mardi 6 juin 2017

Week-end Pascal

Ce petit récit était dans la rubrique "Brouillons" de mon blog depuis quelques semaines, inachevé... Je prends enfin le temps de le publier.
Nous en avions parlé avec Yves lors de l'Assemblée Générale du club en décembre 2016 : refaire une Flèche Vélocio comme en 2011, 2014 et 2015.
Alors pour ce week-end pascal 2017, nous étions prêts.
Constituer une équipe avait été assez facile malgré la défection de Jean qui avait dû renoncer pour raison de santé.
Le troisième membre était Luc qui nous avait déjà accompagnés en 2014 et 2015.
Laurent avait également accepté de faire route avec nous vers Vénejan dans le Gard.
Enfin, Camille était le cinquième équipier de notre "dream-team".
Nous étions assez facilement tombés d'accord sur la distance à parcourir lors de cette randonnée vers la Provence : 450 kilomètres en 24 heures nous semblaient un pari raisonnable.
Bien sûr s'il y avait un bon mistral pour nous pousse sur la fin du parcours nous espérions mieux... Je savais qu'Yves espérait franchir le cap des 500 kilomètres qui s'était toujours refusé à lui, souvent de peu (492 km en 2014 et 491 km en 2015) !
Nous avions choisi un itinéraire classique qui devait nous mener de Montbard à Dijon, puis nous devions rouler vers Chalon sur Saône et Villefranche sur Saône avant de traverser Lyon et de continuer le long du Rhône vers Pont Saint Esprit.
Le jeudi 13 avril, j'ai donc pris la route pour la Bourgogne. J'avais en effet décidé de me rendre à Montbard à vélo et en train.
En effet, après 80 kilomètres de vélo, à Sens, j'ai embarqué dans un TER pour Montbard.
Tout seul, avec mon vélo dans un grand wagon SNCF, c'est le bonheur. J'avoue avoir toujours un peu peur de gêner les autres voyageurs avec mon engin : aujourd'hui ce n'est pas le cas.
Ainsi, j'arrive tôt à l'hôtel où nous devons passer la nuit avant notre départ vers le sud. J'ai fait au plus simple en choisissant l'hôtel de la Gare, nous sommes en effet trois équipiers à arriver en train avant notre partie de manivelles.
Les premiers à me rejoindre en fin d'après-midi  sont Michèle, Chantal et Laurent. Michèle et Chantal assureront notre assistance en voiture durant ces 24 heures de vélo. Elles seront des équipières à part entière de cette aventure.
Luc arrivera ensuite, venant de la région parisienne à vélo après une balade de plus de 200 kilomètres : il tient la forme !
Yves nous rejoint en début de soirée. Quand il débarque du train, il annonce avoir oublié son casque...
Lors du repas qui suivra nos retrouvailles, nous mettons au point les détails de notre rando, en particulier à quels endroits retrouver nos "anges gardiens" lors de nos points de contrôle.
On aura remarqué qu'il manque un équipier, et oui, Camille ne nous rejoindra que le lendemain matin peu avant le départ. Il débarquera du train vers 8 heures le vendredi matin pour prendre le départ de notre Flèche à 9 heures. C'est plus qu'une Flèche pour lui !

Après une bonne nuit de repos (la nuit prochaine sera blanche !) et un copieux petit déjeuner, nous voici à pied d'oeuvre.
Camille nous a rejoints, il a préparé son vélo, rangé ses bagages dans la voiture suiveuse (qui ne nous suivra pas en vérité mais nous précédera pour nous permettre des pauses en toute tranquillité !)
Dans 10 minutes, nous allons nous élancer, nous sommes prêts. Le temps est frais mais sec.
Après quelques kilomètres, nous faisons notre premier arrêt.
Michèle et Chantal nous ont rejoints. Avant de quitter Montbard, elles sont passées chez un vélociste pour acheter un casque à Yves : Deux "anges gardiens" en vérité !
La suite de la balade est bien agréable, la route est belle, le paysage paisible et la circulation pas agressive pour deux sous...
La montée vers le village de Sombernon qui devait être la principale difficulté de notre parcours se monte au train, tranquillement. Ce n'est quand même pas un col de deuxième catégorie... ni même de troisième...
Ensuite, une longue descente doit nous mener vers Dijon.
Nous suivons l'autoroute durant quelques temps et nous roulons à belle allure.

Nous arrivons tranquillement à l'entrée de Dijon où nous allons prendre un petit repas. 

En plus de Chantal et Michèle, nous sommes accueillis par Yvette et Jean-Pierre, en route vers la Provence eux aussi.
 Et ici, nous constatons que nous avons affaire à une assistance hors-pair car en plus du ravitaillement généreux et délicieux, nous avons droit à un siège que Jean-Pierre est allé emprunter au restaurant situé à proximité.
Cette randonnée s'annonce vraiment sous les meilleurs auspices. Finalement nous n'aurons qu'à pédaler !
Contrairement aux dernières Flèches que nous avions faites, nous respectons scrupuleusement le temps d'arrêt : 30 minutes ! Et c'est reparti, mon kiki !
Baisse la tête...
... t'auras l'air d'un coureur.
Luc aussi est passé, mais il n'a pas baissé la tête ?
Nous reprenons la route pour notre prochaine étape à Chalon sur Saône. 

Des feux tricolores retardent notre progression à la sortie de Dijon : c'est bien connu, quand on en prend un, on les prend tous !
En ce début d'après-midi, la circulation est dense et il n'est pas question de baguenauder ni même d'aller boire un petit coup dans l'un des villages au nom charmant que nous traversons...
La route est plate mais le chemin est long et toujours à la queue leu leu...

Heureusement doucement mais sûrement, le vent devient favorable et nous allons bon train.
En milieu d'après-midi, nous arrivons à Chalon. Nous pointons nos cartes de route dans une boulangerie et nous retrouvons Chantal et Michèle à la sortie de la ville.
La collation est rapide mais bienvenue...
Et nous reprenons notre chemin dans la joie et la bonne humeur !
Nous traversons Tournus, sans y faire de tourisme, la route est longue encore.
Nous passons par Mâcon où nous avions fait notre pause déjeuner voici deux ans.
Nous continuons à suivre le cours de la Saône et nous le ferons jusqu'à la confluence avec le Rhône à Lyon.
J'ai toujours mon "GPS papier" devant les yeux, nous approchons de notre troisième point de contrôle à Villefranche où nous avons prévu de prendre notre repas du soir.
Nous y arrivons avec un peu d'avance sur l'horaire prévu. Ce repas du soir sera copieux : il nous faut ça pour affronter une nuit sans sommeil. La soupe de Laurent et le poulet rôti de Michèle (et tout le reste aussi !) nous donnerons les forces nécessaires !
Après avoir fait valider notre passage à Villefranche dans un bar du centre-ville, il nous faut nous préparer pour la nuit qui s'annonce douce.
Pour ma part, heureusement que j'ai prévu un double éclairage pour la nuit car un faux contact rend mon éclairage par moyeu dynamo HS. Et même si mon éclairage à pile est faible, celui de mes équipiers est au top ! Laurent nous a même fourni un gadget qui se coince dans les rayons et qui produit une lumière multicolore du plus bel effet ! Il ne manque que la musique et l'on pourrait se croire au Macumba... Macumba !
La traversée de Lyon à la nuit tombée se fait sans encombre même si je ne suis pas très rassuré dans cet univers hostile : je reste définitivement un cycliste des champs.
Nous arrivons rapidement à Givors, notre contrôle suivant. Nous y retrouvons nos "assistantes" quelque peu inquiètes. En effet, dans les rues de cette ville quelques abrutis se croient sur un circuit automobile et il n'est guère rassurant d'entendre les moteurs de grosses berlines ou de petites cylindrées bien de chez nous, ronfler comme aux 24 heures du Mans. Nous reprenons rapidement la route le long du Rhône que nous apercevons par moment sur notre gauche.
Tout se passe à merveille pour notre petit peloton par cette superbe nuit noire, nous roulons de manière harmonieuse.
Et puis, en entrant sur un rond-point, Yves chute lourdement. Son beau casque neuf heurte le sol, il a mal à la hanche mais plus de peur que de mal, il se relève, nous remettons le vélo en état de marche et ça repart ! Plus de peur que de mal, donc.
A Saint Vallier où nous avions prévu une nouvelle halte, nous sommes en avance sur le planning prévu : avec un bon coup de mistral au petit matin, peut-être pourrons-nous parcourir plus de 500 kilomètres durant cette Flèche ?
Hélas, ce ne sera pas le cas. Pas de mistral au rendez-vous et aussi quelques petits coups de fatigue de fin de nuit.
Le jour se lève enfin. Ceux qui le souhaitent pourront prendre un bon petit déjeuner. Pour ma part, je ne peux plus rien avaler, mon estomac n'accepte plus que de l'eau.

La fatigue (et le plaisir aussi ?), se lisent sur nos visages. Presque 24 heures de vélo, ce n'est pas rien quand même...
Notre Flèche Vélocio 2017 se termine ici, en haut d'une petite bosse, elle  sera homologuée à 474 kilomètres, un peu plus que le contrat initialement prévu, un peu moins que les 500 kilomètres dont nous rêvions. Même pas grave, je crois que nous y reviendrons.
Mais la route n'était pas finie... Il nous fallait rejoindre l'hôtel réservé par notre club à Pont Saint Esprit distant d'une dizaine de kilomètres.
 Et prendre avant cela un pot de l'amitié bien mérité ! Cette Flèche  à 5 + 2, comme l'a si joliment dit Michèle, restera un fort agréable moment de vélo : Merci à mes 6 équipiers (et équipières !).
Mais ce n'était pas terminé, si Camille regagnait  la région parisienne l'après-midi même, Laurence me rejoignait en Provence.
Le dimanche matin nous prenions la route de Vénéjan avec l'ami Luc pour assister à la concentration traditionnelle de Pâques en Provence, organisée par la FFCT.


Il nous fallait également remettre à Michelle les cartes de route de notre Flèche pour leur homologation.
Ce fut également l'occasion de saluer nos amis Mado et Michel qui s'occupent avec toujours autant de passion de la Confrérie des Compagnons des randonnées permanente.
Le temps était beau, je crois que les cyclos viennent chercher le soleil à Pâques en Provence, pour le ramener chez eux aux quatre coins de France.
Le moulin tourna pour notre plus grand plaisir.
Après un petit tour sur le joli site de Vénéjan, nous avons repris la route.
Le long du Rhône, tout d'abord, puis vers Pont Saint Esprit.
Après un arrêt au joli lavoir...
... et près du Pont (Saint Esprit, donc) nous avons pris la route du joli village perché... 

...de Saint Alexandre.
Nous avions rendez-vous à 13 Heures avec les Acépistes présents en Provence  autour d'un bon repas au restaurant "Le Bienheureux".
L'endroit est très agréable et le repas fut délicieux.
Mais il nous fallait regagner la Seine et Marne, aussi avons-nous quitté la Provence en milieu d'après-midi après une dernière pédalée qui nous ramena à Pont Saint Esprit par le chemin des écoliers...
Rechargeant les vélos et les bagages dans la voiture sur le parking de l'hôtel, j'ai laissé sur l'asphalte ma sacoche de guidon. Je m'en suis rendu compte sur l'autoroute, près de Mâcon... Heureusement, revenant à l'hôtel après nous, le sac fut repéré puis récupéré par des Acépistes. Ouf, je n'ai rien perdu dans ce petit oubli : 24 heures de vélo ça doit quand même fatiguer, non ?
Les photos qui ne sont pas signées "JPLP 2017" ont été faites par Chantal ou Yvette : merci à elles.

lundi 3 avril 2017

Sorties venteuses et Millionième Brevet de Randonneurs Mondiaux !

Voici quelque temps que je ne me suis pas rendu sur ce blog. Pourtant j'ai beaucoup roulé durant le mois de mars passé.
Du beau temps et du vent, des petites sorties avec Laurence et des grandes distances déjà.
Préparant une Flèche Vélocio pour le prochain week-end pascal, ces grandes sorties étaient obligatoires. 

Le vent, donc, que j'ai dû affronter lors d'une sortie vers Condé en Brie le samedi 25 mars.
En plus, j'avais choisi de passer sur les coteaux de la vallée de la Dhuys, au lieu de rester en bas dans la vallée.
Et pour atteindre ce château d'eau près de Montigny lès Condé, je dois dire que j'en ai... bavé !
 Ca monte, ça monte, pas très fort mais il y a surtout ce vent de face et le compteur qui affiche un petit, tout petit, 10 Km/h.

Et tous ces efforts pour redescendre bien rapidement vers le village de Condé, là-bas dans le creux...
 Sur l'autre versant, j'aperçois "mon" château d'eau qui ne semble plus me narguer : maintenant le vent me pousse ! mais après avoir grimpé la bosse de Saint Eugène vers Courboin ma moyenne kilométrique est à peine supérieure à 16 Km/h...
Mais contrairement à la plupart des autres sorties de ce mois de mars, j'avais l'appareil photo dans la sacoche, alors j'en ai profité !
Quelques petites fleurs par ci, par là...
  Un tapis de jonquilles...
 Il en restait encore !

J'ai pris le temps de photographier encore les chênes de Coucermont. Celui-ci...
 ... et celui-là...

Plutôt deux fois qu'une : ce sont mes préférés ceux-là.
Et aussi ce petit pommier mort près de Villemoyenne.
Pour le reste, j'ai également roulé trois grandes randonnées de 200 kilomètres et  plus. 
Le dimanche 12 mars, j'ai parcouru pile-poil 200 bornes tout seul (ou presque car j'ai été accompagné par l'ami Yves pendant plus de 100 kilomètres) et je dois avouer que la fin de ce circuit fut laborieuse à cause de la distance, un premier 200 étant bien souvent difficile, et aussi de ce vent, encore, qui me ralentit dans les 40 derniers kilomètres.
Le dimanche 19 mars, nous avions décidé de participer au brevet de Randonneurs mondiaux de 200 kilomètres à Longjumeau afin de préparer la Flèche Vélocio. Malheureusement nous n'étions que trois membres de l'équipe qui a prévu de parcourir 450 kilomètres en 24 heures au départ de Montbard vers la Provence le vendredi 14 avril. Rendez-vous traditionnel des cyclos franciliens en début d'année, ce BRM de Longjumeau est souvent exposé au vent d'ouest (ou de sud-ouest) qui balaie la Beauce, ce fut le cas cette année encore. Heureusement, le retour fut facile, Eole nous poussant dans le dos !
Le premier avril, nous avons enfin réussi à réunir notre équipe au complet lors du BRM de Noisiel pour une répétition générale avant notre randonnée vers la concentration "Pâques en Provence".
Le retour se fit vent debout et il nous fut parfois difficile de rester groupés. Il nous faudra être plus attentifs à cela dans deux semaines. 
Ce n'était pas un poisson d'avril : Cette randonnée de  Noisiel était l'occasion de fêter le millionième BRM. 
En effet, depuis leur création en 1921, l'Audax Club Parisien a homologué 1 000 000 de Brevets : Brevets de Randonneurs Français de 1921 à 1976, Brevets de Randonneurs Européens de 1976 à 1983, Brevets de randonneurs Mondiaux depuis 1983.
Toutes distances confondues, les BRM existent en 5 versions (200, 300, 400, 600 et 1000 kilomètres), l'ACP permet à des cyclos du monde entier de rouler sous le label BRM. En 2016, c'est en Thaïlande que les BRM ont connu le plus de succès !
Je me suis souvenu que René Chardon, dont j'ai raconter ici les aventures cyclistes, participa à quelques brevets de Randonneurs Français au début des années 1930.
Le 17 mai 1931,  il participait à un BRF de 200 kilomètres.
La breloque qu'il gagna était gravée au dos.
C'est ainsi que nous savons que sa randonnée fut homologuée sous le numéro 2963.

86 ans plus tard, le BRM que j'ai réalisé le 1er avril a été homologué sous le numéro 501 961 ! 
 En 1932, René Chardon participait à un BRF de 600 kilomètres qui fut homologué, si j'en crois l'inscription à la plume en haut à droite de la feuille de contrôle sous le numéro 88.

Le BRM 600 que j'ai parcouru en 2015 avec les cyclos de Château Thierry portait le numéro 75 845 !
 Ce samedi 1er avril, c'est donc mon ami Yves qui fut honoré par l'Audax Club Parisien pour avoir réalisé le millionième BRM ( et BRF, et BRE...). Et il en a du monde sur le porte-bagages !

Pour rouler souvent avec lui, je peux dire qu'il mérite ce trophée, je crois qu'il en était à son 16ème (ou 17ème, quand on aime, on ne compte pas !) BRM 200 de l'ACP : une longue histoire.