lundi 20 août 2012

L'Alpe d'Huez : 21 virages, 26 vainqueurs... (Deuxième partie)

Je continue donc à remonter les virages de l'Alpe...

Pour ce virage 18, encore deux noms : Hennie Kuiper (BIS !) et Franck Schleck.




Miroir du Cyclisme N° 255
Pourtant en ce qui concerne 1978, c'est le nom du Belge Michel Pollentier qui devrait apparaître. En effet, à l'issue d'un véritable numéro de grimpeur, le petit Belge, disgracieux sur le vélo, remportait la 16ème étape Saint Etienne - L'Alpe d'Huez (240 km) et enfilait le maillot jaune. Il devait continuer son numéro en tentant de berner les contrôleurs anti-dopage, dissimulant un  appareillage qui lui aurait permis de fournir un échantillon d'urine ne lui appartenant pas (Allez savoir pourquoi...). En tout cas, il fut pris et exclu sur le champ du Tour !
Cela me rappelle cette petite histoire du médecin qui rend compte d'un contrôle anti-dopage à un coureur :
" J'ai deux nouvelles à vous annoncer :
La première, c'est que vous n'êtes pas dopé...
La deuxième, c'est que vous êtes enceinte !"...
C'était la première fois qu'un maillot jaune quittait ainsi la course depuis 1903... A ma connaissance, cela ne se produisit à nouveau qu'avec l'exclusion du Danois Rasmussen à la fin des années 2000.
Hennie Kuiper fut déclaré vainqueur de l'étape tandis que Zoetemelk prenait la tunique d'or : triomphe hollandais à l'Alpe, cela devenait une habitude.
En ce qui concerne Franck Schleck, si je n'ai pas de photo (Mes archives récentes sont très pauvres.), rappelons qu'il a été exclu du dernier Tour à la suite d'un contrôle positif. L'histoire, hélas, se répète...


En 1979, l'Alpe d'Huez qui devient incontournable pour le Tour de France, voit l'arrivée de deux étapes successives. La 17ème étape a vu les coureurs venir des Ménuires après 199km.




Miroir du Cyclisme N° 271
Et c'est un ancien, le Portugais Joachim Agostinho, 37 ans, qui lâche les leaders, dont  le maillot jaune Hinault. Comme en 1978, Agostinho se classa à la 3ème place de ce Tour derrière Hinault et Zoetemelk. L'arrivée de cette étape en vidéo :
En 1984, le Portugais, encore coureur à 42 ans, mourut à la suite d'un accident en course après plusieurs jours de coma.
Au virage 14 , une stèle a été érigée à la mémoire du coureur portugais.
Deux chanteurs que j'aime bien, ont rendu hommage au champion : 
Dick Annegarn tout d'abord.
"Chaque fois que je monte cette côte de honte
Je pense aux boyaux d'Agostinho..."

Et puis bien sûr Romain Didier, sur des paroles d'Allain Leprest, dans son album "D'hier à deux mains".

Bel hommage ! Je n'ai pas trouvé de vidéo alors voici les paroles :
Pour l'anecdote (...), Agostinho partage son virage avec Sastre, vainqueur en 2008. C'est ici, je crois, que l'Espagnol construisit sa victoire dans le Tour. 
La Garde en Oisans, au petit matin du dimanche 22 juillet
Le prochain virage (le 16) se trouve à l'entrée village de la Garde en Oisans et le plus dur de la montée est derrière moi... OUF !
Pour cette deuxième arrivée  du Tour 1979 à l'Alpe, qui menait les coureurs de l'Alpe d'Huez à l'Alpe d'Huez, après un périple de 119 kilomètres, le parcours empruntait les cols de la Morte, de Malissol et d'Ornon. Cela ressemble au circuit que nous avons fait le mercredi 18 juillet avec Lolo :
http://cinquantecols.blogspot.fr/2012/08/mercredi-18-juillet-les-alpes-etape-2.html
Miroir du Cyclisme N° 271
A quelques jours de l'arrivée à Paris, c'est Zoetemelk qui passait à l'attaque pour tenter de déstabiliser, en vain, Hinault. Il portait néanmoins le nombre de victoires hollandaises à l'Alpe d'Huez à 4 (sur 6 arrivées). L'histoire est en marche et la montagne des Hollandais est en train d'entrer dans la légende du Tour.
Un Français est associé au Hollandais de Germigny l'Evêque, Pierre Rolland, vainqueur en 2011. Je l'évoquerai plus tard.

En 1981, arrivant de Morzine après avoir parcouru 250 Km, c'est encore un Hollandais qui est à la fête.




Miroir du Cyclisme N° 305
Un petit nouveau en l'occurence : Peter Winnen n'a que 23 ans et l'avenir devant lui !



L'année suivante, arrivant d'Orcières pour la 17ème étape (123 km), un Suisse dame le pion aux grands favoris et aux... Hollandais !






Miroir du Cyclisme N° 322
Il ne remporta pourtant pas le maillot à pois du meilleur grimpeur qui échut au français Bernard Vallet qui accumula les points dans les côtes...
A SUIVRE

dimanche 19 août 2012

L'Alpe d'Huez : 21 virages, 26 vainqueurs... (Première partie)

Voici 4 semaines exactement, je suis monté à l'Alpe d'Huez, à vélo... Oui, la vraie montée des coureurs du Tour de France !
Pour éviter la cohue et la chaleur, je suis parti tôt : à 6H20, je quittais Allemont, laissant Laurence dans le monde des rêves.
Peut-être rêvait-elle au magnifique col du Sabot ?
http://cinquantecols.blogspot.fr/2012/08/jeudi-19-juillet-les-alpes-etape-3.html
A 7 H moins le quart, je commençais la montée en passant devant la borne qui indique le début du chronométrage pour les cyclistes munis de la puce électronique vendue (ou louée) dans les offices de tourisme de la région.






Avis aux amateurs ! 
Je reproduis ci-contre la notice publiée dans la brochure "30 itinéraires cyclos en Oisans" dont j'ai déjà parlé sur le blog de la Cyclouturière.












Me voici au pied d'une montée mythique du vélo. En 2006, le 10 juillet, je l'avais déjà gravie lors d'une belle étape du Tour Gap-L'Alpe d'Huez. C'était la troisième ascension du jour après l'Izoard et le Lautaret, au terme d'une "course" de 191 kilomètres et je n'avais pas vraiment apprécié. 

J'avais terminé 4414ème (sur 6037 concurrents classés alors que nous étions 7548 au départ, plus de 1500 abandons quand même...) en 9H 51mn, à la moyenne de 19,4 km/h. On comparera mon temps de montée vers l'Alpe à celui de Pantani...
Et voici ce que je notais de ma montée vers l'Alpe :
"Que c'est pentu ! Je monte à mon rythme sur le 30X25.
Arrêt au village d'Huez pour un ravitaillement en eau.
A 4 km du sommet, je suis victime d'une crampe à la cuisse gauche (arrêt 5 à 10 mn) mais cela ne m'empêche pas de terminer vers 17 h 10.
Hébergement à l'hôtel "Le Mariandre" : que c'est bon un bain après une telle épreuve !"
Le lendemain, je redescendais à Grenoble à vélo pour prendre le train et rentrer en Seine et Marne.
Mais ce matin je suis seul sur la route et je ne suis pas fatigué, je vais pouvoir apprécier.
En effet, il paraît que certains jours plus 400 cyclistes réalisent cette ascension !
Mais pourquoi un tel succès ?
14 kilomètres d'ascension pour une pente moyenne de 7,9 %.
Les 21 virages.
Une montagne envahie par les spectateurs les jours de passage du Tour de France.
Le record de Pantani en 2005 qui gravit la montée en 37mn 35s à une moyenne proche de 24 km/h.
Souvent placé à la fin du Tour l'Alpe d'Huez désigne parfois le futur vainqueur de Tour de France.
Ainsi cette ascension classique est devenue quasiment mythique, légendaire. 
En particulier pour les Hollandais qui l'affectionnent particulièrement. Ils détiennent en effet le record des victoires d'étape (8) à l'Alpe. Aussi sont-ils des milliers à vouloir imiter Zoetemelk, Kuiper et compagnie ! Souvent en famille et pas toujours avec de beaux vélos de course...
Mais cela n'allait pas de soi, la montée vers l'Alpe d'Huez est une invention tardive du Tour de France. 
Pour évoquer cette histoire, je me suis plongé dans mes Archives vélos. Remontons donc les 21 virages, du n° 21 en bas, au n° 1 tout en haut.
Chaque virage est numéroté et rend hommage à tous les vainqueurs de l'Alpe.
Le virage 21 évoque la première incursion du Tour, en 1952, dans cette montée.
C'était la 10ème étape qui menait les coureurs de Lausanne à l'Alpe d'Huez sur un parcours de 266km.
Lance Armstong, 22ème vainqueur est associé au campionissimo sur ce virage.


Lance Armstrong, vainqueur à deux reprises, accueille les cyclos au pied de l'Alpe.
Photo parue dans Miroir Sprint du 7 juillet 1952
La course se résuma à une course de côte, le peloton se présentant groupé au pied de la dernière ascension. Fausto Coppi y réalisa un bel exploit : répondant à une attaque de Jean Robic, il s'en alla seul et prit le maillot jaune qu'il ne quitta plus jusqu'à Paris.
Photo parue dans Miroir Sprint du 7 juillet 1952
Biquet réussit à conserver une belle deuxième place. Mais pour lui, seule la première comptait...
On le voit ici après Huez et son clocher (Ce doit être le virage n°4 ?) et l'on aperçoit au loin l'église de St Féréol.
Cette photo du 22 juillet 2012 a été prise un peu plus haut.
Le lendemain les coureurs prenaient une journée de repos dans la station (Etait-ce d'ailleurs déjà une station de sports d'hiver en 1952 ?). 
Malgré ce succès, le Tour ne revint à l'Alpe d'Huez que 24 ans plus tard en 1976.

Les coureurs venaient de Divonne les Bains pour cette 9ème étape longue de 250 kilomètres.







Van Impe, qui va gagner ce Tour 1976, attaque sèchement au pied de l'Alpe. Thévenet, le vainqueur 1976, n'arrive pas à suivre. Pollentier, qui sera lâché peu après, et Zoetemelk restent avec le grimpeur belge. C'est la première victoire hollandaise : Joop Zoetemelk revêtu du maillot Gan-Mercier sur son beau vélo violine !
Derrière, Thévenet (Ah ! le fameux maillot Peugeot à damier !) assure l'essentiel du travail dans le groupe des battus. On reconnaît à  droite Poulidor qui effectue son dernier Tour de France qu'il finit à la troisième place à presque 40 ans.
Ce virage 20 est également attaché à Iban mayo, vainqueur en 2003.
Le Tour commence à prendre goût à la station de l'Oisans.
En 1977, lors de la 17ème étape, 184 km, les coureutrs arrivent de Chamonix.


Thévenet doit défendre son maillot face à Van Impe qui a attaqué de loin. Il est suivi de deux Hollandais : Zoetemelk (maillot Miko-Mercier et toujours vélo violine) et Kuiper (Maillot Ti-Raleigh). C'est ce deuxième Batave qui inscrit son nom au palmarès de l'Alpe !
Van Impe, épuisé, connut un autre sort ! Les années se suivent...
Le virage 19 rend également hommage au vainqueur 2004 : Lance Armstrong, encore lui.
A SUIVRE

vendredi 17 août 2012

Jeudi 16 août : Une balade vers l'Automne

Encore une grande sortie aujourd'hui : plus de 160 kilomètres.

J'avais décidé de partir vers l'Oise et cela a en effet commencé à devenir intéressant lorsque je suis entré en Picardie.
Pas très lisible la borne... Alors j'explique : à gauche, la Seine et Marne et l'Ile de France ; à droite, l'Oise et donc la Picardie.




En effet, j'ai dû résoudre une énigme... Près de ce village au joli nom (et à la jolie plaque Michelin !), entre Betz et Crépy en Valois, que je traversai un peu par inadvertance, choisissant une petite route buissonnière plutôt que la route directe que nous empruntons lors du Brevet de Randonneurs Mondiaux de 300 km organisé par l'Audax Club Parisien.
J'ai tout d'abord remarqué cette construction...
Cela ressemble à un blockhaus comme il y en a sur la côte bretonne vers Etel et Erdeven en Bretagne : les allemands auraient-ils prolongé le Mur de l'Atlantique jusqu'ici ?
Quelques hectomètres plus loin, d'autres constructions en béton "égayent" la campagne picarde !
Mais ici une indication va me mettre sur la voie...
Confirmée par le nom de la rue :
Ainsi, je me trouverais sur la Ligne Chauvineau ! Jamais entendu parler !!!
Donc je suis allé sur le WEB pour me renseigner et j'ai trouver un site dédié à cette fameuse ligne Chauvineau...
Obligé de contourner la ligne Chauvineau pour cultiver son champ, le gars !
SCROGNEUGNEU....
Il suffit de cliquer sur le lien pour en savoir plus :
http://lignechauvineau.free.fr/Presentation.html
Pour résumer, cette ligne était un "système" qui devait protéger Paris contre les chars allemands. Sa construction fut décidée en septembre 1939 : un complément de la célèbre ligne Maginot en quelque sorte... Chauvineau étant le nom du général supervisa sa construction.
Mais je dois continuer à pédaler, je suis parti après déjeuner et je voudrais rentrer avant la nuit. Ainsi, je ne m'arrête à Crépy en Valois que pour photographier cette splendide porte de l'ancien Hôtel de ville. Je viendrai photographier les châteaux de cette vieille cité une autre fois ! 
Car j'avais un but en partant de la Ferté Gaucher : faire une petite balade vers l'Automne : et j'y suis...
Château de Pondron (60)
Entre châteaux cachés dans les bois...
Abbaye royale de Lieu - restauré
...abbaye en cours de restauration...
Donjon de Vez
...ou vieux donjons perchés...
...je suis très heureux de parcourir cette vallée de...
...que je ne connaissais pas encore !
Le village de Largny/Automne
Il faudra aussi que j'y revienne en prenant plus le temps de flâner...
Car tout ceci mérite une nouvelle visite !
Pour rentrer, je passe à Villers Cotterets,  (Salut aux cyclos de cette ville ! s'ils me lisent),
...puis par La Ferté Milon : j'aurais pu appeler cette balade "Les trois Ferté" (Je suis aussi passé par la Ferté sous Jouarre !).
Et avant de foncer vers LFG, je fais un dernier arrêt à la fontaine de Chézy en Orxois, dernier village de la région, à ma connaissance, où la fontaine n'est pas affublée du vilain écriteau "EAU NON POTABLE". 
Et c'est vrai qu'elle est bonne l'eau de Chézy !
Avis à la population ! Je commence aujourd'hui le récit de nos aventures alpestres du mois de juillet par notre montée des cols du Glandon et de la Croix de Fer, à voir sur le blog 50 ans, 50 cols :
http://cinquantecols.blogspot.fr/2012/08/mardi-17-juillet-les-alpes-etape-1.html