1959

1959

dimanche 20 février 2011

Maurice Vidal : hommage à un grand journaliste !

Le 6 janvier 2011, disparaissait Maurice Vidal. C'est mon copain Yvon qui me l'a appris voici quelques jours. Je n'en avais pas eu connaissance avant... J'ai déjà évoqué sur mes blogs ce grand journaliste sportif.
A droite de Robert Chapatte, Maurice Vidal évoque, avec quelques journalistes sportifs de l'époque (Abel Michéa, André Chaillot, Fernand Choisel, Jacques Marchand et François Terbeen)  la saison cycliste 1959 à venir pour le numéro "Cyclisme 1959" de  son journal Miroir Sprint.

Né en 1919, membre du Parti Communiste Français, résistant, il fut un des grands journalistes sportifs de la deuxième moitié du XXème siècle. Directeur de Miroir Sprint de 1949 à 1971 (date de la disparition du titre), il fonda le Miroir du Cyclisme en 1960. Ses éditos ou son bloc-notes n'étaient pas toujours dans le l'air du temps, Monsieur Vidal avait le sens de la polémique... mais c'était surtout un amoureux du sport et plus particulièrement du vélo.
Voici son bloc-notes publié dans le dernier numéro de Miroir Sprint de 1959 :
 Je crois avoir déjà publié une enquête que Maurice Vidal réalisa sur les Cyclo-touristes à l'occasion de la semaine fédérale de la FFCT qui se déroulait en Corrèze en août 1959. Ne retrouvant pas ce message, le voici à nouveau...

Les cyclo-touristes


L'ETAPE   du   Tour   de   France   venait   de   se   terminer   à   Albi.   
Nous   nous apprêtions   à   gagner   notre   lointain   cantonnement   lorsque   nous   fûmes abordés par un spectateur en tenue de cycliste à  l'entraînement  : chaus­sures cyclistes, short, chemisette, casquette et musette en bandoulière :
- Je suis bien content de vous voir. Je suis un ancien abonné de votre journal.
- Comment ça, ancien ?
-  Oui. Il faut que je vous dise  la vérité.  L'année dernière j'ai résilié  mon abonnement. Je n'étais pas content, et je vous l'ai d'ailleurs écrit.
Je le priai de me rappeler les termes de sa lettre et le motif de son mécontentement.
-  Les termes, je n'en parle pas. Ils étaient un peu vifs, et je les regrette maintenant, parce que depuis, j'ai eu satisfaction. Voilà : je suis cyclotouriste. On ne parle  jamais de nous dans la presse.  Vous étiez les seuls à passer des photos des cyclos lors de la Polymultipliée. Et  voilà que l'année dernière, vous avez fait comme tout le monde. Vous les avez supprimées. Ça m'a mis en colère...
-   Et   depuis ?
- Depuis, vous avez passé plusieurs photos de sorties et des lettres de « cyclos » dans votre Courrier des Amis. Mais il y a mieux à faire. Vous parlez toujours des coureurs professionnels. Pendant le Tour de France, vous leur consacrez tout votre journal. Mais ne croyez-vous pas que les cyclotouristes sont au moins aussi amoureux qu'eux de la bicyclette? Et nous, c'est pour rien, demandez aux marchands de cycles ce qu'ils pensent de nous, et si nous ne sommes pas des bons clients. Vous n'avez jamais fait un reportage sur nous, et vraiment cela nous ferait plaisir.
L'idée   était   intéressante.  Je  n'osai   même  pas   lui  dire  que  nous  y  avions déjà   pensé.
- Au   début   d'août   nous   avons   la   Semaine   Cyclotouriste   en   Corrèze. Pendant huit jours nous faisons des sorties dans toute la contrée. Si vous veniez ?
Il  y avait  un peu clé défi dans l'invitation, et quelques grammes de scepti­cisme.  Et même lorsque j'ajoutai :
- Eh bien, c'est entendu. J'y serai.
C'EST   parce   qu'il   était   sceptique   en   juillet   qu'il   ouvrit   de   grands   yeux lorsqu'il vit la voiture de « Miroir-Sprint » devant l'Auberge de Jeunesse d'Ussel se tenait la  permanence de la Semaine.
- Alors, vous êtes venu ? C'est chic. Je reprendrai mon abonnement (sic).

Eh bien, c'était surtout chic pour le journaliste, parce que les cyclotouristes, ce sont des gens qui valent la peine d'être connus. Aucune pompe dans l'orga­nisation de la Semaine Cyclotouriste, pas de banquets pour les dirigeants, mais de  la   gentillesse,  de  la  simplicité...  et  des membres  actifs.   Aidé  de  mon  ami l’Albigeois, je  fis rapidement  la  connaissance des  personnages caractéristiques de  l'important  peloton  que   j'allais  accompagner  pendant  quelques  jours,   pour tenter de bien  pénétrer  l'esprit de ces balladins de la  petite reine.

Et d'abord, je fis mieux connaissance avec mon guide lui-même. Il était là avec toute sa famille, juchée sur deux engins:
1) un tandem sur lequel prenaient place, outre lui-même et sa femme, leur fille pour laquelle un petit siège avait, été accroché sur le porte-bagage.
2) un joli petit vélo pour leur fils, qui se destine à la course dans un avenir encore assez lointain, mais qui possède déjà l'esprit de compétition
Le père,  lui, ne l’a  pas et  pour cause :
J'étais prisonnier en Allemagne. Lorsque je suis rentre en 1945, tous les copains suivaient des régimes fortifiants, se faisaient faire des piqûres. Moi j'ai préfèré me mettre au vélo. Mais ce n'était pas tout, il  fallait encore convaincre ma femme.
li y réussit parce que les « cyclos » font du prosélytisme comme M. Jourdain faisait de la prose : ils ne cherchent pas à vous convaincre que leur sport est le plus beau de tous, mais comme ils le pensent profondément, ils le disent, ils le répètent, et ils font des adeptes parmi leurs proches.
LES cyclotouristes se recrutent dans les horizons les plus divers. Pas seule­ment géographiquement. Bien que ceux présents à Ussel soient venus des quatre points cardinaux : de Marseille, de Paris, de Caudry (Nord), de Digne, de Nantes, de Pau, de Lorient, de Nancy.  On rencontre aussi  parmi  eux tous les  corps de  métier.  A   Ussel.  il  y  avait   des  manœuvres,  des  ingénieurs,  des instituteurs, des commerçants. Il ne manquait que des oisifs. Mais- ceux-là, c'est bien connu, ne font  pas de bicyclette
II y avait également tous les âges : le plus jeune avait huit ou dix ans et le plus âgé 70. Ce dernier mérite qu'on s'arrête un peu sur son cas. En réalité M. Bolle n’a que 69 ans et quelques mois, mais à cet âge-là, on se vieillit par coquetterie, surtout lorsqu'on suit des jeunes gens à vélo. Il a connu les grands champions de la belle époque, comme le prouve une photo qu'il me montra et qui le représente en compagnie d'Henri Pélissier... et de Georges Carpentier. Pourtant il avait abandonne la bicyclette.
Pensez! J'ai passé 25 ans chez Citroen et 24 chez Panhard. me dit-il avec un accent franchement faubourien. Alors la mécanique ça me connaissait. Tant que j'ai eu ma femme en vie, j'avais ma voiture, parce que le vélo, elle ne pouvait pas en faire. J'ai été veuf à 61 ans. Alors, pour me changer, j'ai laissé tomber la voiture, et j'ai pris la bicyclette...
Ça ne s'invente pas ! Et depuis, il court les routes avec ses amis les cyclos. Il est venu de Paris en deux étapes, comme beaucoup d'automobilistes en vacances. Pourtant, il ne faudrait pas croire que c'est un cyclotouriste débutant :
  J'ai obtenu le premier brevet d'Audax le 26 août 1906. Du moins je crois être le premier. S'il y en a de plus anciens que moi, j'aimerais bien les retrouver par votre journal. C'est quand même malheureux qu'on se perde de vue comme ça.
Il ne lui vient même pas à l'idée qu'ils aient pu disparaître. Et quand on le voit pédaler, le corps un peu affaissé, mais allant bon train, je vous l'assure, on a en effet du mal à imaginer que de tels rocs puissent disparaître un jour. Je me suis pourtant risqué à une question, celle qu'on pose d'ordinaire aux champions vieillissant :
— Mais vous  n'envisagez  pas d'abandonner  le  vélo ?
Il  ma  regardé,  ahuri   :
  Abandonner ? Pourquoi ?
Oui, pourquoi ? On se le demande... Un autre cyclotouriste, M. Vittore -le père de l'actrice Renée St-Cyr- a bien 83 ans, lui. Et celui-là non plus ne songe pas à abandonner
C'EST d'ailleurs tellement logique. On est bien obligé de renoncer un jour à la compétition, qui demande à l'organisme des forces jeunes et sans cesse renouvelées. Rien n'oblige à renoncer à la promenade à bicyclette.
Les cyclotouristes se divisent, au sein de la Fédération Française de Cyclo­tourisme (F.F.C.T.) en trois catégories essentielles :
1) les Cyclo-sportifs, qui se rapprochent beaucoup de la course, puisque leurs temps sont pris, qu'ils recherchent la performance chronométrique. Ceux-là sont des athlètes du vélo. Ils auraient pu faire d'excellents coureurs, mais pour des raisons diverses, peut-être simplement parce que la vraie course est tout de même plus exigeante et plus absorbante, ils préfèrent l'ambiance du cyclotourisme. Mais ce sont des champions dans leur genre. On n'a pas oublié que le record de l'escalade du col de la République fut détenu par un cyclo-sportif jusqu'à ces derniers mois.
2) Les Randonneurs, ce sont les spécialistes des grands raids ou comme ils disent, des grandes diagonales. Ainsi. M. Anselme, un instituteur de Marcpux près de Digne, est un randonneur. Et comme je lui demandais de m'énumérer quelques-uns de ses raids, il m'énonça froidement :
—  Messine-Gibraltar. Trois mille cinq cents kilomètres en 16 jours, 7 heures.
Une  diagonale.
—  Calais-Brindisi...
Consultez une carte, vous vous rendrez compte que ça fait une sacré diago­nale. Mais Messine-Gibraltar en 10 jours il y a de quoi rêver, même en y ajoutant les 7 heures supplémentaires .
Les cyclo-sportifs, comme les randonneurs, préparent leur grande épreuve, Paris-Brest et retour, qui doit avoir lieu en 1961. Douze cents kilomètres, une formalité pour eux ! En attendant, en 1960, ils se rendront aux Jeux Olympiques de Rome, toujours a la force du jarret.
3) Les contemplatifs. Je n'invente rien. C'est leur nom. D'ailleurs j'aime cette logique qui fait désigner les gens par leur nom. Ce sont en effet des contemplatifs. Lucien Vacher, le dévoué organisateur de la Semaine, les définit ainsi :
—  Ce sont les cyclotouristes qui font du vélo pour se promener, pour visiter des sites, des curiosités.
Pour contempler en quelque sorte. Ils étaient, inutile de le dire, les plus nombreux au rassemblement d'Ussel. Car en "Corrèze, il y a de quoi contempler, à s’en mettre plein les yeux !
IL y a vraiment un esprit cyclotouriste. Il suffit de suivre une sortie pour s’en convaincre. Vous pensez bien qu'un groupe de plusieurs centaines de cyclistes comprenant des hommes et des femmes dont l'âge varie entre 10 et 70 ans ne peut rester compact. Il y avait là quelques jeunes gens de 15 à 25 ans dont le style n'aurait pas déparé un peloton d'interclub. Le coup de pédale était nerveux, et l'on sentait dans les mollets des envies de démarrage.
Pourtant, personne ne cherchait à épater. D'ailleurs, personne n'était prêt à se laisser épater. Chacun roule à la vitesse qui lui fait plaisir. Les jeunes gens caracolent à l'avant, jouent du dérailleur, s'amusent à la course, pas trop sérieusement. Les familles roulent groupées, admirant le paysage, échangeant des propos de vacances. De temps à autre, on voit un cyclo arrêté.
— J'attends la famille Untel. Ils n'ont pas crevé ?
La crevaison est le lot commun des cyclistes. Mais ici, on attend toujours les attardés, on les aide à réparer, et on repart ensemble, heureux de se retrouver. Dans les sorties, il y a des relais. Tous les 10 ou 20 km selon la longueur des parcours, tout le monde fait halte. La caravane se regroupe, du premier au dernier. On échange des impressions sur la route, sur ses difficultés comme sur ses beautés. Si le programme le prévoit, on visite quelques sites célèbres, un barrage, une usine hydro-électrique.
Alors sortent les caméras. Car les appareils photographiques et les caméras paraissent indispensables au cyclotouriste organisé, comme au touriste ordinaire. Et les appareils sont généralement aussi perfectionnés que les bicyclettes.

AH   les   bicyclettes,   quelle   merveille !   J'ai   vu   à   Ussel   quelques-unes   des plus belles bicyclettes qui puissent se voir  dans  le monde : des cadres merveilleusement   travaillés,   un   soin   véritablement   prodigieux   dans   le détail   de   l'équipement.   Les   constructeurs   de   ces   bicyclettes   cyclotouristes (constructeurs justement renommés d'ailleurs, et dont le plus célèbre est René Herse) sont vraiment des artisans de grand talent. Le prix de certaines machines approche des 100.000 francs, mais ce n'est pas trop pour posséder pareil bijou (il  n'est  toutefois  pas  besoin  d'un  vélo  à   100.000 francs  pour  faire  du  cyclo­tourisme).
Naturellement une bicyclette « cyclo » ne ressemble absolument pas à un vélo de course. L'un recherche la plus grande vitesse, l'autre le plus grand confort. C'est la différence entre la voiture sport et la berline de route. Tout est différent, y compris et surtout les braquets. Ici, on ne se vante pas d'un 53 x 14 ou d'un 55 x 15, comme dans le Tour de France. Mais, comme la pente était dure pour remonter du barrage de Marèges, une jeune fille d'Argenteuil déclara :
  Moi je monterai avec mon 28x24.
Avec un aussi petit braquet, il parait qu'on monterait un mur ? Cette jeune fille, d'ailleurs, m'intriguait. Elle a 17 ans, un coup de pédale de championne, et personne ne peut la lâcher parmi les hommes. Pourquoi a-t-elle choisi le cyclotourisme ?
-  Parce que la course est  trop dure, étant toute jeune. Mais l'année pro­chaine, je m'y mettrai peut-être.
Elle fera parler d'elle, sans aucun doute. D'autres jeunes m'ont répondu la même chose :
- On ne devrait pas faire de course avant 18 ou 19 ans. Mais avant, il faut commencer à faire du vélo. Nous sommes très bien avec les cyclotouristes.
Beaucoup donc pensent à faire de la course plus tard. Certains pourtant n'y ont jamais pensé et n'y penseront sans doute jamais. Ils sont heureux de pratiquer le sport de cette façon. Et ils n'ont pas tout à fait tort, car les trois catégories de « cyclo » offrent à tous le plus grand choix pour pratiquer ce .sport avec l'intensité qu'ils désirent. C'est une formule excellente. Au fait, combien y a-t-il de « cyclos » en France ?
8000 licenciés environ à la F.F.C.T, m'a répondu Lucien Vacher. Mais nous sommes dans un sport où nombreux sont les adeptes qui ne prennent pas de licences. C'est par dizaines de milliers qu'il faut compter les Français qui pratiquent le cyclotourisme exactement comme nous. Le plus curieux d'ailleurs c'est que la plupart du temps, ils finissent par se grouper pour les sorties. Mais il ne leur vient que rarement à l'idée de créer un club.
Rien n'est pourtant plus simple que de créer un club cyclo et cela donne tout de même aux adhérents de nombreux avantages.
IL y a donc le cyclo qui refuse la vieillesse, celui qui ne veut pas encore taire de course. Il y a cet instituteur dont nous parlions plus haut, qui a commencé la bicyclette à 30 ans. parce qu'auparavant il faisait de l'athlétisme, et qu'il a trouvé plus drôle, une fois la prime jeunesse passée, de se promener à vélo que de continuer à tourner autour d'une piste. Il y a d'anciens coureurs cyclistes qui  ont  trouvé  là  un  aliment  idéal  à  leur passion.  Tel  cet  ancien  sociétaire de l'U.S. Vésinet qui, devant abandonner un jour sa fine bicyclette de course, acheta un tandem.

  Ma femme aimait   le  vélo.  Alors  nous  avons commencé  à   parcourir   les
routes en tandem. Et puis nous avons eu des enfants. Nous les avons d'abord transportés en paniers, puis lorsqu'ils ont été plus grands, nous avons acheté un autre tandem. J'en dirige un et ma fille est derrière. L'autre est conduit par ma femme, avec le fils derrière.
Elle a moins de chance, la maman. Parce que le fils, il marche rudement fort. Et sa pauvre mère en entend de sévères :
- Allez, maman, appuie un peu. Tout le monde nous passe.  Vivement que j'ai mon vélo, je te jure !
Authentique. Heureusement, il aura bientôt son vélo, papa l'a dit devant nous et plus tard il pourra courir. Sa place derrière maman, elle sera bientôt prise par un autre frère qui grandit. C'est comme ça que pousse dans l'harmonie une famille cyclotouriste.
IL y a aussi de plus jeunes couples. L'un d'eux est de Nantes. Mari et femme sont aussi passionnés de randonnées à bicyclette. Mais un jour il y eut un bébé. Que croyez-vous qu'ils firent ? Ils achetèrent une remorque, et c'est le papa qui promène -depuis l'âge de 3 mois- son futur partenaire. Car bien sûr, là aussi, la solution du tandem s'imposera bientôt.

CE sont des  types  formidables, ces cyclos.   Voilà  notre conclusion.  Ils sont sains,   joyeux   ‘et  comment!),   ils  ont  un  sens  aigu  de  la   solidarité.   Ils aiment les grandes routes et les petits chemins, et la nature (50 % d'entre eux sont également campeurs, évidemment). Ils sont tous mécanos jusqu'au bout des ongles, et la bicyclette la plus compliquée n'a pas de secret pour eux (une chose que les coureurs professionnels actuels ne pourraient pas tous affirmer). Et  surtout  ils ont  su  allier  à  leur  goût  sportif  un  désir  de   connaître,  de s'instruire qui en fait des hommes complets.
Nous espérons bien avoir le plaisir de les retrouver souvent, et de plus en plus nombreux !

1 commentaire:

  1. Bonsoir,
    Merci pour cet hommage à ce grand monsieur dont j'avais su le décès en parcourant par hasard L'Humanité-Dimanche.
    J'appréciais ses avis toujours éclairés dans Miroir-Sprint et le Miroir du Cyclisme. Une de ses chroniques s'intitulait "Les compagnons du Tour de France", un très beau titre pour ces coureurs qui construisaient leur chef-d'oeuvre sur les routes de juillet.
    C'était un temps où avec les Abel Michea, Antoine Blondin, Pierre Chany et bien sûr Maurice Vidal, le journalisme sportif était bien plus que du journalisme. J'aurais rêvé qu'au collège, on m'enseignât les finesses de la littérature avec ces auteurs. Heureusement pour moi, je n'avais qu'à puiser dans les collections de mon papa dans le grenier attenant à ma chambre.
    Orphelin de ces brillantes plumes, je n'ai comme seule ressource de me replonger dans les précieux magazines que je conserve jalousement.

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