1959

1959

lundi 28 avril 2014

Revoir Vesoul... (2)

Jeudi 17 avril

Après une bonne nuit de sommeil et un copieux petit déjeuner (surtout ne pas changer les bonnes habitudes !), je reprends la route. Je décide de changer mes plans pour rejoindre Langres et la source de la Marne. En effet, initialement j'avais prévu de suivre la fameuse voie verte que j'ai quittée hier. Je choisis un autre itinéraire par la petite vallée de la Suize.
Bonne pioche !
La route est belle, les paysages sont champêtres, la vie est belle.
Vive la Suize !
Il n'y a pas de voitures, je peux prendre le temps de musarder, de rouler le nez en l'air et de photographier quelques arbres comme je les aime.



Au fil de la route, je me demande si, plutôt que de créer des voies vertes (hors de prix, bien sûr...) et que l'on a du mal à entretenir, il ne serait pas préférable de baliser de petites routes, tranquilles, peinardes, calmes, pour créer des liaisons cyclistes douces (pour employer un terme à la mode).
Bien sûr, de temps en temps, il serait nécessaire de grimper, de "lever le cul" de sa selle...
Mais de toute façon, pour visiter Langres pas moyen de faire autrement que de remettre le 30 dents !
Car la cité médiévale de Langres se mérite !
Je vais faire ma première pause de la journée ici, dans la cité de...
Diderot.


Cartes postales de... Langres.

Puis, après cette pause touristique, je décide de rejoindre la source de la Marne.

"La source est située sur la commune de Balesmes, joli village sous lequel passe aussi le canal par l'intermédiaire d'un autre tunnel de quatre kilomètres qui a ébranlé l'église, laquelle est fermée depuis des lustres à cause de fondations devenues trop fragiles. 
La source est fort bien indiquée quand on est automobiliste, impossible à repérer quand on circule à pied. Je l'ai ratée plusieurs fois."
JP Kauffmann "Remonter la Marne" p. 261
Venant de Langres à vélo, je ne peux pour ma part rater la source de la grande rivière.
Je laisse mon vélo sur un belvédère qui domine le bassin de la Marne.
Et je pars à pied à la recherche de la source.
C'est un circuit en une dizaine d'étapes qui est proposé ici, avec à chacune d'elle un panneau explicatif (vive la pédagogie...).
Le chemin est verdoyant et calme.
Sans être spectaculaire, la falaise est étonnante en ce plat pays.




Et la Marne est là, telle une petite fontaine de n'importe où. 
"Enjambant les vignes et les vergers, je l'ai enfin trouvée au fond d'un val. Les arbres gainés de lierre y sont d'une hauteur vertigineuse. En ce mois d'octobre, les oiseaux chantaient encore..."
JP Kauffmann "Remonter la Marne" p. 261
En avril 2014 aussi...
Minuscule ruisselet sortant de terre.
Remontant sur le plateau, je casse une petite croûte. 
Contrairement à Jean-Paul Kauffmann, mon voyage continue. Je remets le cap à l'est.
Tournant le dos à Langres, là-haut perchée, je traverse Balesmes, premier village baptisé "sur Marne".
Je franchis la Marne originelle...
...qui n'est encore qu'un maigre cours d'eau.
Je roule maintenant vers une autre grande rivière  : la Saône. 
Et encore, et toujours, je circule sur ces petites routes qui font le charme de notre douce France.
De plaines en forêts de vallons en collines

Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson
Ma France


Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France


Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnait le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France


Ainsi, au fil de la route, me revient en mémoire cette chanson de Ferrat (qui fut interdite de diffusion par l'ORTF en 1969).
Tranquillement, de la Marne (Haute...) à la Saône (Haute, également...) me voici donc proche du terme de cette deuxième étape, la plus paisible peut-être.
Loin des troupeaux bêlants du panurgisme touristique (Là, je suis obligé de tenter un petit effet de ce genre...), je viens de passer une belle journée sur le vélo.
 Les arbres, bien entendu, ont accompagné mon voyage.
Les arbres boivent aux nuages...
Un seul arbre a autant de bras
Qu'une foule...
Les arbres sont des mains qui tremblent
Des mains jointes...
Je voudrais pour copain de seuil
Un seul arbre
Qu'il peigne du bout de ses feuilles
Sur le marbre
Le bout du ciel qu'il a touché
Et vers lequel j'ai tant marché...

Et La chanson de Leprest pour finir, ou presque...


Car j'y suis arrivé, à Vesoul !
Je passe devant la gare à 17H15, heure fort honnête pour avoir le temps de préparer mon casse-croûte pour demain (pas facile de trouver une épicerie...), rejoindre le même hôtel qu'en 2011, l'hôtel Ibis, réservé par l'ami Yves qui est le régional de l'étape, boire une bière en compagnie des collègues Fléchards...
Demain, 8H00, notre Flèche Vélocio démarrera devant cette gare.

3 commentaires:

  1. De belles photos et de belles chansons. A l'occasion, un enregistrement des chants d'oiseaux, ou de l'eau qui coule... Je suis preneur. A bientôt!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai raté le coucou : "Coucou ! Coucou ! Coucou !.........."

      Supprimer
  2. superbe voyage Merci ! t'as voulu voir Vesoul et voici VESOUL !!

    RépondreSupprimer