J'ai été abonné au Miroir du Cyclisme pendant plus de 20 ans et puis un jour, plus rien... C'était en 1994. Je n'ai même pas reçu ce qui devait être le dernier numéro de ma revue préférée, le numéro 474 de mars-avril 1994.
Et bien ça y est, je l'ai enfin trouvée pour un prix... raisonnable.
Il ne doit plus me manquer que les numéros 6 (de 1960) et 458 (de 1992).
Issue de la presse de la Résistance (dans la mouvance du Parti Communiste Français), comme Miroir Sprint, Miroir du Cyclisme ne résista pas à la concurrence de la télé, à la baisse de popularité du cyclisme dans ces années 90 et peut-être aussi à la chute du Mur de Berlin...
Pourtant ce numéro du début d'année 1994 ne laisse rien augurer de la fin de la publication.
Les deuxième et avant-dernière page de la revue présentent des images à découper de coureurs comme les aiment les collectionneurs. Au dos, on trouve une biographie du sportif.
Trois images de coureurs de l'époque et une d'un glorieux ancien par page. Cette collection débuta en avril 1993 avec une fiche de Duclos Lassalle qui venait de remporter son deuxième Paris Roubaix pour quelques centimètres seulement.
Comme tous les ans, toutes les équipes cyclistes professionnelles sont présentées. Richard Virenque fait la couverture de cet encart sponsorisé par un marchand de cycles.
Un calendrier des courses, autre tradition annuel du MdC, est également inséré dans ce numéro.
Et je ne résiste pas au plaisir de présenté ici les huit photos qui l'illustrent.
Ces photos qui furent l'un des attraits des Miroirs, sont pour la plupart signées Henri Besson, figure emblématique de la revue.
Tous les ans, je détachais ce calendrier du magazine pour l'accrocher quelque part et l'avoir sous les yeux pour suivre la saison cycliste. Ce qui fait qu'un certain nombre de mes MdC ne sont pas complets... il peut également y manquer les cartes du Tour de France qui elles aussi trouvaient toujours une place sur un mur !
En ce qui concerne les posters, il m'en manque également quelques-uns.
Une mini-revue consacrée au cyclosport, le Miroir des Cyclos, remplace l'ancien encart Vélosport qui doit devenir un nouveau magazine trimestriel. Il n'en sera rien mais ce magazine préfigurait tout à fait les revues et magazines cyclos qui "peuplent" les rayons "SPORT" des Maisons de la Presse aujourd'hui encore.
La quatrième de couverture de ce "Miroir des Cyclos" donne un panorama des premières cyclosportives existant alors : c'était les débuts de la "discipline". Certaines épreuves ont résisté jusqu'à aujourd'hui.
Dans la revue elle-même, quelques articles ont plus particulièrement retenu mon attention.
994 vit le décès de Fred De Bruyne. Champion belge de la fin des années 50, il devint par la suite un commentateur averti du vélo à la télévision belge. Je me souviens qu'on l'apercevait souvent à la télé lors des retransmissions du Tour de France des années 1970-80.
On le voit ici lors de la dixième étape du Tour 1956 prendre son ravitaillement devant André Darrigade qu'il battit à Bayonne. En plus de nombreuses Classiques, il remporta en effet 6 étapes du Tour en 1954 et 1956.
Un interview d'Eddy Merckx ne pouvait qu'attirer mon attention. Elle n'est pas très lisible sur ce scan mais comme elle n'est pas non plus impérissable...
Avec quelques années de recul, la dernière phrase vaut néanmoins son pesant d'or :
"Armstrong, n'est sûrement pas un futur vainqueur du Tour de France mais il devrait devenir le roi des classiques de la décennie, à la manière d'un De Vlaeminck ou d'un Kelly à leur époque."
Armstrong, plus jeune champion du monde sur route en 1993 est photographié dans ce dernier numéro de MdC en cow-boy : il devint pourtant le roi du Tour de France et ne gagna pas une seule Classique... Roi aujourd'hui déchu !
Ce petit article à propos de Fuente a également attiré mon attention.
Fuente que l'on voit ici sur un poster paru en 1974 (Je les évoquais plus haut ces magnifiques POSTERS ! On n'en voit sur ce scan qu'un tiers environ. On remarquera toutefois le changement de vitesse au guidon, équipement traditionnellement réservé aux cyclo-crossmen.) , faisait partie de ces grimpeurs que l'on pouvait croire ailé, tellement sa "pédalée" en montagne était facile.
Coureur de la mythique équipe KAS, il fut le rival de Luis Ocana, l'Espagnol de Mont de Marsan, dans le coeur des Ibériques et aussi celui d'Eddy Merckx en montagne.
Sur cette photo, il s'envole vers sa deuxième victoire d'étape consécutive lors du Tour 1971.
Fuente "charge" les coureurs de sa génération...
Hélas, trois fois hélas, trois ans plus tard l'affaire Festina éclatait, contredisant ses espoirs et montrant les dessous, pas très propres, d'un certain cyclisme et puis cela continua comme chacun sait.
Miroir du cyclisme ne fut hélas pas là pour voir cette décadence. José manuel Fuente non plus, il mourut en 1996, il avait à peine 40 ans.