1959

1959

jeudi 17 mai 2012

Cyclistes, sortez couverts !

L'hématome que j'ai à la hanche (un gros oeuf ou un petit pamplemousse, au choix) ne dégonflant pas, j'ai consulté mon médecin qui m'a recommandé du repos et de la... patience. Cela devrait passer tout seul mais il faudra sans doute plusieurs semaines. Je fais grâce ici des photos de cette vilaine blessure, pas d'images trash qui pourraient traumatiser les enfants !
Mon casque m'a sans doute permis  d'éviter une blessure plus sérieuse. Depuis longtemps, je suis convaincu de l'utilité de cette modeste carrosserie.
Le 10 avril 1982 (jour de Pâques), alors que je participais à la course  d'Erdeven (56) sur le circuit de Kerhilio, je fus victime d'une chute. Je n'avais pu éviter le coureur qui me précédait lors d'une relance après un virage et qui venait de chuter lourdement. Nous fûmes tous deux conduits à l'hôpital d'Auray. Si je m'en tirais avec quelques égratignures, mon compagnon d'infortune avait la clavicule cassée mais surtout il avait perdu connaissance et délira tout le long du trajet en ambulance. J'avoue que cela me marqua fortement et me conduisit à porter le casque lors de toutes mes courses.

C'était un casque à boudin comme celui que portaient Maertens et Hinault lors du Liège Bastogne Liège de 1977. En ces années 70, le casque commençait à devenir un accessoire utilisé, surtout dans les classiques belges.
Les trois Flahutes Verbeeck, Leman et Dierrickx en portaient un à l'arrivée du Tour des Flandres 1972.
Pourtant jusque-là, le casque n'avait pas  été beaucoup utilisé par les cyclistes.
Avant-guerre (celle de 39-45), si certains rugbymen se protégeaient les oreilles, il n'y avait guère que les...



... stayers à se protéger la tête.
On peut reconnaître ici Victor Linart, le "démolisseur" de record qui est en 1924 le roi du demi-fond !








Les vitesses atteintes par ces champions les obligeaient en effet à se "carrosser" le crâne ! Le pilote de la moto devait en faire de même. Il pouvait même communiquer avec le cycliste grâce au "tuyau acoustique". On n'arrête pas le progrès !
Le dimanche 1er novembre 1925, Georges Brunier parcourait ainsi 120km 958m en 1 heure sur l'autodrome de Montlhéry ! Son casque l'eut-il vraiment protéger en cas de chute à pareil vitesse ?
Mais même les sprinters, les rois du Vél-d'hiv' ou de Buffalo, ne semblaient pas apprécier le casque !
Sur la route non plus, point de protection sur la tête ! A l'entraînement le béret fait très bien l'affaire comme ici, en 1930, quand Aerts, Fontan et les frères Magne  (de gauche à droite) escaladaient le Tourmalet en prélude du Tour de France.
En course, la casquette est de mise ainsi que les lunettes de protection. André Leducq les porte à merveille lors de sa première victoire dans le Tour de France.
A moins que l'on ne préfère le bonnet à pompon comme l'Australien Opperman lors de son Paris Brest Paris victorieux en 1931.
Après-guerre toujours celle de 39-45...), seul Jean Robic fut un adepte convaincu du port du casque ! 
En plus du surnom affectueux de Biquet, il hérita également sous la plume de certains de journalistes sportifs de celui de "Tête de cuir". Ce qui pouvait avoir deux sens différents étant donné son caractère... entier.
Dans ce numéro du Miroir du cyclisme, Pellos rend ainsi hommage à mon compatriote morbihanais en intitulant son dessin "Et pourtant il en reste encore..."
Ceci explique pourquoi le gars Jean appréciait son casque, non ?
Jusqu'aux années 80, je n'ai pas souvenir que l'on vit beaucoup de coureurs casqués à la une de Miroir du cyclisme. Sauf bien sûr celle-ci, de novembre 1972, qui relate l'heure mexicaine de M. Merckx !
Les années1980 marquèrent un tournant. En effet, si Roger De Vlaeminck portait encore le classique casque à boudins...
...et si Moser battit le record de l'heure à Mexico avec casque "riquiqui"...
...on vit apparaître de nouveaux casques, plus aérodynamiques, testés en soufflerie, surtout destinés à faire gagner du temps dans les épreuves solitaires. 

C'est aussi l'époque des vélos qui ressemblent de moins en moins à des... vélos.
Pourtant je pense que c'est le VTT qui permit de faire entrer dans les moeurs cyclistes le port du casque au quotidien. Grâce notamment à la mise au point de matériels fiables et pas désagréables à porter.
 Et si le casque porté par Sean Kelly lors d'un Milan - San Remo n'est pas des plus seyants...
..sans doute apportait-il plus de sécurité que celui de Fignon ! 
 Mais depuis, l'esthétique des casques s'est amélioré...
Aujourd'hui, le casque est obligatoire dans toutes les compétitions cyclistes. Il est recommandé (et largement porté) dans les organisations de la FFCT.
Depuis l'accident de Patrick l'an passé, je le porte à chaque sortie. 
L'autre jour, en Suisse, il m'a juste manqué un airbag autour de la taille...
Thomas Pips avait trouvé la solution pour continuer à rouler !

3 commentaires:

  1. Tu aurais pu faire le petit jeu de l'intrus(e). Moi je l'ai trouvée.

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  2. Trouvée aussi!
    Sinon, pour la tête, c'est "casque" je dis toujours aux enfants, qu'y faut sortir couvert à vélo!!!
    Prends soin de vous et à bientôt!!!

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  3. je n'ai pas suivi tes dernières péripéties, mais si j'ai bien compris, tu as eu une chute ?
    remets-toi vite, c'est tout ce que je te souhaite
    Casque, bien sûr, j'en suis convaincu !..et pour cause, il faut le mettre avant d'en avoir besoin, c'est comme la ceinture de sécurité ! ce n'est pas réservé aux pilotes de rallye...

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