1959

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mercredi 17 avril 2013

Balade chez Dom Pérignon (Première partie)

J'avais prévu de partir vers le Chemin des Dames (Chemin des Drames ?) et je me suis retrouvé au pays du Champagne, dans le berceau même du divin nectar ! Comprenne qui pourra !
Vent dans le dos, j'ai filé en plein vers le nord-est. M'arrêtant rarement, sauf pour immortaliser quelques coqs ayant échappé à ma manie.



Celui de Marchais en Brie est désormais dans la boîte !





La route de Marchais à Artonges mérite également un bref arrêt :

"...Quel est cet empaffé qui tord
La rue qui paraissait si droite ?..."
Pauvre Lélian,  Allain Leprest. (épisode 7)

Artonges, justement où le coq trône sur une église sans clocher mais fort imposante.




Fort jolie bête, ma foi...






A la sortie de Condé en Brie, c'est un coq de jardin qui attire mon attention.
Je franchis le Surmelin peu après et cette année il y a de l'eau en abondance : "Que d'eau ! Que d'eau !"
Pour l'instant, je n'ai pas besoin de refaire le niveau de mon bidon mais je sais depuis longtemps qu'à la fontaine de La Celle lès Condé, il n'y a pas l'écriteau funeste "EAU NON POTABLE". 
Ici aussi l'église est un fort bel édifice...
...qui a subi l'outrage des ans mais ces vieilles pierres laissent deviner un travail remarquable.
Le coq de la Celle semble m'ordonner de reprendre la route... Route fort agréable...



...qui après avoir salué un nouveau coq, à Saint Agnan...






...me permet d'entrer dans le vignoble de Champagne peu avant midi.
A Dormans, j'admire cette fresque murale de la vallée de la Marne qui voisine avec un resto rapide turc...


Mais le boucher s'appelle... LEBEUF ! Pourquoi ne suis-je pas devenu charcutier ?








Ici le coq me tourne le dos.







Je poursuis ma route en empruntant l'ancienne Nationale 3 qui vit pendant la Révolution française le retour peu glorieux de Louis XVI vers Paris après sa tentative de fuite vers l'étranger : on connaît la suite.
Pour ma part, je suis plus intéressé par ce musée de l'escargot qui est hélas...




...fermé. Mais je ne progresse pas à la vitesse de l'escargot, moi !






Au clocher de Troissy...



... encore un joli coq.







Tout à côté, l'accueil est moins... accueillant. Peu importe l'ortografe, le message est clair ! et compréhensible.
Le monument aux morts de ce village affiche deux colombes, le fier coq gaulois est plus souvent à l'honneur...




Sur la flèche de Mareuil le Port :








"Cocorico !" Je sais, je sais, tous ces coqs deviennent lassants. Observez-les bien pourtant, aucun n'est pareil à son voisin : tous différents !

Sur l'autre rive de la Marne, j'aperçois la statue du pape Urbain II, enfant du pays, qui fut pape peu après l'an 1000. Cette statue de 33 mètres de haut, est construite en granit breton et domine la vallée.
Personnellement, j'aurais préféré une statue à la gloire de Dom Pérignon, "inventeur du Champagne", qui, plus que le pape Urbain, fut un BIENFAITEUR de l'humanité !
Après avoir franchi la Marne, la nécropole de Binson rappelle au voyageur le sacrifice des gamins de 20 ans qui en 1914 tombèrent sur ces terres.



Le coq de l'abbaye en reste sans voix.







Je touche presqu'au but de cette randonnée, roulant dans le vignoble, bien triste pour l'instant.
Certains décors me rappellent pourtant en quel pays je roule.
Un champagne Marx : la Révolution serait-elle soluble dans les bulles ?
Quelques kilomètres plus loin, je retrouve cette veine révolutionnaire.





Cela me mènera-t-il ailleurs que dans une impasse (malgré le joli porche...) ?








En tout cas, à Reuil, je découvre un nouveau clocher sans coq, chose suffisamment rare pour être ici signalée.
A Damery, surplombant un nouveau porche...
...je photographie ma première enseigne, à la gloire d'un champagne, bien sûr.
Tout à côté, il y en a une autre...
Cette sortie, commencée à la gloire des coqs, chose habituelle sur ce blog depuis quelque temps, va se poursuivre à la recherche de ces jolies enseignes de fer.
Et la chasse sera facile car je vais grimper, tout là-haut, au-dessus de la rivière Marne. A la sortie de Cumières, je laisse une cyclotte avec laquelle j'ai roulé quelques kilomètres, je prends la petite route sur la gauche et j'escalade doucement, tout doucement (Vive le petit plateau de 30 dents), pour aller au village de Hautvillers.
C'est ici que Dom Pérignon fut, 47 ans durant, le régisseur de l'abbaye Saint Pierre durant le règne de Louis XIV. 


Je passe ici sur les "trouvailles" du bon moine pour transformer le vin champenois en cet élixir délicieux que je déguste toujours avec délectation... Cela est fort bien raconté dans tous les guides touristiques.


Et puis, je dois avouer que je commence à fatiguer... Il me faut me restaurer.
Mais même pas une petite coupe au menu...
Pas de Moet, ni de Chandon sur ma table. D'ailleurs, je n'ai même pas de table !
Mais quelle vue !
Je vais enfin toucher au but de cette randonnée : Hautvillers...
...et son abbaye où officia Dom Pérignon.
mais avant de vous guider dans ce charmant village, il me faut faire un petit aparté pour parler du livre que je lis en ce moment.
Un livre à déguster...
Jean-Paul Kauffmann a en effet entrepris de remonter la Marne, depuis sa confluence avec la Seine à Charenton le Pont jusqu'à sa source à Balesmes sur Marne. Un périple long de 525 kilomètres, au rythme de ses pas le long de la rivière et c'est un enchantement de le suivre.
A Cumières, il note l'importance de la rivière dans le "succès" du Champagne :
"...Pas de vignoble de qualité sans le rôle majeur de la batellerie. Les grands terroirs sont tous nés à proximité d'une voie navigable..."
S'écartant des rives de la rivière, une fois n'est pas coutume, Jean-Paul Kauffmann fait un petit écart pour grimper, comme moi aujourd'hui, vers Hautvillers.
"...Avec ses rues et ses ruelles dans le goût médiéval et ses jolies enseignes en fer forgé, Hautvillers appartient à cette catégorie des "beaux villages professionnels", bien peignés, patinés juste ce qu'il faut, qui attirent les touristes, surtout étrangers, en été. Il ressemble plus à une bourgade de l'Alsace "riante" qu'à un village champenois traditionnellement placé sous le signe d'une certaine austérité..."
Ce n'est pas encore l'été mais cela me convient bien de jouer au touriste étranger.
(A suivre...)

3 commentaires:

  1. Encore un top-reportage Jean-Pierre, bravo....
    Je ne savais pas que tu avais une belle randonneuse
    Champagne, tchin-tchin, à ta santé
    a+
    Hubert

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  2. Balade qui m'est bien familière... et pourtant j'avoue que je ne regardais pas si haut, et les coqs échappaient à mon regard!! Savais-tu que la statue d'Urbain II se visite? A l'aide d'un escalier en colimaçon, on grimpe à hauteur de son aisselle et de là on peut, si les conditions climatiques sont réunies, admirer le vignoble.

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  3. Une très belle promenade sur ces jolies routes que nous avons parcourues tant de fois entre Reims et La Ferté... Mais, même avec le temps que j'y ai passé, je reste bien moins amateur des bulles du Champagne que de la mousse d'une bonne Trappiste...
    On notera tout de même que tout ça reste du travail de monastère, au moins à l'origine....

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