1959

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mercredi 11 décembre 2013

TACHAN a écrit "On n'est qu'des boyaux..."

Quand j'ai monté des roues à boyaux sur mon vélo H.  cela me fit penser à une chanson de Tachan. 
Oui, c'est écrit sur la liste des chansons. : "On n'est qu'des boyaux". Chanson enregistrée en 1983.
Et je possède, encore, la cassette audio, en état de marche. Je peux même l'écouter quand je répare, bricole, un vélo.
Mais, je n'ai pas que ça !
En 1982, Dargaud (généralement éditeur de BD, mais pas que, la preuve...) fut bien inspiré de publier 4 volumes de 50 textes de chansons de Tachan. 
Oui, oui, ça doit faire dans les 200 chansons de Tachan... C'est pas rien ! Une oeuvre, quoi !
Dans ce volume 1, c'est Cavanna, François, qui écrit la préface :
"... Ce qu'il n'aime pas Tachan, il le déteste. Très fort. Mais ce qu'il aime, il l'aime à la folie. Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de choses qu'il aime, Tachan, que de salauds qu'il n'aime pas. 
Tachan est un enfant qui ne grandira pas. Il a le coeur, Tachan, grand comme l'univers. Et la voix de Tachan est un géant de fer capable de porter ce coeur à bout de bras.
VAS-Y, TACHAN !"
Et en plus, pour chaque chanson, il y a un dessin, de Reiser, de Wolinski, de Cabu, de Siné... et de tant d'autres qui dessinèrent dans Charlie Hebdo et Hara-Kiri de la grande époque ! Excusez du peu...
Dans le volume 3, il y a le texte de la chanson qui m'intéresse aujourd'hui.
Et le dessin l'illustrant est de Gébé.
Je trouve même une certaine ressemblance entre ce personnage et le "vrai" Gébé.
Le vélo, la bicyclette, comme métaphore de la vie, nombre d'auteurs l'ont faite.
Elle est ici particulièrement pertinente quand Tachan évoque, par exemple, le campionissimo Fausto Coppi.
"Roule, roule, baisse bien la tête,
Ton Tour du monde est fini."
Fausto Coppi mourut en 1960 de la malaria, contractée lors d'une tournée en Afrique.
"...Tu crèveras au bout de la course, pauvre Fausto..." 
Fausto Coppi, comme tous ses collègues de l'époque glorieuse du VELO portait autour des épaules un BOYAU, comme sur cette photo de la première ascension de l'Alpe d'Huez au Tour de France en 1952.
Tout comme Jean Robic qui est encore dans la roue du futur vainqueur du Tour.
"Roule, roule, petite bicyclette,
Sur les pavés, sous la pluie."
Ici lors du Paris - Roubaix 1973.
"On n'est qu'des boyaux,
Même si parfois il est jaune-soleil ton maillot..."
Jacques Anquetil et Charly Gaul, deux héros antiques... du vélo !
"On n'est qu'des boyaux,
Tu finiras lanterne rouge contre un chrono..."
En 1969, Pierre Matignon est dernier au classement général du Tour de France à 2 jours de l'arrivée à Paris. 
A 50 kilomètres de l'arrivée au Puy de Dôme, il s'échappe et prend plus de 6 minutes d'avance au peloton. A l'arrivée au sommet, il conservait plus d'une minute d'avance sur le Cannibale, Eddy Merckx.
Cette victoire permit à Pierre Matignon de céder la fameuse lanterne rouge à André Wilhem  qui se fit visiblement un plaisir de l'installer sur son vélo "Lejeune" pour la dernière étape qui ne fut pas un contre-la-montre !
"On n'est qu'des boyaux,
Il s'en fallut de peu qu'ils réclament ta peau..."
Je terminerai ce message par cette jolie photo de Bottechia, vainqueur du Tour en 1924 et 1925. De lui, hélas, "ils" eurent la peau. En effet, on le retrouva mort près de son vélo, sur le bord d'une route italienne en 1927. Sur son lit de mort, des années plus tard, un paysan s'accusa d'être l'auteur du crime. Bottechia serait-il mort pour avoir volé quelques cerises ?...
Les photos illustrant cet article sont issues de ma collection personnelle de Miroir Sprint, Miroir du cyclisme et des coffrets "Archives photographiques du cyclisme".

6 commentaires:

  1. Un bien chouette article sur un chanteur dont je découvre le nom ce soir!!!
    J'vais me renseigner...
    Prochain chanson étape: "le tord-boyaux" de Pierre Perret, peut-être?
    Rien avoir avec le vélo.... encore que, te connaissant, tu trouveras bien un lien!!!

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  2. Je n'avais pas pensé au Tord-boyaux, mais en ce moment y'a le cidrier qui rôde dans nos campagnes... alors.
    En ce qui concerne Tachan, qui chante toujours, je crois, il n'y a presque rien à jeter. Les textes sont ECRITS, la voix est superbe et la musique aussi et c'est souvent assez iconoclaste. Je conseille "la pipe à pépé", "quoi de plus redoutable qu'un pet", "Tarzan" et dans un autre registre "Rire", "Dors, bonhomme", ""La vie"... Y'en a plein ! Un grand BONHOMME, quoi.

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  3. PS : Tachan, c'est moins bien que LEPREST (celui que je préfère) mais c'est mieux que Béranger. J'avoue que le dernier Stromae n'est pas mal du tout (un petit jeune à la mode qui chante juste) quand celui de Loïc Lantoine est excellentissime !

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  4. Je partage ton avis sur Stromae. Je pense même que son écoute (je veux dire, la vraie écoute, celle où on s'assied pour comprendre) ferait du bien à toute une génération qui chante Papaoutai sans se rendre compte du contenu du texte!
    Quant à Loïc Lantoine que je ne connais pas, je vais aussi me renseigner!!!
    A bientôt!!

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  5. Henri Tachan fait partie de ces artistes dont le talent fut méprisé par les médias. Heureusement, comme Leprest, il avait son public. Je le vis sur scène en première partie de Leny Escudero, au début des années 1970. On lui collait une étiquette de chanteur "rive gauche" qui n'a plus aucune signification aujourd'hui.
    Cet article est un bonheur. Les pochettes de disques me renvoient à la belle époque où tous les trublions de Charlie Hebdo furent mes compagnons de quelques mois.
    Et puis, Fausto Coppi et ... Anquetil, les belles photos du Miroir du Cyclisme ...
    La nostalgie est ce qu'elle était, du moins pour moi, grâce à vous.
    Merci. Bien cordialement.
    Jean-Michel

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  6. Bonjour Jean-Pierre,
    Bien trop longtemps que je n'avais pas lu tes articles !
    J'en profite pour ajouter le lien vers ton blog dans mon site web, rubrique Passionnés de Cyclotourisme
    A+, Hubert

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