1959

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lundi 23 mai 2016

Premier 200 de l'année

Ca y est, j'ai parcouru samedi mon premier 200 bornes de l'année. 210 kilomètres exactement.
M'étant inscrit pour le Douze-cents qui part de Tours pour le Mont Aigoual (et retour, ben oui...) à la fin du mois de juillet (C'est un peu le Paris-Brest-Paris du Massif central !), il faut que j'accumule les grandes distances comme pour préparer le "vrai" PBP. Même si aucun BRM n'est obligatoire, j'ai néanmoins prévu de m'organiser des sorties de 200, 300, 400 et 600 kilomètres d'ici à la mi-juillet. En ce qui concerne le 200, c'est donc "in the pocket".
 Ce fut un bien beau samedi pour prendre la route. et à propos de route, je ne peux m'empêcher de penser à la préface du livre d'Amin Maalouf, "Origines", que j'avais sur la table de nuit depuis des années et dont j'ai commencé la lecture la semaine dernière.

"(...) Les arbres doivent se résigner, ils ont besoin de leurs racines ; les hommes pas. Nous respirons la lumière, nous convoitons le ciel, et quand nous nous enfonçons dans la terre, c'est pour pourrir. La sève du sol natal ne remonte pas par nos pieds vers la tête, nos pieds ne servent qu'à marcher. 
Pour nous, seules importent les routes.
 Ce sont elles qui nous convoient -de la pauvreté à la richesse ou à une autre pauvreté, de la servitude à la liberté ou à la mort violente. Elles nous promettent, elles nous portent, elles nous poussent, puis nous abandonnent. Alors, nous crevons, comme nous étions nés, au bord d'une route que nous n'avions pas choisie.

A l'opposé des arbres, les routes n'émergent pas du sol au hasard des semences. Comme nous, elles ont une origine. Origine illusoire, puisqu'une route n'a jamais de véritable commencement ;  

avant le premier tournant, là derrière, il y avait un tournant, et encore un autre.
 Origine insaisissable, puisqu'à chaque croisement se sont rejointes d'autres routes, qui venaient d'autres origines. S'il fallait prendre en compte tous ces confluents, on embrasserait cent fois la Terre. "
Origines - Amin Maalouf- Ed. Grasset - 2004
Qu'il me soit permis de dédier ce modeste billet à tous les gens pour lesquels se ferment aujourd'hui les routes de nos beaux pays d'Europe...


Pour avoir le vent dans le dos pour rentrer (pas folle la guêpe...), j'avais décidé de partir vers la Seine en passant à proximité de beaux châteaux seine-et-marnais : les tours de Blandy, tout d'abord...

...puis tout de suite après, devant le magnifique château de Vaux le Vicomte, peu fréquenté en cette heure matinale.
J'étais également passé auparavant près du Fief des Epoisses. Jolie demeure cachée dans un bel écrin de verdure.
 A partir de Melun, j'ai suivi la Seine. Par une belle piste cyclable tout d'abord, piste cyclable partagée avec les piétons. Mais à quoi pensent-ils les zozos qui inventent de tels "équipements" ? Les piétons sont en danger, et les cyclistes aussi !

A l'heure du casse-croûte, j'étais à Héricy. Un gros quart d'heure d'arrêt pour avaler quelques délicieux sandwichs, pour retirer quelques épaisseurs de vêtements car la température devient estivale en cette fin de matinée et pour regarder une famille Canard qui vient quémander quelques reliefs de mon festin !
Je n'ai rien pour eux mais eux me font me remémorer une chanson de Romain Didier que je vais massacrer une bonne partie de l'après-midi sur mon vélo.

Ce qui est drôle, c'est que cette vidéo, que je viens de retrouver sur Youtube, a été enregistrée à Melun et j'étais dans la salle : Heureux hasard...
 Je continue à rouler sur une petite route qui borde la Seine qui "n'a pas de souci, qui se la coule douce le jour comme la nuit...". Merci Monsieur Prévert.
 Je m'arrête un instant regarder un club d'aviron qui s'entraine.
 Enfin, il faut bosser avant si j'en crois ce bateau qui avance en... crabe. 
 C'est beau comme sport ! Un jour, il faudra que je parle des sports que je déteste, et il y en a beaucoup ! Je ne suis pas un sportif, moi : je suis un cycliste !
La petite route continue et me permet d'apercevoir entre deux branches le joli village de Thomery. Ici, je suis sur une route barrée pour travaux. Comme c'est samedi et que je suis seul, je continue malgré tout.
 Hélas, je me retrouve bien vite englué sur une piste boueuse, un cloaque : il a beaucoup plu ces derniers jours. Je manque de mtaler dans la gadoue. Ma roue arrière patine dans la bouillasse. J'aurais l'air malin transformé en statue de glaise si je m'affalais sur le sol glissant !
 Bien entendu, si les garde-boue jouent bien leur rôle, ils me protègent vraiment, ils ont aussi tendance à "bourrer" !
 Après quelques kilomètres, la boue va durcir et je crains qu'un gravillon ne vienne se coincer là-dedans... Pauvre cycliste que je suis, je suis bien puni de n'avoir pas suivi la "Déviation". La prochaine fois, je ferai la même chose... Tête de cochon !
 Quand je vois le coq du clocher de Champagne (pour personne aujourd'hui ! Je me sent bien penaud à cet instant.), je sais que j'en ai terminé avec cette piste innommable !
 J'ai même droit à un deuxième coq sur l'autre église du village, édifice plus moderne, somme toute.
Je traverse ensuite la Seine pour arriver à Saint Mammès, la cité des mariniers. 

Ici une passerelle toute neuve enjambe le Loing au confluent de cette rivière et de la Seine.
J'ai trouvé cette vidéo qui montre l'installation de la passerelle voici un an.


 Un bel ouvrage en effet.
Faite pour les piétons et les cyclistes, cet escalier me parait pourtant un bel obstacle pour nombre de cyclistes (je me trompe peut-être). Pour les handicapés, pardon "les personnes à mobilité réduite" (Putain de langue de bois !) un système est prévu : Gaffe à la panne...
 "Le passage des personnes à mobilité réduite sera permis par un « monolift », une petite plate-forme suspendue mobile le long des garde-corps. Des plans inclinés faciliteront le passage des poussettes et vélos."
La République, 06/03/2015
Tout ça pour plus de 2 millions d'Euros. C'est quand même mieux que de jeter l'argent par les fenêtres...
Et puis me voici à Saint Mammès, toujours aussi joli !
 Et dans ce village, je retrouve la maison natale de...
De ce champion de l'âge héroïque du vélo, j'ai prévu de parler dans le billet que je prépare sur notre grimpée du Ballon d'Alsace lors du week-end de l'Ascension, le bien-nommé en l'occurrence. Patience...


 Me voici maintenant en terrain inconnu. Quelque part sur ma gauche coule une petite rivière qui se nomme l'Orvanne et qui va me révéler un petit village magnifique : Flagy.
 Les rues de ce "village de caractère" descendent perpendiculairement à la rivière. Les maisons basses sont... jolies, tout simplement.

Au bout de chaque rue, une petite passerelle permet d'accéder aux jardins.
 Le lavoir dut être animé en d'autres temps.
 Les pigeons ont même leur maison au bord de l'eau.
 Le Moulin de Flagy, datant du XIIIème siècle, semble être le seul commerce du village. Hôtel-restaurant.
 L'église, de la même époque que le moulin, présente un clocher inhabituel pour la région.
 Bien entendu je ne pouvais pas louper cette rue, hommage à madame Maigret, sans doute ! Une belle découverte que ce village, je rappelle son nom : FLAGY.
Et puis, j'ai continué ma route.
 Vers d'autres clochers, ici celui de Thouy-Férottes...
...d'autres rivières, non, c'est encore l'Orvanne à Voulx...

...d'autre château, comme celui de Vallery.
Celui-ci appartint à la famille de Condé.
J'avoue ne pas avoir osé m'aventurer plus avant, Propriété privée : Verboten ! Mais il semble coquet ce château...
 Vers d'autre chapelle abandonnée au milieu de nulle part, je n'arrive même plus à me rappeler où !
Bien sûr il manque des arbres, même si Amin Maalouf en a parlé...
 Mais sont-ce encore des arbres, ces moignons plantés en bord de Seine ?
 Heureusement, il y avait...

 C'était au début de ma sortie, mais en plus des canards, j'ai aussi chanté les boMbons...

GRANDIOSE !
Pour finir cette belle randonnée, je suis passé à la station de lavage de voitures et j'ai "kaërcherisé" mon vélo : bonne nouvelle, il est propre et c'est gratuit pour les vélos !
 

1 commentaire:

  1. C'est bien aussi de s'inventer ses propres brevets !
    Merci pour la balade littéraire et musicale !

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