vendredi 5 octobre 2018

Mon 200 du mois d'août : Coup de chapeau à Jean Robic

J'ai terminé mon premier Dodécaudax au mois d'août : Douze sorties de plus de 200 bornes, un par mois, depuis septembre 2017).

J'étais allé rendre un petit hommage à Jean Robic dans son village de naissance. Il faut que je raconte... avec du retard.
En effet, Jean Robic, le Breton, est né dans le département des Ardennes le vendredi 10 juin 1921 , à Condé-lès-Vouziers très exactement.
Dans son livre "ROBIC 47", Christian Laborde, avec sa verve coutumière, donne la parole au champion breton :
"...Je vois vos gueules étonnées, vos yeux de merlan frit : le bled susnommé n'est point en Bretagne. Et vous pensez que ce détail géographique m'a échappé, bande de clochards ! Je sais très bien où se situe Condé-lès-Vouziers, dans les Ardennes, à 30 bornes de Charleville Mézières. Et vous croyez que ma naissance dans le massif ardennais, sur les bords de la Meuse, ferait de moi autre chose qu'un Breton ! Permettez-moi de vous dire que vous avez tout faux. Breton, je le suis à bloc, à mort autant qu'un dolmen secouant ses lichens dans le matin froid. Breton, je le suis d'abord parce que mon père, ma mère, ma famille, ma tribu sont originaires  de Radenac dans le Morbihan..."
Je projetais donc depuis quelque temps de faire un petit pèlerinage vers ce village des Ardennes. Quand j'en ai parlé à l'ami Yves au printemps dernier, il a proposé de m'accompagner car il voulait réaliser la Flèche de France "Paris - Charleville Mézières" organisée par l'Audax Club Parisien ( Les Flèches de France de l'ACP )
Nous avons donc décidé de partir pour un petit voyage de trois jours en cyclo-camping du jeudi 23 au samedi 25 août.
Pas de Flèche de France pour moi, je n'avais pas envie de me rendre à Paris pour ensuite revenir vers la Seine et Marne. C'est donc à La Ferté sous Jouarre que nous nous sommes retrouvés. Yves avait déjà parcouru plus de 50 kilomètres et moi seulement une trentaine.
Cette première étape nous conduisit au camping de Guignicourt aux confins de l'Aisne et des Ardennes après avoir suivi le cours de la Marne jusqu'à Château Thierry, avoir traversé une partie du département de l'Aisne du sud au nord vers le Chemin des Dames pour dormir au bord de la rivière Aisne.
Cette étape fut d'autant plus agréable que le vent nous poussa la plus grande partie de la journée comme on peut le voir sur cette image prise après notre arrêt à la Caverne du Dragon sur le Chemin des Dames.
C'est un lieu où je suis plusieurs fois venu à vélo, par contre, je termine cette étape sur des routes qui me sont inconnues.
A Guignicourt, j'ai planté ma tente qui est bien connue des habitués de ce blog. Yves a opté pour une structure plus légère du genre tente tunnel. 
Ce camping possède un snack, ce qui nous permit de partager un agréable repas chaud.
Hélas la pluie qui tomba au milieu de la nuit eut raison de l'étanchéité de la tente de mon camarade qui dut se mettre au sec dans mon abri...
J'avais même pris la peine, aux premières gouttes, de couvrir le sommet de ma tente d'une bâche de protection ! 
Statue de Charles de Gonzague, fondateur de la ville de Charleville en 1608
Le lendemain matin, nous avons repris la route par un temps sec et toujours venteux. Vers 13 heures, nous arrivions à Charleville Mézières où nous avons pu déjeuner dans une pizzéria du centre-ville.

Place ducale de Charleville Mézières
 Le premier objectif de cette randonnée était atteint : Yves avait validé sa Flèche de France.
Nous avons continué en prenant la direction du sud, changement de direction qui nous fit affronter un vent de côté plutôt défavorable. Pourtant en suivant la D33, qui constitue l'essentiel de la Route Rimbaud Verlaine, nous avons fait une chouette balade sur de petites routes tranquilles et bien vallonnées...

A Condé-lès-Vouziers, nous n'eûmes aucun mal à trouver la maison natale de Jean Robic. Le deuxième but de cette randonnée était atteint.
Une belle plaque est en effet apposée sur la façade du bar Le Condé. 

Sur cette plaque, est quand même oublié le titre de Champion du monde de cyclo-cross que Robic remporta au Bois de Vincennes en 1950. En plus, c'était la première fois que ce titre était attribué !
La place en face porte le nom du coureur breton, les Ardennais ont le souvenir fidèle ! 
J'avoue une certaine émotion : ROBIC, Jean Robic est né ici.
Autographe de Jean Robic dans le N° 213 du 10 juillet 1950 du Miroir sprint
Quand j'étais petit en Bretagne, les piétons nous criaient, à nous, petits cyclistes : "Vas-y, Poupou !" bien sûr, mais aussi "Vas-y, Bobet" ou encore "VAS-Y, ROBIC !"
Poupou, c'était la tendance dans les années 60-70 et c'était tellement facile à dire. Mais chez nous, en Bretagne, il y avait surtout Bobet et Robic. 
ROBIC, le petit qui n'avait pas peur des Grands... Robic, le coureur cabossé, blessé, casqué de cuir mais qui toujours retournait au combat ! Nous, fils de marins, n'avions aucune peine à nous identifier à Jean Robic, fils de charpentier.
Dessin de Pellos paru dans le Miroir du Cyclisme N° 12 de novembre 1961 à l'occasion de la fin de la carrière du champion breton
Plus tard, à la fin des années 70, alors que j'étais inscrit à l'Union Cycliste alréenne, le bruit couru que Jean Robic (qui avait été licencié à Auray dans sa jeunesse) allait revenir au pays et devenir notre directeur sportif ! Il allait falloir être à la hauteur, nous les petits coureurs... Légende ou réalité ? Je ne le saurai jamais. Jean Robic trouva la mort dans un accident de la route en Seine et Marne de retour d'une course de vétérans à Germigny l'Evêque, le 5 septembre 1980.

Le Miroir du cyclisme, dans son numéro 292 de novembre 1980, rendit hommage au champion.

Un superbe poster, une de ces belles images qui firent la gloire du magazine, nous montre Jean Robic au sommet du Ventoux en 1952.
Le journaliste François Terbeen rend hommage à son ami défunt, il commence ainsi : "Jean Robic nous a quittés le 5 septembre, au soir de l'un des plus beaux jours de sa vie. Il avait eu la joie de retrouver, parmi ses anciens compagnons de luttes, ceux qu'il vénérait le plus : René Vietto et Pierre Brambilla..."
Et il termine ainsi : "Tué, oui Robic a fini par se tuer. Mais loin des clameurs du combat, et dans la nuit très douce succédant à un jour de fête... Il ne pouvait que nous quitter ainsi, de façon fracassante, mais sans larmes. Longtemps, très longtemps, pour beaucoup d'entre nous, sa voix restera présente, comme un souffle d'éternité. 
- Ecoute.. celui-là était bien un Breton. Ah ! qu'il pouvait être têtu..."
La dernière photo...


Mais revenons à Condé les Vouziers...

C'est en effet le point de départ de ce numéro spécial de Miroir sprint de 1947. Sous les plumes de François Terbeen et Pierre Chany, l'histoire de Jean Robic commence par le souvenir de Jean Robic père.
Car le papa fut également coureur cycliste, en particulier dans les Ardennes comme le racontent Terbeen et Chany.
"Jean Robic, au départ ! Le starter moustachu, breloque sur le ventre, cravate écarlate comme ses joues bienheureuses, procédait à l'appel. Le ciel plein de grisaille, qui semblait charrier un siècle de légendes, assombrissait la matinée du dimanche et ralentissait le rythme de vie. Dans un coin, près d'une roulotte où était donné le départ du « Grand Prix de Condé-les-Vouziers », quelques jeunes gens paraissant approcher de la quarantaine, sous l'effet de superbes bacchantes, discutaient gravement des chances respectives des « té­nors » ardennais.

  Y a le gars Poilou, qui va vous ajuster tout ça! dit l'un d'eux. Je vous parie une bouteille de blanc qu'il fait avaler son capu­chon à Langlois !

  Et moi, je vous dis que Zizi Laroulande mettra tout te monde d'accord, éclata son  voisin, en  s'étranglant  à  cause  d'une chique. Vous  l'avez pas vu, vous aut' dans le Grand Prix de Machault, dimanche der­nier. Y avait « quèqu'un », mon ami...

  Ouais, mais qui c'est, çui-là, avec sa petite casquette et ses lunettes posées des­sus? intervint le troisième, en montrant un coureur qui s'approchait  lentement   de la ligne de départ. Le connaissez-vous?
  Oui, c'est un Breton qui travaille dans le pays. Il a un drôle de regard, pas vrai?
Le coureur tourna la tête, posa une se­conde les yeux sur le petit groupe et les jeunes gens baissèrent les leurs. Il y avait une fixité, une force, une volonté insoute­nables dans le regard clair de l'homme.
  C'est vous, Jean Robic ? demanda le starter, qui transpirait malgré la pluie.
  C'est moi.
  Bon. Mettez-vous là et attendez le si­gnal.
A grand-peine, le brave homme rassem­bla les dix partants. Le reporter-photogra­phe de la gazette de Vouziers prit une photo figée. Les quatorze spectateurs s'écartèrent respectueusement et le starter, un peu af­folé, se demanda s'il allait siffler ou abais­ser sa casquette. Il craignit le ridicule de la première solution, car il ne sifflait pas comme il faut, et s'en remit à la seconde, malgré le risque d'un catarrhe. L'instant d'après, le Grand Prix de Condé-Ies-Vou­ziers était commencé.
Il se termina par l'irrésistible victoire du susnommé Jean Robic, malgré les attaques combinées de Langlois, Poilou et Zizi Laroulande, ses principaux adversaires... A l'arrivée, il reçut l'accolade du maire et, le lendemain, en séance solennelle au siège du club organisateur, on lui remit trois francs, prix de sa victoire. C'était en 1920...
La guerre terminée, chacun avait retrouvé la joie de vivre et le désir de rattraper le temps perdu. Breton transplanté, Jean Robic, charpentier de son état, s'était résolu à quitter son Morbihan pour venir exercer sa profession à Condé-les-Vouziers. Il vivait laborieusement, dans cette cité des Ardennes, travaillant dur pour permettre à Mme Robic d'élever leurs fillettes : Berna­dette, sept ans, et les petites jumelles Marie et Marthe, qui poussaient leurs premières dents en leur faisant passer des nuits blan­ches. Mais le bonheur était dans la mai­son. Le père, qui mesurait 1 m. 70 et n'épui­sait pas toutes ses forces à taper sur les madriers, considérait justement le sport comme un moyen de se détendre. Disputer des courses cyclistes restait son « dada ». Il s'était réentraîné, la guerre finie, malgré les haussements d'épaules de son épouse, et, quand il se jugea « fin prêt », il était allé s'aligner les dimanches dans les petites courses locales. Pas dans son bled, bien sûr, ayant d'être certain de gagner ! Car un Ro­bic a de l'amour-propre... Mais, pour ses débuts à Condé-les-Vouziers, sous le maillot de J.-B. Louvet, qui comptait une agence dans la région, il faut convenir qu'il « avait bouché un coin » à tout Je monde, même aux Langlois, Poilou et Zizi Laroulande...
Comme tout ménage breton qui se res­pecte, on aimait les enfants dans la mai­son modeste des Robic. Et le père comme la mère voulaient absolument un garçon. Cette joie leur fut donnée le vendredi 10 juin 1921 : un fils naquit. On le pré­nomma Jean, comme le père.
On ne pouvait pas dire qu'il était beau comme un Adonis. Non, mais il pesait son poids et il avait de la voix ! Il emplit la maisonnée de cris à tenir en échec tout te voisinage, sur une superficie de deux cents mètres carrés. Mais papa Robic était com­blé et, pour le prouver, il se mit à gagner plusieurs courses régionales et interrégionales, avant la naissance d'un cinquième en­fant : Pierre, qui vit le jour en 1923..."
Ce Miroir des champions se termine par cette photo de Jean Robic faisant son tour d'honneur au Parc des Princes. Robic restera dans notre mémoire cycliste le vainqueur du Tour de la reprise après la Deuxième guerre mondiale en 1947. 
Photo BUT & CLUB

Sans avoir porté le maillot jaune, il remporta le Tour le dernier jour lors de l'ultime étape Caen-Paris.
Cela pourrait faire une chouette randonnée : Condé-lès-Vouziers / Germigny l'Evêque / La côte de Bonsecours / Radenac, à vélo... bien sûr !
Cela pourrait être l'occasion de revenir plus en détail sur la carrière ce ce champion même si je l'ai déjà évoquée sur ce blog :
1959 : Le dernier Tour de Jean Robic 
Voyage à travers la Bretagne août 2011 

Toutefois, avant de refermer ce billet, il revient à ma mémoire un  article paru dans le Miroir du cyclisme N° 370 de juin 1985 intitulé "Mémoires de suiveurs", Jean Amadou, François Terbeen et Abel Michéa y livrent quelques souvenirs.  Ce dernier, journaliste au miroir du Cyclisme, évoque un souvenir à propos de Jean Robic.  Je ne résiste pas au plaisir de partager  cette anecdote...
"...Donc, de Biquet, tout a été dit. Toutefois, chaque fois que je retrouve avec joie le fier petit coq, je le revois dans un bar de Briançon jouant -à moitié - les empereurs romains. C'était un de ces merveilleux Cri­térium du Dauphiné Libéré. Gaul, Teisseire, Laurèdi et Robic appartenaient alors à l'équipe Terrot que dirigeait l'ami Pierre Dion, aujourd'hui hôtelier aux Gets. Nous étions arrivés par la traditionnelle descente du Lautaret, à Briançon. La journée de tra­vail achevée, une radieuse journée ensoleillée, nous prenions l'apéri­tif avec Maurice Vidal, au comp­toir d'un bar du bas Briançon. Juchés sur nos tabourets, nous « refaisions » l'étape et cherchions à nous expliquer la tactique de Jean Robic qui avait consenti de sérieux efforts pour chasser der­rière ses co-équipiers, Gaul et Laurédi. Passe Pierre Dion, le directeur sportif ; Maurice Vidal l'interpelle : « Si tu nous expli­quais la tactique de Robic ? » Pierre Dion tombe des nues. Il suivait ses leaders et était persuadé que, derrière, Biquet s'évertuait à casser le train... Il ne dit rien, prend l'apéritif avec nous et rega­gne son hôtel, de l'autre côté du petit chemin ombragé. Et voilà qu'il tombe sur Robic sortant de sa douche et lui fait quelques amères réflexions sur sa manière de concevoir son rôle d'équipier. Comme un écolier pris en faute, Biquet ergote, et dit :

— Comment le savez-vous ?
— C'est Maurice Vidal, au bar, là en face.
Biquet, sauf votre respect, est à « poil ». Mais quand la colère l'habite, il ne perd pas son temps... Il empoigne une serviette pour s'en faire une manière de paréo et le voilà faisant à notre bar, sous les yeux ébahis des clients, et des clientes, une specta­culaire entrée. Il vient se camper au pied du tabouret sur lequel est grimpé Maurice.
Dessin de Pellos, bien sûr.
 L'explication, comme toutes celles de ce genre, elle se termine par une poignée de main. Mais je sais que Vidal et moi, nous avons été longtemps incapables de répondre à cet empereur romain, en mini-péplum, qui déclamait : « A moi Vidal, deux mots », tant nous étions secoués par un fou rire qui avait gagné tout le bar !"
Mais revenons à cette balade en Champagne-Ardenne, car il nous faut reprendre la route, on n'est pas d'ici... Après avoir pris un bon ravitaillement à Vouziers, nous devons affronter le vent dans la plaine de Champagne qui s'offre à nous.







Et ses longs faux-plats...

 Et ses averses de pluie qui arrivent vers nous à l'ouest ! A l'est ? Au nord ? Au sud !
Mais nous passons entre les gouttes ! Et nous approchons de la Montagne de Reims où nous avons prévu de passer la nuit après une étape de 200 Kilomètres : mon 200 du mois d'août. C'est donc ici que je clôture mon premier Dodecaudax.
Il fait presque nuit lorsque nous arrivons au camping de Val de Vesle. Yves renonce à monter sa petite tente et nous passons la nuit à l'abri de la pluie car il a encore plu cette nuit-là !
Le lendemain matin, nous reprenons la route assez tôt et le ventre presque vide. Il n'y a pas de bistrot dans ce pays ? 


Pourtant les vendanges ont déjà commencé, même pas une petite coupe à se mettre dans le gosier ?
Nous évitons les rudes côtes de la Montagne de Reims en prenant la Vélovoie de la vallée de la Marne de Condé sur Marne à Epernay dont j'ai déjà parlé ici voici quelques semaines ( Voie verte le long de la Marne )
A Epernay, je laisse Yves à la gare, il doit en effet être rentré à Paris dans l'après-midi et je termine mon voyage tout seul par des routes qui me sont familières. 455 kilomètres de plus à mon score de ce mois d'août pour dépasser les 2000 bornes.
L'abbaye d'Orbais (51)

mercredi 19 septembre 2018

VOYAGE 2018 - Etape 5 : Saint Georges des Mons / Le Mont Dore

Lundi 23 juillet 2018
La MONTAGNE !

Ce matin, nous avons pu déjeuner à table après une nuit dans un camping très calme et très propre et pas cher du tout !
Et puis nous avons pris la route pour entamer notre traversée du Massif central. Les années précédentes, nous avions rusé un peu, passant plus ou moins à l'est ou à l'ouest de ce massif montagneux. Cette année, nous avons choisi de passer à l'ouest de Clermont Ferrand et d'Aurillac, pour traverser les montagnes auvergnates du nord au sud.
Bien vite nous apercevons à l'horizon le Puy de Dôme, le vieux volcan domine le paysage du haut de ses 1465 mètres. Il ne figure pas dans le TOP 10 (ni même le TOP 20) des plus hauts monts du Massif central , le Puy de Sancy et le Plomb du Cantal culminant à près de 1900 m, mais ici, nous ne voyons que lui.
Il nous accompagne tout au long de la matinée, pourtant nous ne ferons pas le détour pour en faire l'ascension à vélo car cela n'est plus possible depuis qu'un chemin de fer à crémaillère occupe une grande partie de l'ancienne route. Et cela ne manque pas de mettre en colère tous les cyclistes dignes de ce nom... Le Puy de Dôme inaccessible à vélo !

Seule une voie routière de secours subsiste.
 C'est un peu un retour aux sources car le premier accès motorisé au sommet du Puy de Dôme, au début du 20ème siècle était déjà un petit train. 


En 1926, une route à péage remplaça la voie ferrée.
J'eus la chance de gravir cette pente mythique lors de Mon Tour de France 1959 en juillet 2009. On peut retrouver le récit et les photos de mon ascension du dimanche 26 juillet 2009 (à l'époque, il me semble que le Puy de Dôme était ouvert aux cyclistes un dimanche matin par mois) sur mon ancien blog : 
Ma montée du Puy de Dôme en 2009
Mythique, donc ! (Et pas seulement grâce à ce cher Thomas Pips...) Car le Puy de Dôme fut un haut lieu du Tour de France de 1952 à 1988. 13 étapes  du Tour y arrivèrent et la plupart du temps ce furent de grands champions qui s'imposèrent au sommet du volcan auvergnat. MYTHIQUE, dis-je !

Petit voyage dans le TOUR...

Tour de France 1952 : la première


Le jeudi 17 juillet, au départ de Limoges, le Tour de France était déjà "plié". Fausto Coppi était en passe de remporter son deuxième Tour et les coureurs s'apprêtaient à terminer cette 21ème étape pour la première arrivée au sommet du Puy de Dôme.
Si le vainqueur de ce Tour 1952 était déjà connu, les places d'honneur étaient encore en jeu. Et Jean Robic que l'on voit ici mener devant Coppi se verrait bien en dauphin du campionissimo :
"Sa chance ultime, Biquet vient de la jouer, il a démarré pour essayer de rattraper Bartali dont la fugue dans le Puy de Dôme l'inquiète. En même temps, il espère décrocher définitivement Stan Ockers. Il tire, appuie, geint, souffre, mais inexorable et décontracté, Coppi le suit et va l'exécuter sur un démarrage." Miroir Sprint du 18 juillet 1952
Devant, "dans les premiers kilomètres de l'escalade, trois hommes se sont détachés, Gino Bartali, Géminiani et Nolten (de G. à dr.). Chacun, dans des styles différents, donne le maximum de ses ressources. Le jeune Hollandais Nolten, qui accélèrera l'allure, ne tardera pas à lâcher définitivement ses compagnons de fugue."
Pourtant, à quelques hectomètres de l'arrivée, c'était Coppi qui vient dépasser Nolten et allait remporter cette première arrivée au Puy de Dôme. Gino Bartali prit la troisième place devant Géminiani et Robic qui parvenait à distancer Ockers.
Dans le Miroir du Tour 1952, Pellos illustrait fort bien la situation à quelques jours de l'arrivée à Paris. Loin de la "Sorcière aux dents vertes" ou de "L'homme au marteau", il représentait le Puy de Dôme sous les traits plutôt bonhommes d'un bougnat.
A Paris, derrière Coppi, le belge Stan Ockers termina deuxième, l'Espagnol Ruiz troisième, Gino Bartali quatrième et Jean Robic seulement cinquième malgré une belle victoire au Ventoux. 

Tour de France 1959 : Contre la montre !

Le Tour de France ne revint au Puy de Dôme que sept années plus tard, et ce fut pour un contre la montre individuel qui menait les coureurs de Clermont Ferrand au sommet du Puy de Dôme, soit une 15ème étape de 12,5 kilomètres seulement, mais quelle étape !
 Située entre les Pyrénées et les Alpes, alors que rien n'était encore joué quant au sort de ce Tour 1959, Federico Bahamontès prit un avantage certain sur ces principaux adversaires.

"L'oeil noir et bien clair à la fois, les frisettes rebelles. Parfaitement en ligne sur sa selle, les mains en haut du guidon, Bahamontès, sans qu'il y paraisse tellement, va réaliser une performance sensationnelle. L'Aigle de Tolède sur les sommets du Puy de Dôme va conquérir une... aire nouvelle." Miroir sprint 684A du 13 juillet 1959
 SENSATIONNEL... vraiment ?
Qu'on en juge. Charly Gaul, après avoir connu une grosse défaillance sur les routes aveyronnaises et cantaliennes lors de l'étape Albi-Aurillac, termina deuxième à 1 minute et 26 secondes (en 12,5 km). On le voit sur cette photo dépasser Bobet, parti deux minutes avant lui, et Picot, parti 6 minutes avant lui. Au classement général, il se trouvait à plus de 20 minutes de Bahamontès.
Sur les pentes du volcan auvergnat, Henry Anglade, de l'équipe Centre-midi, termina troisième et confirma son statut de challenger. Mais il perdait 3 minutes sur l'Aigle de Tolède.
Roger Rivière, grand espoir du cyclisme tricolore, était parti 2 minutes avant l'Espagnol qui le rejoignit et le doubla. Rivière perdit 3 minutes 27 durant les 12,5 kilomètres de cette étape.
Jacques Anquetil, vainqueur du Tour 1957, termina à 3 minutes 41.
La vérité était-elle sortie du Puy ? 
Il semblait bien car si Bahamontès n'endossa pas le maillot jaune à l'issue de cette étape, il était deuxième à 4 secondes seulement du belge Hoevenaers. Les Français, empêtrés dans leurs rivalités, l'aidèrent d'ailleurs un peu à gagner ce Tour 1959.


Tour de France 1964 : L'étape de LEGENDE !

Cinq années plus tard, le Tour de France revint au Puy de Dôme. A deux jours de l'arrivée à Paris, la vingtième étape Brive - Clermont Ferrand pourrait être décisive pour le classement général, 56 secondes seulement séparent Anquetil, qui portait le maillot jaune, et Poulidor, son plus dangereux adversaire.
Pellos résume bien dans le Miroir sprint le challenge qu'Anquetil dut relever face à Poupou et les Espagnols Jimenez et Bahamontès. Car ces deux derniers caracolèrent dans la montée du volcan auvergnat.
Pourtant la postérité retint le duel que se livrèrent les deux Français, au coude à coude durant la majeure partie de l'ascension.
Et puis à quelques hectomètres du sommet, le Normand lâcha prise. Poulidor allait chercher la troisième place de l'étape derrière Jimenez et Bahamontès. Anquetil quant à lui, à la cinquième place de l'étape, sauvait son maillot jaune pour 14 secondes ! Poulidor entrait dans la légende du Tour, une gloire sans maillot jaune.
Le duel annoncé par Pellos dans le numéro 45 du juin 1964 du Miroir du Cyclisme avait bien eu lieu, tenant en haleine des millions de supporters, désormais rangés sous la bannière des Anquetilistes ou des Poulidoristes : il fallait choisir son camp !
Deux jours plus tard, Anquetil parachevait son oeuvre en remportant le contre la montre de 22,5 kilomètres Versailles - Paris ainsi que son cinquième Tour de France. Poulidor terminait ce mémorable Tour, deuxième à 55 secondes du vainqueur.

 Tour de France 1967 : l'Italien

Durant ce tour, l'étape Limoges - Le Puy de Dôme était encore située à deux jours de l'arrivée à Paris. L'Italien Felice Gimondi, vainqueur du Tour 1965 mais ne courant plus après le classement général en 1967, s'offrit une victoire de prestige en Auvergne.
Derrière, le maillot jaune Roger Pingeon devaiit gérer le risque représenté par l'Espagnol Jimenez, son dauphin à 2 minutes 3 secondes. Grâce à l'aide d'un équipier de luxe, Raymond Poulidor, Pingeon s'en sortit fort bien ne lâchant qu'une trentaine de seconde au grimpeur ibérique. Lors du dernier contre la montre Versailles - Paris, le Français accentua son avance pour remporter ce Tour 1967 avec 3 minutes 40 d'avance sur son second. Cette année-là, Poulidor sortit vainqueur de cette dernière étape mais Maître Jacques n'était plus là...

   Tour de France 1969 : Lanterne rouge

AN I du règne d'Eddy Merckx sur le Tour de France, on pouvait s'attendre à voir le Cannibale remporté cette vingtième étape Brive - Puy de Dôme, n'en avait-il pas déjà gagné 5 ?

Pourtant, un homme avait choisi ce jour pour sortir de l'ombre, menant une de ces échappées qui semblent vouée à l'échec. Cet homme se nommait Pierre Matignon et le matin de cette étape il était dernier au classement général.

Tel le lièvre de la fable, Eddy Merckx termina à 1 minute 25 du Français, ayant lâché tous ses adversaires encore une fois mais devant laisser la victoire à un outsider.

Tour de France 1971 : Un Grand d'Espagne

Eddy Merckx avait bien l'intention d'inscrire son nom pour la troisième fois au palmarès du Tour de France. Au matin de cette huitième étape cela se présentait plutôt bien pour le Belge, il portait déjà le maillot jaune. Pourtant un Espagnol allait sonner la révolte contre le roi Eddy !
Luis Ocana planta sa première banderille sur les pentes du Puy.
Merckx était lâché,  par Luis Ocana d'abord puis par Zoetemelk et Agostinho. Les écarts se comptaient en secondes mais l'alerte était sérieuse.

Quelques jours plus tard, entre Grenoble et Orcières Merlette, Ocana distançait Merckx et tous les autres (sauf Lucien Van Impe) de près de 10 minutes.
Malgré les sursauts d'orgueil de Merckx, la messe semblait dite.
Pourtant dans la descente du col de Menté, sous un orage d'apocalypse, Ocana devait abandonner sur chute laissant le champ libre à Merckx pour son troisième succès.

 Tour de France 1973 : Ocana encore
 
 
Pour ce Tour 1973, le Puy de Dôme arrivait en fin de partie et les jeux étaient faits, Luis Ocana avait dominé ses adversaires et n'avait pas connu l'adversité !
Il mit malgré tout un point d'honneur à remporter cette dernière étape de montagne.


Tour de France 1975 : Merckx KO !
La quatorzième étape de ce soixante-deuxième Tour de France, longue de 173,5 kilomètres, menait les coureurs à travers l'Auvergne, d'Aurillac au Puy de Dôme.
Merckx pouvait envisager une sixième victoire, d'autant qu'il portait comme en 1971 le maillot jaune.
Mais, comme en 1971, Merckx connut une première défaillance sur ces rudes pentes. Bernard Thévenet et Lucien Van Impe attaquaient le Cannibale et lui reprenaient quelques secondes.
Van Impe remportait l'étape devant Thévenet, Merckx terminait troisième, au courage et sous les insultes...

Et pas seulement car un imbécile lui donna un coup de poing au foie alors qu'il était en plein effort dans la montée du Puy. Après l'arrivée, le champion belge redescendit la pente du Puy de Dôme et désigna le coupable aux gendarmes. Celui-ci niera toujours être l'auteur du coup malgré les images télévisées. Il sera condamné à 2 mois de prison avec sursis et 1 franc de dommages et intérêts. Son avocat, commis d'office, s'appelait Maître... Thévenet.
Le jour où Merckx reçut un coup de poing - LA MONTAGNE 2016

Deux jours après, entre Nice et Pra Loup, Merckx s'est échappé avant la dernière montée. Devant la télé, j'exulte. Mon idole allait remporter son sixième Tour de France. Mon père râle, il aimerait tant voir un Français vaincre.
Et puis, dans la dernière montée, le reportage cafouille un peu... Gimondi est revenu et a lâché Merckx. L'image saute encore... Thévenet déboule, il revient sur... Gimondi. Où est Merckx ? Devant ? Derrière ? 
 1975 : Nice - Pra Loup
Les journalistes n'en savent rien. Moi non plus. Et puis c'est l'arrivée. Thévenet s'empare du maillot jaune. Le Tour est joué et mon père exulte à son tour !

 Tour de France 1976 : Le Hollandais volant

 Pour la deuxième année consécutive, le Tour de France faisait étape au sommet du géant auvergnat. 
 Encore une fois, le Puy de Dôme arrivait à la fin du Tour de France. Lucien Van Impe était en train de gagner le Tour. Zoetemelk qui allait remporter l'étape sera encore une fois deuxième. Poulidor profita de cette étape pour chiper la troisième place à Raymond Delisle.

 Tour de France 1978 : La foule



Après la mauvaise ambiance de 1975, le public offrit un accueil de premier choix aux coureurs pour ce contre la montre de plus de 50 kilomètres entre Besse en Chandesse et le Puy de Dôme.
Zoetemelk gagnait pour la deuxième fois au sommet du Puy. Le Belge Michel Pollentier terminait deuxième avant d'être exclu du Tour quelques jours plus tard.
Joseph Bruyère, ancien lieutenant d'Eddy Merckx qui vient de mettre un terme à  sa carrière cycliste, terminait troisième de cette étape et conservait son beau maillot jaune. Bernard Hinault ne prenait que la quatrième place ce qui ne l'empêcha pas quelques jours plus tard de remporter son premier Tour de France.
 

Tour de France 1983 : La fête espagnole

En 1983, le Puy de Dôme accueillait à nouveau un contre la montre qui ressemblait à celui de 1959 (12,5 kilomètres). Située après les Pyrénées qui avaient vu le Français Pascal Simon se hisser au-dessus du lot : il portait le maillot jaune avec plus de 4 minutes d'avance sur le jeune Laurent Fignon, cette étape allait redistribuer les cartes.

Deux Espagnols prenaient les deux premières places : Angel Arroyo, 1er (photo du miroir du Cyclisme) et Pedro Delgado , 2ème. Mais le sort du Tour se jouait derrière.

En effet, Fignon reprit 3 minutes au Champenois durant ces 12,5 kilomètres. Il est vrai que le porteur du maillot jaune souffrait d'une fracture de l'omoplate depuis sa chute lors de la 11ème étape. Quelques jours plus tard, il abandonna la course et le maillot jaune. Pour son premier Tour de France, Fignon remportait la victoire comme Anquetil, comme Merckx, comme Hinault. Et dire qu'aujourd'hui, on prétend qu'il faut atteindre une certaine "maturité" pour remporter les grands Tour...
  
Tour de France 1986 : Un petit Suisse

Après l'étape de l'Alpe d'Huez qui vit le triomphe de Lemond et de Hinault franchissant la ligne d'arrivée main dans la main, l'étape du Puy de Dôme n'avait pas grand enjeu pour le classement général.

C'est un Suisse qui remporta l'étape et Greg Lemond put savourer l'instant : pour la première fois un Américain allait remporter le Tour de France !

 

Tour de France 1988 : la dernière.

C'est la dernière fois que le Tour de France fit étape au Puy de Dôme, 188 kilomètres au départ de Limoges, comme en 1952.
Au terme d'une échappée au long cours, le Danois Johnny Weltz (Fagor) et l'Allemnad Rolf Golz (Superconfex) se disputèrent la victoire. Et c'est un Danois qui fut le dernier à écrire son nom au palmarès du Puy de Dôme.
Une belle histoire se terminait là. Depuis le Tour de France s'est tourné vers d'autres sommets. 
Pour ma part, si la passion du Tour est moins fervente, j'aurais bien aimé gravir avec Laurence ce fameux Puy de Dôme.
Mais notre voyage continue, sans Puy de Dôme, donc...
Vers midi, à Chambois, nous nous arrêtons pour notre pause pique-nique. Pour le  préparer nous avions fait un arrêt en début de matinée au magasin "Vival" de Saint Ours pour acheter de la charcuterie et surtout du Saint Nectaire fermier. Ceci sur la recommandation des habitants de Saint Georges avec qui nous avions partagé le pot des campeurs la veille au soir. Nous avons pris un gros morceau de ce Saint Nectaire qui nous fera plusieurs repas. Il était délicieux, merci.

La saucisse sèche aussi est délicieuse.
Il reste encore quelques fontaines où l'eau est potable.

Les maisons sont coquettes... 


J'ai retrouvé une carte postale ancienne de ce village. Qu'elle est calme notre campagne de France ? Un peu moins peuplé, peut-être.
Nous reprenons la route sous le soleil mais avec plein de forces après cette pause.
 Et il nous en faudra car la première grosse difficulté de ce voyage se profile à l'horizon.
Mais ce sont les vacances, pas le Tour de France, aussi toutes les occasions sont bonnes pour prendre notre temps.  Nous faisons donc un nouvel arrêt au village d'Orcival.
Encore un bien beau village "équipé" d'une église monumentale. 
Orcival - Carte postale ancienne
 C'est un petit bourg de montagne qui semble vivre au ralenti dans la torpeur d'un après-midi d'été.
Nous ne sommes pas encore arrivés au terme de cette étape, et ça monte toujours.
Heureusement le paysage est magnifique et la circulation automobile fort réduite.
Nous prenons le temps d'en profiter et montons, montons, lentement, à des altitudes jamais atteintes depuis le début de notre voyage.
Quelques kilomètres avant de franchir le col de Guéry, nous découvrons un paysage étonnant.
Nous voyageons en pays d'anciens volcans et ils ont laissé leur trace dans le paysage. En témoignent ces deux sommets.
La roche Tuilière à gauche, 1288 mètres. Sa pierre fut longtemps exploitée et couvre les toits de nombreuses maisons et églises bien au delà de la proche région : les traditionnelles lauzes.
La roche Sanadoire à droite, 1286 mètres. Au Moyen âge, un château était érigé au sommet de cette montagne et servit de repaire à des mercenaires anglais durant la guerre de Cent ans.

Nous voici arrivés au col, un de plus dans notre collec', nous allons maintenant pouvoir nous laisser aller doucement dans la descente vers le Mont Dore.
Nous passons au long du Lac de Guéry.
L'hôtel semble toujours en service.
En vue de la station thermale, la circulation se fait plus dense mais nous arrivons tranquillement et facilement au camping municipal.
Ce fut le camping le plus peuplé de ces vacances et aussi le plus... étonnant.
En effet, d'un côté il y a un vrai camping, avec de vrais campeurs et de l'autre côté une vaste aire de stationnement pour les camping-cars, immense ! Les camping-caristes sont parqués là comme dans des HLM à roulettes. Quel plaisir y trouvent-ils ? Mystère... Car ils sont très nombreux.
Ce n'est pas cela qui est le plus étonnant, non. On en voit souvent, des camping-cars stationnés ainsi sur de vastes parkings, c'est sans doute ce que l'on nomme le tourisme de masse. 
C'est le fonctionnement du bloc sanitaire du camping qui nous surprend le plus. Pour y accéder, il faut un code d'accès et pour la douche, il faut acheter un jeton qui permet de prendre prendre sa douche en 8 minutes, montre en main. Cela laisse le temps mais il ne faut pas traîner quand même. 
Quand je demande le pourquoi au gardien, il m'explique que les camping-caristes ne devraient pas accéder aux sanitaires normalement mais qu'ils le faisaient quand même alors ce système de codes et de jetons a été mis en place. 
Pour le reste ce camping municipal est propre et calme mais nous ne resterions pas ici pendant une semaine.
Après la douche et l'installation du campement, nous retournons en ville à vélo pour un bon repas au resto.
Truffade et profiterolles dans un restaurant sympa : on ne va pas se priver quand même ! Nous ne courons pas le Tour de France !
Après la foule qui nous accueille en ville vers 18H30, nous sommes étonnés par le calme qui tombe soudain sur la ville vers 19H30. Le personnel du restaurant nous dit que c'est traditionnel ici. Couvre-feu à 19H00 ?
Aujourd'hui nous avons parcouru 64 kilomètres à la moyenne horaire de 11,9 Km/h. C'est dire si l'on ne risque pas de courir le Tour de France.