témoigner...) apparaît en pages intérieures du journal.
Le "facteur parisien" sort du groupe d'échappée où figure, entre autre, Lily Bergaud, le régional de l'étape. 
Puis il lâche le malchanceux Quéheille qui a cassé sa chaîne.






Il résiste au retour du grand Gérard Saint pour l'emporter en solitaire à Clermont Ferrand. 
Il abandonna ce Tour de France deux jours lus tard.












Membre de l'équipe régionale "Paris Nord-est" ainsi que Robic, Le Dissez raconta le soir même à son autre équipier Michel Vermeulin (porteur du maillot jaune dans les Pyrénées) son échappée victorieuse.
Et deux jours plus tard, il quitta le Tour de France par la petite porte.
On remarquera que le compagnon l'infortune de Le Dissez fut, en cette année 1959, René Privat qui en 1960 connut un nouvel abandon dans le Tour 1960 mais en montant dans le camion balai cette fois.

Francis Pipelin, natif de Saint Méen le Grand (Ille et Vilaine) comme Louison Bobet, participa à 4 Tours de France de 1957 à 1960.
Ici, durant le Tour de 1958, il emmène l'échappée dans la 11ème étape Royan-Bordeaux où il se classa 9ème. On le voit à gauche qui vient de laisser la première place à un de ses compagnons.


Félix Le Buhotel participa à 3 Tours de France, en 1959, 1960 et 1961.
On le voit sur cette photo du Miroir sprint N° 682B du 2 juillet 1959, emmenant un groupe de coureurs (échappés ?) entre La Rochelle et Bordeaux. Félix Le Buhotel, membre de l'équipe de l'Ouest, termina 46ème de ce Tour 1959.


Professionnel de 1960 à 1965 dans l'équipe Peugeot, Claude Valdois, originaire de Melun, était un bon spécialiste des courses contre-la-montre. Le palmarès figurant sur la carte MS en témoigne (Trophée Barachi et GP des Nations).
En 1962, il réussit une très belle performance en terminant 3ème du Grand Prix des Nations, épreuve fétiche de Jacques Anquetil, absent en 62.
Dans le compte-rendu du Miroir du Cyclisme, voici ce qu'en dit Jacques Périllat :
"Le retour de Valdois.
...En remontant tous ces hommes, on ne pouvait pas ne pas remarquer l'aisance remarquable (sic) de Valdois. Ou plus exactement son efficacité car Valdois n'a rien du "pédaleur de charme". Valdois se déhanchait, ahanait, mais dans les côtes, son rythme restait parfaitement régulier.
A en juger par ces impressions, on se demandait s'il n'allait pas créer la surprise..."
Il n'en fut rien et Valdois dut se contenter d'une fort belle 3ème place derrière son jeune équipier Ferdinand Bracke et Jean-Claude Lebaube Un podium sur le GP des Nations, c'est une fort belle ligne sur un palmarès, surtout quand on voit les "clients" qui sont derrière : Jo Velly (le poulain de Bobet) Aldo Moser, Rolf Graf, Adorni...
Cette belle performance valut également au nom du coureur de Seine et Marne de figurer sur les encarts publicitaires des fabricants de cycles et d'accessoires...
C'était au temps où l'on pouvait s'offrir un vélo 100% français, ma bonne dame !


C'est la treizième et dernière photo de ma collection d'images Miroir sprint : Jean-Marie Cieleska, vainqueur de Bordeaux Paris en 1958.
On le voit ici dans la vallée de Chevreuse, il ne fut pas rejoint par son poursuivant Pino Cerami.
Professionnel de 1950 à 1960, Cieleska participa à 4 reprises au Derby de la route. 
Il y fit sa première apparition en 1953, année où Ferdi Kubler vainquit.
Cette année-là, la participation était faible, seulement huit coureurs étaient au départ.
Mais il n'y avait que du beau monde dont les deux "Pollacks" de l'équipe Gitane Stablinski et Cieleska.
Au petit matin, petite toilette sous le regard des équipes techniques. Stablinski et Cieleska (au second plan) la font de manière méticuleuse.
Après la prise de entraîneurs, Cieleska mène devant Diot, vainqueur de Paris-Brest-Paris en 1951.
La bagarre commence souvent à la côte de Sainte Maure où le public est toujours nombreux.
Jean-Marie Cieleska mène grand train et termina premier Français devant Diot et Stablinski, Mahé ayant abandonné.

Voilà donc cette petite promenade dans un monde du vélo aujourd'hui révolu, terminée ! Pas de nostalgie ici, seulement l'envie de faire un joli petit voyage dans le temps. Un autre temps, certainement. Mais il avait quand même une autre gueule ce vélo que celui des hommes casqués, cachés derrière leur lunettes fumées enfermés dans des bus climatisés et des villages-départ où il faut montrer patte blanche pour pouvoir accéder...
Le cyclisme est-il encore un sport populaire, au sens de sport du peuple ? 
Heureusement, il nous reste le... vélo !

1 commentaire:

  1. J'allais dire "d'autres lieux et d'autres temps....." mais en fait, tu as raison, c'est surtout "d'autres temps..."

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