1959

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samedi 4 février 2012

Critérium Cyclotouristique des Alpes 1935 (7) : Les résultats

Pour finir cette série de messages qui nous a faits revenir presque 80 ans en arrière, il me faut évoquer les résultats de ce Critérium.

Classement bicyclettes
       1.   REYHAND (Bernadet). +13 pts
       2.   HELYETT   (J.   Simon),  + 12 pts
       3.   Ravat   (Oudard), 0 point
       4.    R.P.F. (Chardon) —1 pt
       5.   R.P.F.   (Charrillat),   —2   pts 
       6.   Helyett (Cointepas), —3   pts  
       7.   R.P.F.   (Baquet), —10 pts
       8.   Libéria (Darchieux), —16 pts
       9.   Ravat (Maysonnabe), —16 pis
10.               Olympique (Limon), — 22 pts
11.               Barra (Antonin), —25 pts
12.               Helyett (Marmonier). —28 pts
13.               La Francaise (Richard), —28 pts
14.               Alcyon (Husson). — 29 pts
15.               Barra (Brunel), - 31 pts
16.               Ravat (Véron), - 31 pts
17.               R.P.F (Cottard), -33 pts
18.               Pitard (Pitard), —34-pts
19.               Alcyon  (Landrieux), —41 pts
20.               Grimault (Meurisse), —62 pts
21.               Fouhéty   (Theil),  —68 pts
22.               Helyett (Berthaux), -76 pts
23.               Barra (Voisin), - 78 pts
24.               Chemineau (Panel), - 83 pts
25.               Pitard (Ruard), -83 pts
26.               Pitard (Ruard), —104 pts
27.               Aquila (Fourmy), —108
28.               Chemineau (Chomard),-116 pts
29.               Pitard (Baretaud), —132 pts
30.               Chemineau (Manzatto), —140 pts
31.               Veloriz-Wonder (Sounalet), —152 pts
32.               Veloriz-Ravat (Martin), —300 points.


Classement   tandems
1.    NARCISSE    (Montarnal-J.   Georges), —123 pts.

Coupe Hutchinson
  1.   R.P.F (Chardon, Oliarillat et Bacquet), 16 pts
  2.   Helyett, 20 pts
  3.   Ravat 28 pts
  4.   Etablissements Gentil, 37 pts
  5.   Barra, 49 pts
  6.   Pitard, 73 pts
  7.   Chemineau, 77 points.

Classement vitesse
  1.   COINTEPAS (Helyett), moyenne : 24 km 276
  2.   Bernadet (Reyhand), 22  km 864
  3.   J. Simon   (Helyett)   et   Manzatto   (Chemineau), 22 km 560
  4.   Maysonnabe (Ravat) 21 km 228
  5.   Chardon (R.P.F), 20 km 838 
  6.   Oudard (Ravat),  20 km  316
  7.   Cottard (R.P.F), 20 km 076.
                                      ]

Les conclusions de l'article de Jean Sapeur en offre fort complète.
"...La   meilleure   moyenne   générale   de  l’épreuve est de 24 km. 276, réalisée par Cointepas, sur son Helyett-Hutchinson « Spéciale Randonneuse », ce qui prouve la   valeur  de  la  construction  de Sully-sur-Loire.
Mais un concours de machines n'est pas une course. Ce n'est pas toujours celui  qui  se conduit en  coureur qui enlève l’épreuve.
Le « vainqueur-technique » est le Lyonnais Bernadet, sur Reyhand de 10kg500, merveille de mécanique et de précision qui fait honneur au constructeur lyonnais.
La Coupe Hutchinson est gagnée par la firme stéphanoise R. P. F confirmant ainsi ses victoires antérieures.
Je ne terminerai pas sans omettre de vous parler de la magnifique équipe Montarnal-J. George qui fit un magnifique cavalier seul dans la catégorie tandem. J’ai admiré les équipiers à la cadence souple et synchronisée, mais plus encore leur tandem Narcisse de 20 kg à la ligne et à l’équipement si séduisant.
Une  mention   spéciale  au  Véloriz   de Sounalet,   construit   par   les   Etablissements   Ravat-Wonder,   qui,   classé  dans la catégorie bicyclette, termina l’épreuve  sans un point de pénalisation technique. Est-ce la solution de l'avenir ? Peut-être ?.
...Nous  tenons   à  faire   remarquer   que la majeure   partie   des   concurrents du Critérium Cyclotouristique des Alpes avait adopté  pour la construction  de  leur cadre,  les  tubes, les bases,  montants   et fourreaux  Reynolds   HM qui   leur  assuraient  la  solidité et la légèreté en même temps.
La plupart des concurrents montaient également la tige de  selle  Reynolds en Hiduminium.
En outre,  nous signalons à nos lecteurs que pour la première fois nous avons  vu dans une   compétition   de   l’importance  du Critérium Cyclotouristique des Alpes, des bicyclettes   équipées   avec  le   fameux   nouveau guidon  Reynolds en Hiduminium R.R 56 qui est le plus léger en même temps que le plus résistant.
Le nouveau guidon  Reynolds en Hiduminium R.R 56  a remporté du reste un succès de tout premier ordre et fera parler de  lui dans toutes les grandes épreuves à venir."
Je relèverai pour ma part la bonne performance de René Chardon et de ses "équipiers" de la firme RPF. Monsieur Rivollier, constructeur de cycles à Saint Etienne dut en être fort content.
Un article de "L'Auto" (?) signé du "patron" du Critérium, Claude Tillet, aborde ces résultats à la rubrique cyclotechnie.
Huit machines ont terminé le Critérium cyclotouristique des Alpes (Grand prix duralumin) sans pénalisation mécanique.

Le classement du Critérium cyclotouristique des Alpes donne lieu a d’intéressantes constatations, dont il convient de tirer des enseignements importants.
C’est ainsi qu’un rapide pointage permet de se rendre compte que huit machines sur les trente-trois classées, terminèrent sans la moindre pénalisation d’ordre mécanique.
Ne trouvez-vous pas extraordinaire que huit vélos se soient retrouvés rigoureusement intacts à Grenoble, au soir de l’ultime étape, après quatre grandes journées passées sur la route, après avoir gravi quatorze cols alpins, dévalé autant de descentes souvent ravinées, pris un nombre incalculable de virages, subi des milliers de coups de freins, franchi une multitude de passages en rechargement ?
Comment, après ces 623 kilomètres, ils n’avaient pas encouru la moindre pénalisation ? Pas de jeu dans le pédalier, les moyeux, la direction ? Pas de rayons cassés ? Pas de freins déréglés ? Mais oui ! Et c’est tout à l’honneur des constructeurs de ces huit machines : l’Helyett de Joël Simon, le Ravat d’Oudard, la R.P.F de Charillat, l’Olympique de Limon, la Barra d’Antonin, la Pitard pilotée par son constructeur, la Chemineau de Gentry ; et, enfin le Véloriz de Sounalet qui prouva ainsi l’excellence de sa réalisation après avoir démontré l’intérêt de sa conception.
Notez bien que ces machines représentent sept firmes, que trois d’entre elles (celes de Gentry, d’Antonin et de Pitard) roulent depuis de longs mois déjà et n’avaient pas été préparées spécialement pour le critérium… Et convenez que l’industrie française du cycle atteint des sommets d’où il sera difficile de la déloger.
Mais notez encore que d’autres machines pénalisées n’ont nullement déméritées. Le plus bel exemple qui puisse être donné à ce sujet nous est fourni par la Reyhand de Bernadet qui « écopa » 5 points pour jante bosselée. Or, savez-vous comment cette jante avait été bosselée ? Par un gravillon projeté par la roue arrière d’un concurrent ! Les commissaires appliquèrent le règlement et eurent parfaitement raison, mais on doit reconnaître que ni la construction Reiss ni la fabrication Mavic ne sont responsables  de ce minime autant que curieux incident !
Les temps et les moyennes réalisées donnent également  lieu à des observations pleines d’attrait. Sachez, tout d’abord que huit concurrents seulement réalisèrent une moyenne supérieure à 20 Km/h. Voici l’ordre dans lequel ils se classèrent officieusement (du seul point de vue de la vitesse)
Cointepeas (Helyett) 24,276 Km/h
Bernadet (Reyand) 22,864 Km/h
Simon ((Helyett)  et Manzatto (Chemineau) 22,560 Km/h
Maysounabe (Ravat) 21,228 Km/h
Chardon (R.P.F) 22,838 Km/h
Oudard (Ravat) 20,316 Km/h
Cottard (R.P.F) 20,076
Ceux-ci se classèrent respectivement au classement absolu : 6ème, 1er , 2ème , et 30ème , 9ème, 4ème, 3ème et 17ème .
Comme on le voit, la vitesse a eu un effet heureux pour certains, malheureux pour d’autres. On peut admettre en effet, que plus la moyenne est forte, plus la bicyclette travaille, et plus elle doit être robuste et bien réglée. Encore faut-il tenir compte aussi, du poids enregistré au départ : Manzatto fut handicapé par le poids de sa machine personnelle vieille d’un an, et c’est ce qui explique en partie qu’il est à28 places d’un homme ayant fait la même moyenne que lui.
Et puis, il faut l’ajouter, tout comme il y a de bons et de mauvais cyclistes, il y a de bons et de mauvais pilotes de concours. Il y avait, dans les Alpes, des gens incapables de dévoiler une roue et, au contraire, des gens susceptibles de réparer une chaîne par les moyens du bord. Ou-comme nous l’avons vu- de percer un trou dans une flasque de moyeu pour pouvoir remplacer un rayon qui, trop tendu, avait fâcheusement agrandi le perçage à lui réservé.
Ceci tend à prouver que l’homme joue, en tout et partout, un rôle important dans la marche de la machine, et que le classement strictement mécanique est chose difficilement réalisable. Hélas, il nous faudra nous contenter de ce que l’on ose à peine appeler un « à-peu-près » tant qu’on ne pourra pas placer sur l’engin des « robots » du même poids, de la même force et de la même souplesse !
Claude Tillet

Par ailleurs tous les "confrères" saluent le succès des dérailleurs "Cyclo" !
"...Le dérailleur Cyclo s'adjuge les neuf premières places du classement bicyclette, gagne avec le beau tandem "Narcisse" de Montarnal et George et a contribué au gain de la coupe Hutchinson par RPF.
Cyclo classe en outre, 22 machines sur 33 arrivantes. Proprtion écrasante..."
Dans son numéro de septembre, "Le Cycliste" note "...le triomphe de "Cyclo" qui équipait la majorité des machines : mais Cyclo est habitué au succès !"
Est-ce ce même dérailleur qui faisait merveille dans les Alpes en 1935 qui équipe aujourd'hui mon "Chardon" ? Mystère... En tout cas, il devait y ressembler !
Pour en finir avec ce Critérium Cyclotouristiques des Alpes 1935, premier du nom, je reprendrai les propos du "Cycliste" :
"...Donc succès sur toute la ligne, et nous sommes heureux d'en féliciter "L'Auto", qui est prise pour le cyclotourisme et la cyclotechnie, d'un zèle évidemment intéressé, mais, à nos yeux, seul le résultat compte, et ce résultat, nous sommes heureux de l'enregistrer et de penser, en toute sincérité, qu'il contribuera à une large diffusion de la machine traditionnelle de cyclotourisme...."
Intéressé Henri Desgranges, patron de  "L'Auto"  et du Tour de France ?
Peut-être plus que ne le croyait l'auteur de ces lignes. En effet, en 1937, les coureurs du Tour de France étaient autorisés pour la première fois à utiliser un dérailleur sur leurs machines de course (alors qu'il était déjà autorisé dans d'autres compétitions) mais ce ne fut pas un "Cyclo"...
Ce Critérium des Alpes 1935, ne fut-il pas pour l'inventeur du Tour un banc d'essai grandeur nature du dérailleur ? Qui sait ?

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