1959

1959

samedi 26 décembre 2015

Hommage aux coiffeuses...

Ma sortie du mercredi 23 décembre, je l'avais planifiée pour les vacances de la Toussaint et puis... je m'étais promis de la faire au printemps prochain. Mais le printemps étant précoce, je m'y suis attelé plus tôt que prévu.
J'ai déjà présenté ici des clichés de salons de coiffure, tant l'imagination de la coiffeuse (et du coiffeur) peut-être débordante pour nommer son lieu de travail. Ce qui n'est pas le cas du boucher, du charcutier, de la boulangère... je ne parle même pas du banquier ou de l'assureur, professions manquants totalement d'humour si j'en crois leurs enseignes.
 Par contre, les coiffeuses (et les coiffeurs)...
 Les deux meilleurs étant sans doute, ces deux salons bretons...
...que j'ai photographié lors du Tour de foot de l'an passé.
Au début de cette année, lors d'un brevet Audax dans la Marne et l'Aube, j'en avais repéré deux autres et c'est ainsi que je décidai de consacrer une petite randonnée en hommage aux coiffeuses (et aux coiffeurs).
 Mais il me faut commencer par une petite mise au point : jamais je n'ai rêvé d'épouser une coiffeuse.

Le Mari de la Coiffeuse (1990) par rabish025

Je n'aimais pas trop cela aller "à la coiffeuse". Elle s'appelait Thérèse ou Denise. Je devais monter sur une chaise haute en bois. Bien sûr il n'y avait pas de shampooing. La coupe seulement, au ciseau, pour la raie sur le côté et pour le tour des oreilles,...

et à la tondeuse mécanique, pour bien dégager la nuque (Clic-clac - Clic-clac...)... et après ça grattait dans le cou.
C'était toujours très long, la coiffeuse était bavarde et ma mère aussi. Petit j'y allais sur le porte-bagages du vélomoteur de maman, après dans la 403 puis la 4L. Puis j'y suis allé à pied ou à vélo. On grandit vite.
L'avantage, c'était le prix : pas cher. Moins cher que chez l'autre coiffeur pour hommes, Jacques. Surtout que, chez Jacques, mon frère avait attrapé des poux ! Attraper des poux , c'était arrivé une fois à mon grand frère. Et c'était arrivé chez le coiffeur. Mon frère était passé après Pierre B. Ma mère avait donc décidé de ne plus mettre les pieds chez jacques, elle essayait même d'en dissuader quiconque lui parlait de coiffure pour hommes.  Mais pour les deux salons la même sobriété pour annoncer la raison sociale : COIFFURE.
Mon père lui, avait un coiffeur attitré jusqu'au jour où ma mère le convainquit d'aller, lui aussi, se faire coiffer chez Thérèse, ou Denise. Ce fut un long combat pour elle.
Elle devait supporter les longues séances de "coiffage" que Gustave, pensionné de la marine marchande, faisait subir à mon père dans la cuisine familiale. En été, cela pouvait se dérouler devant une retransmission du Tour de France et je devais subir les commentaires de ces deux experts. Car je me souviens qu'ils étaient experts en tout. Gustave était un peu communiste, si je me souviens bien, mais peut-être pas finalement, l'enfance déforme les souvenirs. En tout cas, ce dont je suis certain, c'est que mon père ouvrait un "trois-quart" de vin pour l'occasion. Le "trois-quart", appelé aussi "Réserve", était le vin des grandes occasions, c'était une bouteille de 75 centilitres avec un bouchon en liège. Il était le complément du vin ordinaire, Sénéclauze, Valcoop, Margnat... que l'on buvait tous les jours. Non pas que le "Trois-quart" fut un vin extraordinaire, on n'en buvait pas, de ces vins-là chez nous. 
L'ordinaire se vendait dans des bouteilles d'un litre au goulot étoilé. Les bouteilles étaient consignées à l'époque, il fallait les rapporter au Coop, chez Léonne. Une capsule en plastique lui servait de bouchon. Ces capsules multicolores servaient à décorer les roues de nos vélos : on les coinçait entre deux rayons. La classe !
Mais revenons à la coiffure et à Gustave. Car, quand la coupe était terminée, les deux compères allaient au bistrot pour la partie de belote et cela coûtait encore une chopine à mon père ! Ma mère réussit à convaincre mon père que cela lui coûterait finalement moins cher d'aller "à la coiffeuse". L'argument définitif qui emporta l'adhésion de mon père fut sans doute que le père de la coiffeuse, pensionné lui aussi de la marine, lui offrirait sans doute un verre à boire. Ce qui fut le cas bien souvent. Et de toute façon Gustave vieillissait et avait la main de moins en moins sûre. Mais fermons la parenthèse "NOSTALGIE" pour revenir aux coiffeuses (et aux coiffeurs) d'aujourd'hui.
J'ai donc pris la route de la Marne pour cet hommage aux coiffeuses (et aux coiffeurs). Et j'ai découvert quelques salons de coiffure dignes d'intérêt ainsi que d'autres moins originaux.
"L'évolu'tif" est un classique du genre. Pour les chauves on trouvera plutôt le "Défini'tif". Pour les pressés, le "Hâ'tif". Et pour les chômeurs"l'Inac'tif".
Le "13 original coiffure",  de l'autre côté de la rue, c'est fichu !
Ici, c'est aussi un hasard, car on peut penser que le nom de ce salon vient des initiales de la coiffeuse (ou du coiffeur). Avec les initiales C.A, c'était moins rassurant.
Le mot "HAIR", cheveu en Anglais... donne court à de nombreux jeux de mots qu'un vieux lecteur du Canard enchainé comme moi ne peut qu'apprécier. "L'art de Pl'Hair" en est un exemple un peu tiré par les cheveux.
Celui-ci est plus fin à mon goût.
Et là on atteint le summum du marketting capillaire ! Il n'y a guère que "L'extraordin'Hair" pour le surpasser !
On pourrait imaginer des salons de coiffures dévolus à chaque catégorie d'âge : "Trenten'Hair", "Sexagén'Hair" et pourquoi pas pour monsieur Robert Marchand "Centen'Hair", le marché est en expansion...
Hélas, on ne verra jamais un salon qui s'appellera "Hair-bête" ou "Hair-con" alors que, pour certains... j'en connais mais ne les nommerai pas ici !

3 commentaires:

  1. Pour ma part, Gustave, je l'imagine avec un b'Hair et, basque ou breton... Et dix de d'Hair!!

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    1. Il aurait pu s'appeler, mais ce n'était pas le cas, Gustave Hair' fel... Amitiés.

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  2. Bravo pour ce reportage
    Félix, Heffe, fils de coiffeuse

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