dimanche 12 juillet 2015

Mon Paris-Nice Audax 2015 (Première étape :Montgeron-Valence)

C'était l'un de mes grands objectifs cyclistes de cette année 2015.
Tout a commencé le dimanche 5 juillet...
... sur le parking d'un gymnase à Montgeron en banlieue parisienne.
Trente-huit cyclos, et six accompagnateurs de l'Union des Audax Français, vont prendre la route pour un périple de 75 heures découpé en trois étapes :
La première doit nous mener à Valence, soit 577 kilomètres, avec une nuit sur le vélo, en essayant de ne pas s'endormir. De toute façon, il n'y a aucun vélo couché au départ...
Par contre, il y a ce petit vélo, piloté par Judith la Galloise, l'une des deux cyclottes de notre peloton.
La deuxième nous mènera de Valence à Cannet des Maures, soit une étape de 319 kilomètres. 
Je sais déjà, avant de partir, que je roulerai en agréable compagnie avec Daniel et Olivier de Château Thierry et Alain de Villers Cotterets.
La troisième étape sera longue (ou courte ?) de 104 kilomètres, seulement ? dirons les jaloux... de Cannet des Maures à La Gaude.
Marc sera également un compagnon de route avec lequel j'aurai plaisir à rouler, il sera un des trois capitaines de route de ce brevet de longue distance.  Il y a également d'autres cyclos que j'ai côtoyés  lors de brevets Audax à Fontaine les Grés, chez l'ami Gérald. Et en particulier Jean-Michel qui a tracé le parcours de notre randonnée et sera le capitaine de route n°1 de cette randonnée.
 Tout est prêt pour le départ. Trois véhicules vont nous accompagner: une voiture ouvreuse, une "voiture-balai" et un fourgon qui transporte les bagages et le ravitaillement.
En 1903, le premier Tour de France prit son envol de ce café du"Réveil matin" à Montgeron.
Nous allons faire de même.
Après la photo souvenir, il est temps de prendre la route à 9 heures exactement. Les Audax aiment la ponctualité.
Nous allons tout d'abord suivre la vallée de la Seine par de petites routes peu encombrées en ce dimanche matin.
La Seine a de la chance
Elle n'a pas de souci
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et elle sort de sa source
Tout doucement, sans bruit, sans sortir de son lit
Et sans se faire de mousse
Elle s'en va vers la mer
En passant par Paris.
Jacques Prévert

En ce qui nous concerne, nous tournons le dos à  Paris et n'aurons pas de lit la nuit prochaine... Pôvres cyclistes !
Puis nous continuons vers la forêt de Fontainebleau, toujours en empruntant de petites routes fort sympathiques, de toute façon, les grandes routes semblent heureusement nous être interdites.
Et tranquillement, nous arrivons à notre première pause pour un ravitaillement bien mérité au parking de la forêt des Trois Pignons.
Pour ce deuxième tronçon, Marc me demande de l'accompagner en tête de peloton.
 Le long du Loing et sur les petites routes du Gâtinais, il est très agréable de rouler.
 A la Selle sur le Bied (un nom prédestiné pour le groupe de cyclistes que nous sommes et la selle à cet instant ne nous est pas encore douloureuse...), nous allons prendre le premier repas de ce long voyage.
Le menu est copieux et fort bon, de quoi nous redonner des forces pour la suite.
La suite, c'est la traversée de l'est du Loiret, avant de pénétrer dans le département de l'Yonne.
Avant 18 heures, nous atteignons Saint Fargeau par de petites routes assez ombragées.
S'il fait très chaud, cela n'a rien à voir, à mon avis, avec les jours précédents.
Pourtant, l'ombre de la halle et les boissons fraîches sont bienvenus.
Je ne suis pas le seul à être armé d'un appareil photo, certains, par exemple, chassent les sites des Brevets de Provinces de France.
Sur ces belles routes, il peut même arriver de faire de belles rencontres.
Etant donné la chaleur, un ravitaillement supplémentaire est organisé sur le parking d'un supermarché.
Beaucoup d'entre nous en profitent pour une petite pause-pipi.
Un nouveau slogan pour parodier celle de cette enseigne : "Les Mousquetaires de la miction !"
Avant la nuit, nous faisons halte au restaurant "La belle étoile" à Guérigny. Une petite toilette s'impose et une  tenue propre ne sera pas inutile pour la nuit.
Mais pendant ce temps, dans la salle du resto, le baloche bat son plein. Lejdc.fr présente ainsi ce lieu où nous arrivons de manière incongrue...
"Chaque dimanche après-midi, des dizaines de couples se retrouvent dans les dancings nivernais pour fouler les parquets, au son d’un orchestre de musette. Un rendez-vous immanquable pour les aficionados.

Pas un dimanche ne passe sans qu’ils poussent la porte de leur dancing. Le rendez-vous sur le parquet de danse est pour eux un rituel immuable, hérité d’une autre époque, sans playlist ni réseau social, mais avec de vrais échanges et une sacrée dose de convivialité. Ils viennent en couple, entre amies, parfois seuls, les habitués du dancing. Indémodable passe-temps pour les cheveux blancs et les fous dansants..."
Mais nous ne mangerons pas au son de l'accordéon. A 21H45, les musicos rangent leur matériel... Et cela me fait penser à cette chanson de Leprest.

Fini "Dansez–vous mad'moiselle ?"

Fini d' s'étourdir à plein ciel
Sous un parapluie d' feux d' Bengale
Et les confettis en pétale
Tombant dans les soutien-loloches
Fini les baloches
Fini le dernier tube d'Elvis
Pressé par l'accordéoniste
Et ses cent dix doigts au galop
Sur les pions d' son Cavagnolo
L' coup d' vent qu'éparpille les partoches
Fini les baloches
Et la drague façon cinéma
"T'as d'beaux yeux, tu sais. - Embrasse-moi"
L' coup d'œil avec poutre apparente
La p'tite à la langue sauce piquante
Un tour de Vespa, la galoche
Fini les baloches
Fini le tango des béquilles
Le baston, le coup d' boule tranquille
Dans la tronche du temps qui court
Et les capsules de Kronenbourg
En cartouchière sur la brioche
Fini les baloches
Fini le quatre vingt et un des cœurs
La p'tite veillée par la grande sœur
Les couples marqués "peinture fraîche"
Qu'à peine leurs lèvres sont sèches
La nuit dehors les effiloche
Fini les baloches
Et toi qui t'en fous, pomme à l'eau
Si t'es là, c'est grâce à ce slow
Où ton père à gagné ta mère
Au concours des célibataires
Dans l' dos de sa future belle-doche
Fini les baloches
Au bout d' la rue y a un dancing
Ca s'appelle "La Danse du Cygne"
Quand ça y foire avec ta brune
Au moins, t'as les chiottes à une tune
Pour t' finir par un trou d' ta poche
Fini les baloches
Allain LEPREST


Et puis il a fallu reprendre la route, dans la nuit noire. Bien vite, comme je le pressentais, j'ai envie de dormir. Je bâille et rebâille, les jambes tournent automatiquement, le cerveau est embrumé, les paupières sont lourdes.
A Decize, le petit arrêt sur le parking d'un supermarché, à la suite d'une chute à un rond-point (je ne devais pas être le seul à avoir envie de dormir...), me permet de sommeiller quelques minutes sur un banc. J'y resterai bien sur ce banc d'ailleurs mais, déjà, il faut repartir. 
Je me suis refait une santé, au moins jusqu'à la pause suivante à Dompierre sur Besbre. Nous voilà dans le pays Bourbonnais cher à René Fallet qui y organisa, à la fin des années 60, le Boucles de la Besbre. Epreuve qui spécifiait dans son règlement que "les échappées sont interdites" sous peine d'une amende toujours représentée par une bouteille de champagne. Le vainqueur était également désigné d'avance et les plus jeunes devaient pousser ceux qui peinaient dans les bosses. C'était presqu'une épreuve Audax !
On peut en apprendre plus en lisant "Le vélo" (Edition Denoël) que Fallet publia voici bien longtemps avec la complicité du dessinateur Blachon.
Au petit matin, l'envie de sommeil  est de nouveau présente. Je ronflerais bien sur un vieux carton à l'entrée d'un supermarché, sous un abribus, dans l'herbe au bord de ce bel étang mais je roule dans la roue de notre capitaine Audax qui m'encourage et m'indique que le petit déjeuner n'est pas loin...
Et il a raison Jean-Michel car nous voici déjà à l'Hôtel central de Renaison où un copieux repas matinal nous est servi.
Je sens que cela me requinque, me fait revivre. Finis les bâillements, c'est reparti comme en 14 ?
Par cette belle matinée, nos deux cyclottes, Judith et Dominique, mènent le peloton...
"Moi, si j'étais un homme,
Je serais capitaine..."
Même pas vrai chez les Audax !
Tous derrière... 
...et elles devant.
Peu après midi, nous arrivons à Saint Genest Lerp, à proximité de Saint Etienne, après avoir gravi une belle côte. C'est ici que nous prenons le déjeuner du lundi.
Il nous faut traverser Saint Etienne après avoir monté une nouvelle côte très pentue : difficile sur la digestion.
Et puis, dès la sortie de la ville des Verts, 
La République nous appelle... 
Sachons vaincre et sachons périr.
Le début du col de la République est un véritable four. La température dépasse les 40°C !
Chacun monte à son rythme...
Surtout il ne faut pas trop puiser dans ses réserves.
Dans la deuxième partie de la montée, la pente devient moins raide.
Et j'arrive au sommet dans un état acceptable.
Nous sommes toujours sous le signe du Tour de France, mais Henri Desgranges n'est-il pas l'inventeur du Tour et des Audax ?
La descente vers Bourg Argental est rapide et, à mon goût, dangereuse car il y a beaucoup de circulation et je suis un piètre descendeur.
Lorsque le peloton est reconstitué et un peu reposé nous repartons vers Valence où nous attend un grand lit.
Si je reprends la tête du groupe avec Marc, nous roulons en file indienne tant les automobiles sont nombreuses. Dans la grande descente vers la vallée du Rhône, je me fais une belle frayeur : à près de 60km/h, vitesse tout à fait inhabituelle pour moi (?), mon guidon se met à vibrer dangereusement. Plus je freine et plus je "guidonne". J'ai de plus en plus de mal à maitriser ma machine. Vélo, mon beau vélo, ne m'envoie pas au tapis ! Je serre les freins de plus en plus fort, et pas que les freins... et lorsque la vitesse descend sous les 30 Km/h, la situation redevient normale : OUF !
Toute la suite de la randonnée, j'avoue avoir été craintif à la moindre descente : Vive les montées !
Avant la tombée de la nuit, nous arrivons à Saint Péray.
C'est ici, dans la banlieue de Valence que nous prenons le repas.
Puis, il ne nous reste que 7 kilomètres à parcourir pour rejoindre notre hôtel.
BONNE NUIT, LES PETITS !

mercredi 10 juin 2015

Dans la roue de Joop ZOETEMELK

1985, c'est l'année où je suis venu habiter à La Ferté, cela fait 30 ans.
1985, cela fait quelques années que je suis abonné au Miroir du cyclisme et l'un des premiers numéros que je reçus à ma nouvelle adresse fut celui-ci : le numéro 369 de juin 1985, avec Marc Madiot (je crois ?) à la une.
Et dans ce numéro, il y avait cet article.
Un journaliste , Henri Quiqueré, et un photographe, Joël Cohade, avaient donc suivi (en voiture ?) Joop Zoetemelk sur ses routes d'entrainement. Ces routes allaient également, petit à petit, devenir mon terrain de jeu cycliste. Et, si à l'époque, mon intérêt fut éveillé par cette balade, jamais encore je n'avais suivi la route de Zoetemelk. C'est chose faite depuis le mercredi 3 juin 2015.
Mais avant de suivre ce parcours, il m'a fallu rejoindre La Ferté sous Jouarre, à la pointe de la flèche rouge en bas de cette carte.
Au sommet de la longue côte sur l'ancienne Nationale 3 qui s'en va vers Château Thierry, je prends la petite route à gauche en direction de Cocherel. C'était la fin du parcours du Hollandais de Germigny l'Evêque.
Le ciel est gris, la température passable et, si je n'avais pas préparé le vélo et le casse-croûte, pas sûr que j'aurais pris la route après une matinée de travail pour un si long périple. Mais à peine rentré à la maison, j'ai sauté dans mon cuissard, enfourché mon beau vélo et je suis parti sur les traces du champion ! Trente ans après...
Les petites fleurs me rappellent quand même que c'est bientôt l'été.
Au beau village de Tancrou, je décide de faire ma pause casse-croûte.
Sandwichs, gâteau de semoule, Babybel, bananes et Petit Beurre (comme un hommage à Patrick Plaine ? Mais, au fait, comment écrire des "Petit Beurre" : des Petits Beurres ? des Petits Beurre ? des Petit Beurre ?) : rien de bien original, mais du consistant, pas très diététique sans doute, mais pas question de me mettre à la diète, même éthique... pas à mon âge.
Je suis au bord de la Marne, seul, tranquille, et tout en cassant ma petite graine, je relis l'article d'Henri Quiqueré. Le soleil tente une timide apparition.
« Le   Hollandais   de Germigny-l'Evêque... ça m'a longtemps énervé ce surnom. Je me pensais Hollandais résidant en Ile-de-France. Et puis, avec le temps, je me suis aperçu que ce n'était plus une appellation chauvine mais une réalité. C'est en Hollande que je ne suis plus tout à fait chez moi. Quand nous allons avec la famille chez mes parents, je me sens presqu'un touriste. J'ai des souvenirs certes. Des images précises comme toutes celles de l'enfance... mais je ne suis plus un enfant. Finalement, je crois que je suis comme tous les émigrés, même si je suis un émigré très privilégié, et que j'aurais bien de la peine à me réintégrer dans mon propre pays. Je suis d'Ile-de-France, une région dont je connais toutes les routes à l'est et au nord-est et dont j'apprends l'histoire avec mon fils ainé, Carli, mainte­nant qu'il est à la grande école... » 
Et Germigny l'Evêque, j'y arrive, quelques kilomètres après mon petit repas. 
C'est ici que demeurait (Il y habite encore, je crois) Joop Zoetemelk, c'est d'ici qu'il partait à l'entrainement.
"A  propos,  Germigny-l'Evêque, c'est entre Meaux et La Ferté-sous-Jouarre. A la périphérie de l'agglomération parisienne  quand elle commence à relâcher son tissu. Là où aux paysages industriels répon­dent des campagnes intactes sur de grandes étendues semées de rési­dences secondaires en bords de Marne. Là où Bossuet, évêque de Meaux, avait sa maison dont il demeure le vestige d'une tour et où il écrivait ses célèbres oraisons.
C'est un joli village au bord de la Marne :
"Sur les bords de la Marne,
Un cycliste, il y a..."
Quand il a remonté la Marne, Jean-Paul Kaufmann passa ici et lui aussi évoque Bossuet.
"Germigny l'Evêque. La campagne de Bossuet, "le paradis terrestre de la Brie", selon ses propres mots. 
Il ne reste plus grand chose de sa résidence d'été, si ce n'est le colombier et les deux tourelles. Mais la position des terrasses et du jardin dominant la rivière est remarquable, majestueuse même, une belle allée de tilleuls soulignant son air de grandeur. A cet endroit, la Marne envoyait ses eaux par un canal vers les jardins grâce à une machine sophistiquée, une curiosité au temps de Louis XIV. L'Aigle de Meaux adorait les fleurs et la nature ; à l'époque, c'était plutôt rare. 
Il connaissait l'art de greffer les arbres, cultivait orangers et melons, et s'entourait de toute une ribambelles d'animaux (chèvres, pigeons, chiens). Ce Bossuet champêtre ne cadre guère avec la figure tonnante du prélat inflexible reprochant au monarque ses frasques du haut de la chaire."
Joop Zoetemelk évoquait lui aussi l'évêque de Meaux voici trente ans.
«Après treize années en France, je sais que mon parler est encore hésitant mais ma compréhension de la langue est bonne. Au plan grammatical, j'en suis au niveau de mon fils, disons une sixième, et cela ne me permet pas de lire Bos­suet. Je me demande même si cela viendra, il faut bien dire que ce n'est pas très passionnant et que l'immense majorité des Français ne saurait me reprocher cette affir­mation sur ce cher Bossuet. Qui l'a lu ? Qui le lit encore ? Au moins, je sais beaucoup de choses sur lui pour avoir participé, avec un professeur de Meaux qui se voue à l'histoire de sa ville, à des visites guidées ! Je ne sais pas si ce n'est pas la passion que met ce monsieur à raconter qui m'inté­resse plus que l'évêque... »
Me voici donc au départ du circuit d'entrainement du vainqueur du Tour de France 1980. Je vais le faire dans le sens "normal", contrairement au reportage qui tourna "à l'envers" pour une histoire de lumière pour les photos.
ENTRAINEZ-VOUS AVEC JOOP ZOETEMELK
De Germigny l'Evêque...
Un très joli parcours, très riant, s'il fait beau naturellement. Alors pourquoi ne pas s'amuser et tenter de copier le mieux possible Joop Zoetemelk. Pas au point d'en utiliser un braquet unique mais disons deux. Donc, 52/17 sur le plat et 52/19 pour les bosses. Mais attention à ne pas brûler trop de cartou­ches dans la plaine. Les raisons photographiques ne vous gênant pas, vous partirez par la vallée de l'Ourcq, c'est-à-dire dans le sens habituel de notre champion. Quitter Germigny par la D. 121 jusqu'à Lizy puis la D.102 jusqu'à Mareuil via Crouy. Ensuite, la D.88 jusqu'à la Ferté-Milon. Jusqu'ici, c'est un tracé moyennement val­lonné et agréable. La difficulté pour gagner Château-Thierry est la monotonie de la plaine mais, dans ce sens, vous avez 80 % des chances de bénéficier du vent dans le dos : une belle compensation ! A Château, une halte s'impose avant de repartir par la vallée de la Marne, via Azy et Essomes où l'église, une ancienne abbatiale du 13e, est des plus élégantes (demander la clé à la mai­rie juste en face). A Charly, vous pourrez varier les plaisirs et allonger d'une dizaine de km en franchissant la Marne et suivre la rive gauche face aux pentes des vignobles. Mais là encore réservez des forces. Ces coteaux champenois se montent à répétition et exi­gent de rudes coups de jarrets. A La Ferté sous Jouarre, remonter sur la droite par la D.73, jusqu'à Cocherel, prendre à gauche vers Mary sur Marne et rentrer sur Germigny par la D. 17.
Surtout, ne méprisez pas ce circuit. C'est dur!
... à Germigny l'Evêque. 130 km environ
Pour ma part, j'ai déjà parcouru la fin du parcours et je remonte tranquillement le long du canal de l'Ourcq.
Enfin, le soleil accompagne ma promenade qui devient franchement agréable. Le vent est fort et défavorable depuis mon départ. Comme l'indique l'article de 1985, il me poussera pour rentrer.
A Mareuil sur Ourcq, je vais faire une petite visite à l'église représentée dans le Miroir.
Mais, horreur... aurait-on changé la belle église de Mareuil ?
Ce n'est plus la même ! Y-aurait-il une autre église dans ce village ? Le photographe se serait-il trompé ?
Et oui, c'est cela, une erreur. Une erreur dans mon Miroir ! Pas possible... Si pourtant, il s'agit de l'église de Marolles, charmant petit village situé à quelques kilomètres seulement de Mareuil. Le photographe se sera trompé en notant sur son carnet le nom du village. Ce n'était pas encore le temps des photos numériques, des "Google map"  ni des GPS, alors pardonnons aux journalistes. Tiens, ils sortaient peut-être d'un restaurant, un repas arrosé, pourquoi pas ? C'était la fin de leur périple et, HOP, une erreur, on écrit Mareuil sur le calepin au lieu de Marolles... Voilà, c'est tout.
La flèche octogonale en pierre de cette église date du XIIème siècle. Et le village est fort joli, et calme, calme, calme...
J'y découvre même deux plaques : la première, don de l'Automobile Club d'Ile de France...
La seconde étant une bonne vieille Plaque Michelin. Il en reste.
Encore deux kilomètres pour arriver à La Ferté Milon.
Je grimpe vers l'ancien château dont il ne subsiste qu'une façade par une belle montée bien carrossable. Je connais les lieux et j'évite soigneusement la bosse empruntée par Joop Zoetemelk.
"...Heu­reusement, au bout de ces petites routes, il y a La Ferté-Milon : « Ce matin, dit Joop, nous avons croisé trois cyclistes. C'est excep­tionnel. J'en croise si peu que j'en suis arrivé à les compter systématiquement. C'est quand même curieux de les voir déserter ces routes calmes et sans danger au profit des nationales. Là où je cir­cule en voiture, il y a plein de vélos, c'est un comble... 
Remar­quez, je comprends qu'ils ne s'aventurent pas vers cette montée au château à La Perte. 
Non mais, regardez-moi ces pavés, on se croirait dans le Tour des Flandres au Koppenberg». Une échelle pavée qui s'aventure, c'est le mot, le long de la belle église Notre-Dame avec sa tour du 16e siècle et qui culmine aux imposants vestiges du château : « Quel dommage, dit Joop, que je sois monté pour la première fois jusqu'ici il y a... deux jours, quand j'ai su que vous veniez et que j'ai tenu à vous permettre de belles photos. Sinon, je me serais préparé dans cette côte pour les Classiques belges. Je passe pou­tant par ici presque tous les jours mais je reste en bas, sur la route qui longe l'Ourcq». 
On connait ici ma détestation pour les pavés... aussi ai-je soigneusement évité cette redoutable montée. Je ne prépare pas le Tour des Flandres ni Paris-Roubaix. 
Alors, je descends doucement, doucement vers la vallée de l'Ourcq.
La Ferté-Milon, c'est aussi la patrie de Jean Racine : « Encore un que je connais de nom grâce à Carli. Je sais même que ce n'est pas lui qui a écrit Le Cid... » (Rires).
 
C'est sans doute la plus jolie des trois Ferté où je passerai aujourd'hui.
Et puis "...ce sont les blanches étendues couvertes de champ de céréales ou de betteraves. C’est à peine si un bois de pins assombrit l’horizon. Et ce ne sont pas les cimetières militaires, rappels de ce que l'on continue à magnifier sous l'appellation « Bataille de la Marne » alors que ce ne fut que l'un des plus grands cri­mes perpétrés contre l'humanité, qui rompent la monotonie..."
Si je partage le jugement du journaliste sur la guerre de 14, je ne suis pas d'accord avec ses propos sur le parcours proposé par Zoetemelk ! Mais je parie  que les journalistes du Miroir ont pris la grande route de Château Thierry à la Ferté Milon par Neuilly Saint Front, sans doute pressé d'aller s'offrir un bon repas au frais du Miroir (pauvre Miroir...) sans se donner la peine de passer par ces petits villages de l'Aisne nichés dans la verdure des petites vallées de l'Allan ou du Clignon. Si la D4, la D973 et la D1 sont en effet des routes, monotones et tristes, tracées dans les plaines à betteraves du sud de la Picardie, il n'en va pas de même du circuit de M. Zoetemelk .
Ici, nous sommes dans le Bas de l'Aisne, le pays de Lucienne Gaudé.
La fontaine de Chézy en Orxois qui fourni de l'eau qui n'est pas qualifiée de "non potable"... C'est la seule de la région, alors, j'en profite à chaque fois que je passe dans le coin.
Le village de...
..niché au creux d'un vallon, avant de remonter vers Hautevesnes. Gengoulph, Gengoulph, vous en connaissez beaucoup des Gengoulph ?
 Et puis, je redescends vers Bussiares et la vallée du Clignon pour continuer vers Licy-Clignon et Monthiers. encore et encore des route vallonnées, des tape-cul, de la tôle ondulée.
Et puis, après Monthiers, on remonte encore, vers Etrepilly...
 ...avant d'emprunter une belle piste cyclable qui nous conduit vers  Château Thierry et sa longue descente sur la vallée de la Marne.
Ainsi, entre la Ferté Milon et Château Thierry, la route ondule, tournicote, une belle petite route campagnarde, paisible, surtout par ce beau soleil.
A Château Thierry, je croise l'ami Pascal, qui organisa la série de BRM auxquels j'ai participé cette année, qui termine son jogging hebdomadaire. Nous papotons quelques minutes  et je continue ma route pour la fin de cette randonnée.
"Château-Thierry, c'est un regard vers le château dont il ne reste que la base des murs et qui est devenu promenade dominicale pour les vues qu'il ménage sur la vallée de la Marne et les murailles de ce qui fût une ville militaire. Pour Joop, c'est surtout la ville de La Fontaine qui y naquit le 8 juillet 1621: «Je n'ai jamais visité sa maison natale devenue musée mais, au moins, lui je le connaissais avant de venir en France. Le lièvre et la tortue et le corbeau et le renard sont au programme de toutes nos écoles. Y compris celles d'un fils de petit éleveur de porcs qui préfé­rait le vélo et le patin à glace aux études...»
Pour ma part, point de photo de la statue de La Fontaine, je crois l'avoir déjà présentée ici.
Par contre, je ne résiste pas...

De Raaf en de Vos

Meester de Raaf, hoog en droog op zijn tak,
hield een pracht van een kaas in zijn snebbe.
Meester de Vos, dien de geur daarvan stak
zou 't aldus met hem aangelegd hebben:
'Jonkheer de Raaf, goedendag!
Wat zijt ge fraai, als ik u zo aanschouwen mag!
Voorwaar, als uw stem zou blijken,
met uw dos te zijn vergelijken,
waart ge de feniksvogel van dit woudgebied.'
Bij dat woord kent de Raaf bijkans zijn vreugde niet,
spert hij zijn bek, zodat zijn roofbuit hem ontschiet.
De vos, daar meester van, zegt: 'Beste, leer van mij,
dat wie gul is met gevlei,
op kosten leeft van wie geloof hem schenken.
Die les is wel een kaas waard, zou ik denken.'
De raaf in schaamte en stil berouw,
zwoer, wel wat laat, dat men hem niet weer nemen zou. 

Alors de quelle fable s'agit-il ? Le corbeau et le renard ? Le lièvre et la tortue ? ou une autre...
Mais il me faut quand même rentrer avant la nuit alors pas le temps de réciter "de raaf en de vos"
Plus loin, je vérifie, encore une fois que la ville d'Essomes sur Marne possède encore une...
La dernière ?
A Romeny, l'auberge du Manoir est fermée depuis longtemps.
"...à Romeny, il y a ce manoir Casquero qui fut la dernière résidence de Marcel Cerdan avant son der­nier voyage vers les Etats-Unis où il n'arriva jamais pour rencontrer Jack La Motta :
Le dessin n'est pas de Pellos mais de Paul ORDNER
«On se souvient de lui comme d'un homme très bon et on parle encore des visites que lui faisait Edith Piaf avec sa Delahaye..."
Et puis il y a un petit producteur, Marc Bijotat (retenez le prénom !) qui propose un Champagne ires estimable à un prix plus que cor­rect...»
Trente ans après, il est toujours là le producteur de champagne. Je l'avais goûté à l'époque...
Et là, juste après Romeny, je prends à gauche vers Nogent l'Artaud, je quitte la vallée de la Marne. Je ne ferai pas la fin du parcours de Zoetemelk vers La Ferté Sous Jouarre, terrain connu, par Charly, Crouttes et Luzancy...
Arrivé largement avant la nuit, mon compteur affiche plus de 160 kilomètres. Ce fut un bon entrainement, 10 jours après mon BRM 600. Encore une grande sortie avant la fin du mois de juin et je serai près pour le Paris-Nice Audax au début du mois de juillet mais aujourd'hui, j'ai eu beaucoup de plaisir à prendre la roue du "Hollandais de Germigny l'Evêque".